Disparition de Jacques Goimard, l’homme qui a lancé Arzak et Moebius

28 octobre 2012 2 commentaires

C’est une des grandes figures de la science-fiction française qui a disparu le 25 octobre dernier à l’âge de 78 ans. Jacques Goimard (1934-2012) était un éditeur spécialiste de la science-fiction et de la Fantasy.

C’est à lui que l’on doit ce mot à propos de l’œuvre majeure de Moebius dans la préface de la première édition : "Major Fatal est un poème".

Voici ce qu’en dit Jean-Pierre Dionnet sur Facebook : "Jacques Goimard est mort, à certains ça ne dira rien. Il fut mon maître et mon ami. "L’homme le plus extraordinaire que j’ai rencontré", (nom d’une rubrique regulière dans Sélection). Une sommité universitaire au savoir immense, l’un des fondateurs de la revue "Positif" et pendant longtemps le maître du Monde, en tout cas dans les pages culturelles, et un formidable éditeur de science fiction, un des trois mousquetaires rivaux qui firent dans les années 1970 s’échapper un moment de son ghetto la Science Fiction, avec Jacques Sadoul et Gérard Klein. Il avait publié trois tomes de ce qui me semble être l’ouvrage le plus important sur la SF, la Fantasy, etc... [1] On n’aura jamais le quatrième..."

Sous le coup de l’émotion, il évoque quelques souvenirs de cet érudit de la SF : "Mon Jacques à moi, je l’ai croisé d’abord chez Druillet. Je n’osais pas trop lui parler, avec son look invraisemblable de notable provincial resté dans les années 60 et son aspect impérial..... En Fac , un jour j’ai pris l’option BD , il étudiait un auteur de comic book américain. À la fin du cours, je suis venu lui dire que j’étais l’auteur de l’article qu’il avait commenté : Joe Kubert dans Phénix. Il a reculé sa chaise, souri et m’a dit : "Ce serait plus simple si on se tutoyais." Après, pendant longtemps, on ne s’est pas quitté, il devint l’un des chroniqueurs de Métal Hurlant. On se réunissait "Aux fins gourmets", boulevard Saint Germain, et, en ouverture des déjeuners de rédaction, il attaquait le sommelier avec un péremptoire : "nous sommes huit, nous commencerons donc par 8 bouteilles de Madiran..." Après, on se quittait et souvent, on oubliait des trucs qu’on avait décidés en ces agapes longues qui nous menaient presqu’au soir..."

Il raconte comment Goimard a fait la réputation du chef d’œuvre de Moebius, Arzak : "Jacques Goimard, alors que la presse unanime démolissait Arzak, le mit en une du "Monde", et le livre démarra, et les Humanos aussi, enfin, en librairie..."

DP

[1La Grande Anthologie du fantastique (3 tomes) , en collaboration avec Roland Stragliati, Presses de la Cité, coll. Omnibus. NDLR.

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2 Messages :
  • Je me souviens de sa chronique dans Métal Hurlant : "La Nuit du Goimard". J’apprends par votre articles ses antécédents et en effet tout se met en place. Quelle culture et quelle plume ! J’ai relu totalement par hasard d’ailleurs il y a quelques jours sa chronique sur "Futuropolis" de Pellos. Il y aborde comment l’auteur -dessinateur de chroniques sportives et grand sportif lui-même- retransmet dans son dessin et ses thèmes toute sa philosophie de la vie dans ce récit. Un superbe texte.

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    • Répondu par tontonremi le 1er novembre 2012 à  16:54 :

      Wouaaah "Métal Hurlant"
      pareil pour moi, vers 77, 78
      à l’époque je traduisais du Varley et du Sckeckley pour Robert Louit chez Calman-Levy (collection dimension)
      en 79 je suis passé au Z80 (microprocesseur)
      j’aime bien cette époque (nostalgie) mais j’aime bien celle-ci aussi

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