Décès de Jacques Hurtubise : la BD québécoise en deuil

15 décembre 2015 2 commentaires Actualité

C’est avec tristesse que nous apprenions, le 13 décembre dernier, le décès de l’auteur et éditeur Jacques Hurtubise, figure marquante de la bande dessinée québécoise.

Né à Ottawa en 1950, Jacques Hurtubise se fait d’abord connaître dans les années 1970, lors du « printemps de la BD kébécoise », notamment en participant au lancement de la revue étudiante montréalaise L’Hydrocéphale illustré en 1971. Malgré sa courte vie, la revue mène au lancement de la maison d’édition L’Hydrocéphale Entêté (1972), ainsi qu’à celui de la coopérative Les Petits Dessins (1973). Cette dernière structure cherchait alors à faire compétition aux syndicates américains (agences de diffusion) en faisant paraître des strips québécois dans les journaux, dont le quotidien indépendantiste Le Jour (1974-1976).

C’est toutefois à titre de co-fondateur et d’éditeur de l’emblématique revue Croc (1979-1995) que celui-ci marque le paysage culturel québécois. Lancée en collaboration avec Roch Côté, la revue satirique dirigée par Jacques Hurtubise, Hélène Fleury et Pierre Huet façonnera le milieu de l’humour et de la BD québécoise pendant près de 15 ans. C’est notamment dans les pages du magazine que paraîtra Red Ketchup (Réal Godbout et Pierre Fournier). Croc publie également des artistes tels que Garnotte, Bado, Jean-Paul Eid, Serge Gaboury ou encore Jacques Goldstyn.

En marge de la revue Croc, Jacques Hurtubise se lance également dans la publication d’albums (éditions Ludcom-Croc), ainsi que dans divers produits culturels dérivés (dont des émissions de radio et de télévision). En 1983, celui-ci lance Titanic, revue professionnelle de bande dessinée (12 numéros).

À titre d’auteur, Hurtubise signait également – sous le pseudonyme Zyx – la série Le Sombre Vilain (publiée dans Le Jour puis dans Croc).

Décès de Jacques Hurtubise : la BD québécoise en deuil
Le Sombre Vilain par Jacques Hurtubise alias Zyx, 1977.
Source : Bibliothèque et Archives Canada

En raison de sa contribution exceptionnelle au Neuvième art québécois, Jacques Hurtubise a été intronisé au Temple de la renommée de la bande dessinée canadienne en 2007. Le magazine Croc s’est également mérité le prix hommage Albert-Chartier du Festival de la BD francophone de Québec en 2009.

Jacques Hurtubise était âgé de 65 ans au moment de son décès.

MSJ

Pour en savoir plus sur Jacques Hurtubise et le magazine Croc, voir Michel Viau, BDQ : Histoire de la BD au Québec, T1 : « Des origines à 1979 », Éditions Mém9ire, 2014 et Jean-Dominic Leduc et Michel Viau, Les Années Croc : l’histoire du magazine qu’on riait, Québec-Amérique, 2013.

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2 Messages :
  • Décès de Jacques Hurtubise : la BD québécoise en deuil
    17 décembre 2015 00:21, par Jocelyn Jalette du Québec

    Bien triste nouvelle pour la BD québécoise et pour sa famille. 65 ans, c’est bien jeune pour partir !

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    • Répondu par Oncle Francois le 17 décembre 2015 à  12:43 :

      Tout à fait, normalement c’est l’âge du départ à la retraite, après des décennies de travail laborieux, et la découverte d’une vie de détente et de relaxation (douze mois par an, Messieurs Dames, sans oublier les charmantes Demoiselles qui ont su préserver leur indépendance ; c’est quand même mieux que cinq semaines de congés payés, non ? ).
      Et puis percevoir une retraite régulière chaque mois, c’est la garantie d’un revenu assuré qui permet de s’offrir de nombreux petits plaisirs de la vie : s’occuper des son jardin, de son grenier, couper du bois, relire les vieilles revues des années cinquante-soixante, s’informer des nouvelles tendances sur le net, publier des commentaires intelligents sur la BD, accueillir l’infirmière, la femme de ménage, la cuisinière.... Tout cela fait partie des plaisirs sains de la vie qui sont réservés en principe aux retraités.

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