BD Boum Blois 2011 : les expos ont de la ressource

21 novembre 2011 0 commentaire

Certes, le festival BDboum de Blois n’a pas les moyens financiers du fameux rendez-vous angoumoisin, mais ses sympathiques organisateurs savent qu’en France, depuis le premier choc pétrolier, il existe une ressource beaucoup précieuse : les idées. Pour les expositions présentées dans le chef-lieu du Loir-et-Cher, ils compensent la simplicité de la scénographie par des thématiques variées, capables de d’intéresser autant de publics et d’âges différents.

Cette année, il y avait bien sûr les expositions panorama d’une série, destinées à faire découvrir une série au grand public, dont celle sur Le bois des vierges, de Jean Dufaux et Béatrice Tillier. Un accrochage classique de planches originales, qui avait le grand intérêt d’examiner la finesse des couleurs et de l’encrage de Béatrice (et de se rendre compte de la fidélité de l’impression en feuilletant les exemplaires à disposition sur place). Pour avoir une idée du scénario, il fallait lire la BD car les planches n’avaient pas leurs dialogues. S’ajoutaient également les illustrations du portfolio Fées et Sirènes, les couvertures de La compagnie des Glaces et quelques planches de Vivre libre ou mourir.
BD Boum Blois 2011 : les expos ont de la ressource


L’exposition "Monsieur Blaireau, madame Renarde" s’adressait aux plus jeunes. Les quatre albums de Brigitte Luciani et Eve Tharlet (Prix Ligue de l’enseignement 41 pour le jeune public 2011) qui décrivent la vie d’une famille recomposée comprenant un blaireau veuf et ses trois enfants ainsi qu’une renarde divorcée et sa fille (et l’histoire d’amour entre les deux adultes), ont pris vie dans la seule scénographie d’envergure du festival. Le terrier et la nature environnante reconstituée, les meubles, la planche à voile et le canoë du dernier tome, tous très réussis, constituaient un havre de nature au milieu du bâtiment de la halle aux grains. Autant vous dire que les enfants étaient ravis de déambuler dans ce décor, et de s’arrêter à l’atelier de maquillage pour se faire grimer. Les adultes qui n’avaient pas gardé leur âme d’enfant avaient tout de même la possibilité d’admirer les planches originales pour en apprécier la qualité des couleurs.

Le terrier de Monsieur Blaireau et Madame renarde. Les enfants ne se sont pas privés de passer par les trous.

La planche à voile et le canoë
Atelier maquillage
Un carton pédagogique sur le scénarimage, le découpage et la mise en couleur (1/2)
Un carton pédagogique sur le scénarimage, le découpage et la mise en couleur (2/2)
L’arbre aux odeurs

Toujours pour les enfants, l’exposition sur Mamette présentait les planches originales de la série réalisée par Nob. Un important contenu pédagogique accompagnait l’accrochage des pages, avec notamment étape par étape de la création d’une bande dessinée, en l’occurrence Mamette. Avec une particularité assez étonnante : les planches étaient placées à hauteur des yeux des enfants !

L’expo Mamette (dans le noir, d’où l’importance de ne pas faire de photo juste à la fermeture)
On voit bien les planches mises à hauteur des yeux des enfants

Les visiteurs amateurs de nouvelles expériences pouvaient quant à eux se rendre à la médiathèque pour détailler le long ruban des cases de l’album 3 secondes de Marc-Antoine Mathieu. Une nouvelle façon de lire cette histoire policière dans le monde du football, après la version numérique et la version papier de ce long (en kilomètres) travelling avant sans paroles. Sur le ruban, seules les cases pivots étaient reproduites à la taille d’environ 30 cm x 30 cm.



Enfin, pour les passionnés de patrimoine (et pour le faire découvrir aux autres), la superbe exposition Marijac leur permettait de s’attarder sur les planches originales des 3 mousquetaires du maquis, une histoire démarrée en 1944 dans le bulletin satirique Le corbeau déchaîné (en hommage au Canard) qui décrit la vie de trois résistants pendant la Seconde Guerre mondiale. Un récit en quatre bandes dont le graphisme est d’une étonnante modernité. Si le sens de lecture n’est pas toujours bien respecté, la variété des plans est assez remarquable. Le fait de pouvoir admirer les originaux était crucial pour s’apercevoir des nombreux repentirs et du découpage des planches pour réécrire tous les dialogues et quelques cases.

THL

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