Rimes d’image embarrassantes dans "Libération"

15 août 2007 12 commentaires Actualité

C’était un joli coup de Casterman qui avait réussi à placer cet été dans le quotidien Libération, l’album Quatuor, un projet pour leur collection Écritures, une partition à dix mains avec les textes de Jacques Gamblin, José-Louis Bocquet, Thierry Bellefroid et Pascal Quignard, mise en images par Catel. Une belle idée divisée en chapitres dont les trois premières histoires : « Presto », « Largo » et « Scherzo » sont prépubliées dans Libé tandis que l’album paraît début 2008, aux éditions Casterman.

Mais un couac est venu défigurer cette belle initiative : L’éditeur Guillaume Trouillard, timonier de la très petite maison Les éditions de la cerise, a eu l’impression, en lisant le quotidien d’avoir vu certains dessins quelque part : « Comme vous pourrez vous en rendre
compte par vous-mêmes sur l’exemple en pièce-jointe, il n’y a pas moins de 5 images tirées du livre « Entre Deux » de Vincent Perriot (que nous avons sorti en mars dernier) sur la même planche ! A ce niveau de ressemblance, s’agit-il d’une simple inspiration ?
 »

Entre Casterman et Libération, l’éditeur se sent un peu piétiné. Il n’a pas porté plainte car il ne se sent pas l’âme d’un procédurier, mais il a tout de suite écrit à l’auteure des dessins, Catel, pour lui demander des explications. Elle s’est confondue en excuses pour ce qu’elle qualifie d’ « accident de parcours » et a promis d’enlever «  les pages litigieuses » du livre quand il sortira en librairie.

C’est d’autant plus embarrassant pour la jeune femme que l’un des scénaristes de l’album, José-Louis Bocquet, est aussi l’éditeur de Vincent Perriot, avec lequel le lauréat 2005 du Prix Jeune talent d’Angoulême a un projet pour la collection Aire Libre chez Dupuis.

On suppose que l’affaire n’ira pas plus loin car nous sommes entre gens de bonne compagnie, mais il est dommage que cet incident se passe au détriment d’une petite structure, les éditions de la cerise, et d’un très jeune auteur, Vincent Perriot, au talent tellement éblouissant qu’il provoque l’aveuglement de l’une de ses collègues.

DP

Lire un extrait d’« Entre-deux » en ligne sur Coconino-World

Acheter l’ouvrage de Vincent Perriot en ligne

Rimes d'image embarrassantes dans "Libération"
Des coïncidences troublantes
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12 Messages :
  • Rimes d’image embarrassantes dans "Libération"
    15 août 2007 14:43, par erwann

    ça craint...j’avais deja du mal à concevoir que Catel puisse etre publiée dans Libé sans le texte de jacques Gamblin...mais un plagiat c’est très grave !
    elle ne mérite pas cette exposition médiatique, surtout en comparaison avec vincent Perriot dont j’avais déja admiré les planches sur coconino.

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    • Répondu par guillaume le 10 septembre 2007 à  23:48 :

