Disparition de José Ortiz

28 décembre 2013 3 commentaires

Nous venons d’apprendre le décès de José Ortiz, à Valence en Espagne, ce 23 décembre dernier, à l’âge de 81 ans.

Il s’agit de l’un des grands d’Espagne de la bande dessinée. Si ce maître du noir et blanc a un temps officié pour les petits formats en France, ce mercenaire graphique se fait surtout connaître par ses travaux pour la Warren Publishing à partir de 1974 pour laquelle il fut l’un des auteurs les plus prolifiques (plus de 120 épisodes publiés) notamment dans le magazine Eerie (Les anthologies de Delirium sont en train de republier ces travaux en France et surtout le magazine Vampirellla dont il est un pilier essentiel.

De retour en Espagne, il s’allie avec Segura pour créer Hombre pour la revue Cimoc des éditions Norma de Rafaël Martinez publié en France successivement par les éditions Kesselring, Magic-Strip et Soleil, puis Morgan (Humanoïdes puis Soleil en France) ou encore Tex récemment remis en lumière.

La puissance de son noir & blanc et la densité de son encrage restent une référence pour bon nombre d’auteurs et de lecteurs. Son influence est profonde, notamment dans le traitement de ses effets de matière si typique des écoles argentine et espagnole issues de pays pauvres où l’usage de la trame (Doubletone ou Letraset) dont usaient les Américains était économiquement inaccessible pour ces grands artistes payés quelques dollars la page. Dans les auteurs franco-belges, un dessinateur comme William Vance lui est particulièrement redevable.

Le meilleur hommage qu’on puisse lui rendre serait de relire ses albums pour l’accompagner à nouveau dans ses chevauchées et ses aventures post-apocalyptiques ou horrifiques.

CLD + DP

Disparition de José Ortiz
Lui qui avait dessiné avec tant de talent la Grande Faucheuse a fini par le rejoindre...
(c) Warren Publishing

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3 Messages :
  • Une autre disparition à déplorer en cette fin d’année, celle de Pierre Wininger, auteur de Victor Billetdoux et de Evergreen...

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    • Répondu par Evariste Blanchet (Bananas) le 28 décembre 2013 à  18:08 :

      Pour mémoire, le n°138 de HOP ! a consacré un dossier à José ORTIZ en juin, avec entretien et bibliographie française.

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  • Disparition de Wininger .
    28 décembre 2013 19:16, par OW

    L’excellent Wininger n’a jamais eu la place qu’il mérite, c’est très dommage car c’était un très bon auteur, un vrai, et un excellent dessinateur. La proximité de son univers avec celui de Tardi a sûrement nuit à sa reconnaissance, pourtant jamais il ne copiait et son univers lui était aussi personnel que celui de Tardi l’est à Tardi. Son trait avait une élégance rare, une majesté, un charme et son fantastique retrouvait celui de Jules Verne ou Gaston Leroux. Ses trilogies chez Glénat et Bayard sont parfaites et ses clins d’œil à Hergé et Jacobs sont toujours subtils et ludiques.

    Bref, voilà un grand auteur qui disparait, et l’on peut constater une fois de plus que les éditeurs n’ont pas fait leur travail, car sa bibliographie est bien trop petite alors que son talent était immense.

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