Choron dernière : Cabu, Wolinski et Philippe Val déboutés

23 décembre 2008 10 commentaires

Il y a quelques jours, les dessinateurs Cabu, Wolinski ainsi que Philippe Val sollicitaient en référé la modification de l’affiche du film documentaire Choron dernière, réalisé par Pierre Carles et Eric Martin, la jugeant trompeuse quant à leur participation volontaire au film.

Selon l’avocat des plaignants, Me Richard Malka, les deux dessinateurs et le directeur de publication de Charlie Hebdo y apparaissent dans des images volées ou d’archives mais n’ont nullement participé volontairement à ce documentaire. Les trois hommes ont donc assigné vendredi dernier les sociétés 3B Productions et Tadrart Films (respectivement producteur et distributeur du film) pour atteinte à leur nom, devant le juge des référés du TGI de Paris.

Le verdict rendu ce lundi n’a pas donné raison aux plaignants. Dans son ordonnance, la juge des référés Magali Bouvier a estimé qu’il n’y avait "pas lieu à référé", les demandeurs n’ayant pas réussi à démontrer que la mention de leurs noms sur l’affiche « constituait une atteinte à la vie privée telle que leur diffusion prochaine constituait un péril imminent justifiant l’interdiction de l’affiche ».

Pour la magistrate, le film de Carles et Martin étant bel et bien un film documentaire, la mention incriminée « ne s’interprète pas d’évidence comme étant autre chose que la liste des personnes dont des interventions figurent dans le film (...) et qu’il s’agit d’une information pertinente ».

Le film, dont la sortie est prévue le 7 janvier sur les écrans, retrace la vie du cofondateur du journal satirique Hara Kiri Georges Bernier, alias le professeur Choron, mort le 10 janvier 2005 à l’âge de 75 ans.

BG

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10 Messages :
  • Choron dernière : Cabu, Wolinski et Philippe Val déboutés
    23 décembre 2008 23:04, par François Pincemi

    Tout cela est ridicule. Comment raconter l’histoire du Professeur Choron sans montrer les images d’époque où l’on voit notamment les auteurs qu’il a publiés et qui ont acquis la célébrité grâce à son Hara-Kiri ? Des images de séance de travail ne sont pas des documents privés, il s’agit juste de documents permettant de mieux cerner la réalité de l’épopée. Rien à voir avec des images racoleuses vendues aux hebdos spécialisés dans les tribulations (parfois imaginaires) de nos célèbres "people".
    Je suppose que les auteurs filmés n’ont pas été sollicités pour faire valoir leur droit d’image, mais il ne faut pas oublier que tous leurs droits d’auteur, c’est au professeur Choron qu’ils les doivent.
    Tout cela renforce ma conviction qu’il y a actuellement une véritable lutte de pouvoirs au sein de Charlie-hebdo pour y exercer un controle total, même sur son passé.

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    • Répondu par Avi le 24 décembre 2008 à  15:41 :

      En matière de ridicule il est vrai que Pincemi est un expert. Il s’agissait de l’affiche et des noms desdits dessinateurs mis en exergue qui posait problème aux plaignants. Rien à voir avec les rapports supposés entre Choron et ses auteurs , le droit sur telle ou telle image filmée ou l’intérêt ou non de ce docu.
      Comme quoi même l’article le plus clair peut porter à confusion chez certains.

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      • Répondu par François Pincemi le 24 décembre 2008 à  19:36 :

        Savez vous lire Monsieur Avi ?
        "Les trois hommes ont donc assigné vendredi dernier les sociétés 3B Productions et Tadrart Films (respectivement producteur et distributeur du film) pour atteinte à leur nom, devant le juge des référés du TGI de Paris.

        Le verdict rendu ce lundi n’a pas donné raison aux plaignants. Dans son ordonnance, la juge des référés Magali Bouvier a estimé qu’il n’y avait "pas lieu à référé", les demandeurs n’ayant pas réussi à démontrer que la mention de leurs noms sur l’affiche « constituait une atteinte à la vie privée telle que leur diffusion prochaine constituait un péril imminent justifiant l’interdiction de l’affiche ».

