Hôtel Atlantide - Par Serge Kliaving - Le Tripode

5 juin 2019 0 commentaire

Des personnages abîmés dans leur solitude, des murs gris, des meubles rares : bienvenue à l’hôtel Atlantide. On y trouve autant de destins figés que de chambres tristes. On y découvre des êtres hybrides mi-hommes, mi-créatures des mers. Un ballet absurde et suspendu semble réunir de vrais animaux marins, des sapiens en costume, et d’improbables croisements entre les deux.

Dans une suite d’images sans parole, précédé d’un texte énigmatique, Serge Kliaving nous ouvre les portes de cet hôtel coincé au siècle dernier, et peut-être même avant. On devine parfois des ruptures, des colères, des blessures. Et toujours en noir et blanc, avec hachures omniprésentes et subtils effets de lumière.

Kliaving est loin de débuter, mais ne s’est pas fait de nom dans la BD. Plutôt dans le dessin seul, expos internationales à la clé. On pense à Götting pour le graphisme, à Charles Burns pour la fascination monstrueuse, au fantastique rétro pour l’esthétique, à Topor pour l’univers raisonnablement fou. Livre d’images en marge du 9e art, Hôtel Atlantide provoque un effroi contenu, mais aussi une compassion pour toutes les souffrances.

DT

Hôtel Atlantide - Par Serge Kliaving - Le Tripode

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