      Bonjour, je viens de tomber par hasard sur ce sujet et je tenais absolument à donner mon avis.Premièrement parce que je suis un jeune dessinateur tout comme vincent perriot, et deuxièmement parce que catel fut jury lors de mon diplôme....
      Désolé de contredire les messages précédents, mais ce plagiat est une HONTE !Lorsque vous évoquez la difficulté ou l’ennui que ce metier provoque je ne peux qu’être d’accord avec vous, cependant il me semble vraiment ridicule de croire que plagier de la sorte l’oeuvre d’un jeune auteur puisse de quelque façons donner du baume au coeur ou du courage pour continuer.C’est certain ; il est plus facile de résoudre ses problèmes de dessin ou de narration en lorgnant le travail des autres, que de s’acharner à le faire soi-même, et c’est sutout extremement malhonnête.
      Moi qui ai eu à faire à catel lors de mon diplome , je suis copieusement énervé par ses excuses pathétiques. Elle que j’ai entendu critiquer le travail de certains de mes camarades parce que leurs influences était trop proche de tel ou tel auteur, je suis sidéré. La différence entre une "influence" et du "recopiage" est évidente, et elle fait les bons auteurs, qui se nourrissent du travail des autres tout en gardant leur propre personnalitée ( on reconnait aisaiment l’impact du travail de blutch ou de christophe blain dans celui de Vincent Perriot ), des mauvais qui depuis leurs débuts n’ont jamais réussi à s’affranchir de leurs mentors.( Catel bien que largement publiée n’est ni plus ni moins qu’une pâle copie fadasse de dupuy et berberian).
      Alors si Catel qui doit approcher la quarantaine à besoin de recopier Perriot qui a à peine 23 ans, elle s’est peut-être trompé de métier depuis le début.
      Tout ça pour dire que si guillaume Trouillard ne les porte pas en justice, c’est simplement parce que sa structure et son statut ne le lui permettent pas.Il est aussi auteur, et à besoin d’utiliser ses revenus à bon escient.Qu’il continue à faire et à publier des livres de la qualité de celui de perriot.j’espère que cette histoire va donner des ailes à ce livre et à cette maison d’édition qui le méritent amplement, et qu’elle éclaboussera de honte les méthodes pitoyables de l’auteure incriminée.
      Merci de m’avoir lu.
      Guillaume

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      • Répondu par Li-An le 21 septembre 2007 à  09:08 :

        Hou hou hou, c’est très drôle à lire ces commentaires... Ainsi, Hendrix dessinait et on ne m’avait rien dit ???
        (par charité chrétienne, je ne dirai rien de ceussent qui sont incapables de voir qu’il y a plagiat et qui exigent même des excuses. Et je suis un spécialiste de la question vu mes grandes influences :-)).

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        • Répondu le 3 octobre 2007 à  01:07 :

          J’en veux à Libé. Ils nous ont embêté tout l’été avec cette fausse bd... Le pire c’est la une "des bds et des bidets" qu’ils ont osé car... Il y avait dans le journal des bds (Catel, Conrad) et une page sur l’histoire des bidets. Quand on n’a rien à dire, on se tait, disait je ne sais plus quel serial killer, et il avait bien raison.

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  • C’est dommage que cette gaffe, Catel a un talent fou et n’a pas besoin de copier qui que ce soit. Enfin,, il y a amende honorable et promesse de rectification, espérons que cela en restera là...

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  • Rimes d’image embarrassantes dans "Libération"
    15 août 2007 18:34, par Gill

    Très bon coup de pub pour la maison d’édition (rappelons son nom : les Editions de la Cerise) et pour le génial jeune auteur ainsi plagié ("= bâton de maréchal" disait Goscinny), mais est-ce si grave ?

    Le métier de dessinateur est parfois ennuyeux, laborieux, fastidieux. Surtout lorsqu’est fourni un scénario très précis, très découpé. Alors les artistes s’amusent : private jokes, caricatures, allusions, pompages de photos... ou de dessins.

    J’imagine très bien cette jeune femme se dire :
    "Tiens ? Le story-board de cette page ressemble un peu à cette BD, là, que je viens de lire... voyons... Ah oui ! Marrant. Je vais m’en inspirer, tiens, ça me libérera quelques neurones. Et puis c’est toujours un jeu sympa que de proposer une interprétation personnelle d’une mise-en-scène identique. Et ça me fera des anecdotes pour plus tard..."

    Et la pauvre se voit vilipendée de toutes parts par les gardiens du temple !!!

    Franchement, qu’avait-elle à gagner d’une telle "imposture" ? En quoi cela a-t-il freiné l’essor de Guillaume Trouillard ? Et le scénariste lui-même est-il si innocent d’avoir fourni un story-board si proche d’une oeuvre préexistente ? Réminiscences ;-) ?

    Allez hop ! On s’excuse tous d’avoir douté de l’intégrité de Catel, la dessinatrice de "Kiki de Montparnasse" !

