Une BD de la collection « Stéphane Bourgoin présente les serial killers » retirée de la vente ?

13 août 2020 2 commentaires

JUSTICE. On l’apprend par Le Parisien : une victime du tueur en série Michel Fourniret aurait obtenu la suspension de la diffusion d’une BD de la collection « Stéphane Bourgoin présente les sérials killers » chez Glénat qui la mettait en cause.

Cette information vient s’ajouter à l’ « annus horribilis » vécue par le spécialiste des serials killers qui tient le haut de l’affiche depuis 40 ans. Sa collection chez Glénat sort en pleine crise du Coronavirus, le 18 mars 2020, soit six jours après le déclenchement du confinement.

Elle subit un contexte de « Bourgoin Bashing » qui, déjà ancien, a prospéré depuis janvier 2020 par une série de vidéos publiées sur YouTube (retirées depuis) par des « passionnés d’affaires criminelles » démontant les incohérences, les demi-vérités, voire les mensonges du spécialiste, lequel « passa aux aveux » auprès des journalistes de Paris-Match en mai dernier juste avant qu’un long documentaire ne viennent étayer un profil quasiment médical de « mythomane » dans un réquisitoire à charge qui ne se limite pas à ce « spécialiste » du sujet (voir ci-dessous). Le lecteur se fera son opinion.

Pour revenir à ce dernier fait, selon les informations du Parisien, « la victime, qui apparaît dans l’ouvrage, reproche au prétendu spécialiste des serial killers la publication sans son accord de ses déclarations auxquelles Stéphane Bourgoin a eu accès. »

D’après nos renseignements, c’est moins simple que cela : il s’agirait de propos figurant dans le dossier accompagnant la bande dessinée sur Michel Fourniret dont la diffusion a été pour le moment suspendue à la demande du Directeur général de Glénat, le temps que son service juridique statue sur le sujet. Rien qui n’impacte donc sur la diffusion de l’ensemble de la collection. C’est en particulier le titre sur Fourniret qui est visé, une pétition réunissant à ce jour plus de 1200 signatures ayant été lancée pour que cette BD soit retirée.

Il faut distinguer la colère -légitime- des victimes choquées par les manières cavalières enrobées d’à-peu-près et quelquefois de mensonges de Bourgoin, et une collection -on peut le lui reprocher- qui fait commerce d’un intérêt morbide pour le crime. Là encore, rien de nouveau sous le soleil : l’argument n’a plus beaucoup de pertinence alors qu’aujourd’hui une grande proportion des feuilletons passant à la TV racontent des crimes sordides et que les émissions documentaires sur les criminels se propagent à la vitesse d’un Covid sur les bords d’un canal parisien.

Une BD de la collection « Stéphane Bourgoin présente les serial killers » retirée de la vente ?

Stéphane Bourgoin, « rédacteur en chef » de cette collection, prête son nom et sa connaissance incontestable du sujet aux auteurs de la BD, qui consultent par ailleurs d’autres sources documentaires. La mythomanie d’un auteur piégé par les médias ne nécessite pas de sortir les masques de l’hypocrisie et de multiplier les gestes-barrière face à un genre qui prospère depuis longtemps dans la presse et l’édition et qui eut même à une époque, avec le journal sensationnaliste Détective à ses débuts, ses lettres de noblesses.

Cet épisode, on l’espère, ne devrait pas impacter sur une collection qui s’apprête à publier de nouveaux titres sur lesquels on ne doit pas éviter de jeter un regard critique. Il est juste une nouvelle démonstration du succès d’un fait culturel -la bande dessinée- qui, décidément, ne laisse plus personne indifférent.

DP

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