Aymar de Bois-Maury revient

12 septembre 2020 0 commentaire

TOURS ET RETOUR. Aymar de Bois-Maury, le chevalier errant crée par Hermann dans la série moyenâgeuse "Les Tours de Bois-Maury", personnage tourmenté et fier qui poursuit le doux rêve de revoir un jour les immenses tours de son château, pour ensuite les reprendre à ceux qui l’ont humilié, est bientôt de retour.

Le grand Hermann vient de s’y remettre, dessiner le Moyen Âge, époque qui semble faite pour son coup de crayon, qui mieux que personne rend palpable cette époque où la crasse, l’humidité et le froid semblent engourdir tout ce qui se présente, pour l’écraser d’un sentiment d’éternelle misère.

Aymar de Bois-Maury revient
La période Rotring d’Hermann, encrage avec un stylo tubulaire à pointe fine au trait d’égale épaisseur. Vous avez dit ambiance ?

Bien sûr, il faudra attendre. Hermann, sur son site officiel, nous en propose la première planche, réalisée il y a à peine quelques jours.

La première planche, qui signe le retour d’Aymar. Hermann encre maintenant au marqueur et pose d’abord un lavis pour les ombres, ensuite vient la couleur, directement sur la planche. Mais ici, il a hésité à laisser le résultat qui lui plaisait beaucoup tel quel. Finalement il mettra des couleurs.

Cette nouvelle histoire de Bois-Maury, écrite et dessinée par Hermann, contrairement aux épisodes qui prolongeaient la mythologie scénarisés par son fils, Yves H, se déroulera avant les événements contés dans le premier album de la série, Babette, sorti en 1984. Un prequel donc, ce qui semble logique puisque une suite directe avec Aymar semblait compromise par la conclusion fatale du tome 10 de la série originale, titré Olivier, sorti en 1994.

Dans cette série, nous pouvons globalement savourer l’évolution et les recherches graphiques constantes de Hermann, qui sans cesse remet en jeu ses acquis. Ainsi au fil du temps, il utilise des instruments différents pour encrer ses crayonnés, pour un rendu final sensiblement différent, puis il passe, grosse remise en question, à la technique de la couleur directe.

Là, encrage avec un stylo-pinceau, résultat toujours aussi dynamique et évocateur. La couleur est appliquée sur un document à part, technique d’avant la généralisation de l’outil numérique, technique favorite actuellement pour la colorisation, qui pourtant trop souvent aseptise.
Technique de la couleur directe, ici sans encrage. Technique moins mécanique qui laisse la place au hasard, à la surprise, donc à la vie.

Aujourd’hui le maestro âgé de 82 ans ne lâche rien et utilise depuis un moment, nouveauté, un marqueur à pointe fine avant sa mise en couleur directe.
Initiative, qui donne à son travail un agréable parfum de retour à sa fameuse période “Rotring”, mais en bien plus relâché et nerveux. Ce qui semble redonner au misanthrope dessinateur le goût du dessin pur, lui qui semblait un temps de plus en plus intéressé par la seule narration stricte, avec une réalisation graphqiue simplement utilitaire.

Retour de Aymar de Bois-Maury, Hermann toujours à la pointe qui retrouve des couleurs : que de bonnes nouvelles, donc.
PA

© des illustrations : Hermann et éditions Glénat.

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