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  • Rimes d’image embarrassantes dans "Libération"
    15 août 2007 19:57, par Gill

    Je n’avais pas cliqué sur le lien proposé... Du coup, ma tirade sur le scénariste paraît ridicule :-) ! Il s’agit donc d’un livre d’images indépendantes. Cela change t-il quelque chose ?

    De tous temps, les auteurs de BD se sont inspirés d’images publiées.
    L’Acropole de la planche 19B d’"ASTERIX chez Rahazade" est décalquée d’une maquette trouvée dans "Comment vivaient... les grecs" (Fernand Nathan, p 40-41) : Uderzo aurait-il dû s’en abstenir, ou citer l’auteur ? Et de nombreux dessinateurs se sont inspirés de cases extraites de leurs idôles, avec ou sans intentions allusives, sans être inquiétés.

    Je ne comprends pas en quoi on peut parler de "plagiat" dans un cas où la quasi-intégralité d’une oeuvre (roman, tableau...) n’est pas recopiée, ou alors un cas où la "substantifique moelle", l’originalité même de l’oeuvre n’est pas le coeur même, l’intérêt principal de la copie, ni même l’un des rebondissements principaux (ou alors, c’est le scénariste qui n’aurait pas dû écraser un biche, dans son histoire !).

    Ce n’est pas telle ou telle image qui fait vendre une BD, mais l’ensemble formé par TOUTES les images reliées par un scénario. Pour moi, il ne peut donc y avoir malveillance. Je ne connais pas Catel, mais je suis persuadé qu’il ne s’agissait là que d’un jeu innocent... et qu’elle-même ne condamnerait jamais quelqu’un qui s’inspirerait d’un de ses nombreux dessins-jeunesse pour l’intégrer dans une BD ! ;-)

    (et puisque "oeil pour oeil, dent pour dent", pourquoi Guillaume Trouillard ne s’inspirerait-il pas lui-même de sa collègue pour l’intégrer dans une oeuvre personnelle ?... s’il y trouve un intérêt quelconque !)

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    • Répondu par Rutabaga le 16 août 2007 à  12:42 :

      Bien sûr, si vous publiez mon message précédent, il faudrait écrire Vincent Perriot en lieu et place de Guillaume Trouillard.
      Désolé !

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  • QUAND marini repompe entretien avec un vampire dans rapaces on ne dit rien et puis il y en d’autre giraud l’a fait avec jimi hendrix et alors...

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  • Rimes d’image embarrassantes dans "Libération"
    16 août 2007 12:38, par Rutabaga

    Vous dites, parlant de l’éditeur :
    "...Il n’a pas porté plainte car il ne se sent pas l’âme d’un procédurier..."

    J’aimerais savoir qui donne cette explication : Casterman ou vous-même ?
    Dans les deux cas, ce jugement me choque quand je songe à l’attitude ultra procédurière de Casterman contre ses propres auteurs, par exemple dans l’affaire Vilebrequin...

    Quand au plagiat en question (en réponse à Gill), il faudrait pouvoir le voir en taille plus lisible, ce n’est vraiment pas glorieux et cela n’a rien à voir avec un hommage.

    Profitons en plutôt pour saluer une fois de plus le travail remarquable de Guillaume Trouillard et de son éditeur (qui EUX ne sont pas procédurier et méritent amplement les lignes d’actualités qui leur sont consacrées).

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    • Répondu par Didier Pasamonik le 16 août 2007 à  13:12 :

      J’aimerais savoir qui donne cette explication : Casterman ou vous-même ?

      Jusqu’à nouvel ordre, ce n’est pas Casterman qui écrit nos rubriques. Cette explication est donc la nôtre, à partir d’une information recueillie aux meilleures sources.

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  • Rimes d’image embarrassantes dans "Libération"
    19 août 2007 12:18, par Tinrintintin

    Une histoire bien gênante quand même !
    Copier ces jeunes gens apparemment bien doués pour faire un mauvais feuilleton... Bravo !
    Et merci à Actua BD d’avoir parlé de ça : encore une affaire qui ne sera pas étouffée ! Du bon boulot...

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