        Pour la magistrate, le film de Carles et Martin étant bel et bien un film documentaire, la mention incriminée « ne s’interprète pas d’évidence comme étant autre chose que la liste des personnes dont des interventions figurent dans le film (...) et qu’il s’agit d’une information pertinente ».

        Donc les plaignants sont déboutés. Leur plainte a été jugée infondée. Je ne vois pas comment ayant participé pendant des dizaines d’années aux journaux du Professeur Choron (avec de surcroit des dizaines d’albums aux éditions du Square), on peut parler d’atteinte à la vie privée lorsque l’on retrouve son nom sur l’affiche du documentaire qui est consacré à cet important homme de presse. A la limite, ils auraient du être fiers d’avoir leurs noms cités dans ce film qui ne sera sans doute pas un énorme succès en salle, juste un hommage bien mérité. Je remarque d’ailleurs que François Cavanna ne faisait pas partie des plaignants, alors que j’imagine que son nom figure également sur l’affiche.
        Noël approche, n’abusez pas de la dinde, Monsieur Avi.

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        • Répondu le 24 décembre 2008 à  23:19 :

          Depuis quand un jugement en référé statue-t-il sur le fond ?

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          • Répondu par Avi le 25 décembre 2008 à  01:37 :

            On savait qu’il ne fallait pas contester une décision de justice. On sait aussi maintenant qu’il ne faut pas contester une opinion de François Pincemi ! C’est noté. Je pense que c’est le droit de Cabu, Wolinski et Val d’avoir les réactions qu’ils veulent, quitte à ne pas être suivis par la Justice. Ces dernières personnes sont bien plus importantes par leur oeuvre que de modestes intervenants sur un forum. Et ils sont bien vivants : pourquoi s’asseoir sur leur opinion ? N’ont-ils pas gagné un peu de notre respect ? Il ne faut pas exclure que Choron, quant à lui, aurait accueilli les auteurs du documentaire comme ils le méritent : des tacherons se raccrochant à un mythe contestataire, des croque-morts de la postérité. Au contraire de Cabu, Wolinski et Val, authentiques acteurs de ces pages de la presse française. Leur opinion, la façon dont ces gens sont traités m’importent plus que vos pseudo-analyses juridiques qui sont, au passage, parfaitement bidon.

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            • Répondu par François Pincemi le 25 décembre 2008 à  22:41 :

              Je vous trouve bien dur avec ce documentaire qui n’est même pas sorti. Auriez vous une dent contre son réalisateur ? L’auriez vous déjà visionné ? Pour ma part, j’essaierai de le voir la première semaine de sa sortie. En effet, si j’apprécie les merveilleux Spirou et Tintin, j’ai aussi longuement lu les Hara-Kiri, Charlie-mensuel et hebdo avec plaisir, à une époque où il s’agissait de presse contestataire, provocatrice et innovante. Cette période étant révolue, je serai heureux d’y assister, même si j’ai déjà eu la chance de pénétrer dans le mythique local de la rue des Trois-Portes. Vous n’etes pas sans savoir que les tribunaux croulent sous les dossiers en attente, la multiplication d’affaires entre guillemets est une véritable aubaine pour les avocats. Cette belle affaire me rappelle celle du film sur Coluche d’Antoine de Caunes : quinze jours avant sa sortie (de mémoire), l’auteur du sketch "c’est l’histoire d’un mec" demandait la modification du titre, estimant qu’il lui appartenait. Lui-aussi fut d’ailleurs débouté. Il est temps de laisser les créateurs de livres ou documentaires oeuvrer un peu en paix, sinon la maitrise totale sur les créations artistiques sera controlée par des fondations de type Moulinsart. C’est du moins mon point de vue, je vous remercie par avance de me laisser l’exprimer !

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            • Répondu par Alex le 28 décembre 2008 à  20:28 :

              Avi, vos interventions ne brillent ni pas leur qualité d’analyse ni par la rigueur de leurs arguments.

              Vous n’avez pas vu le documentaire mais déjà prenez parti et, plus grave, vous attribuez à un disparu des intentions qui ne sont que projections des vôtres. Très, très faible...
              Si vos posts ne sont toutefois pas totalement dénués d’intérêt c’est qu’ils témoignent parfaitement du débat qui suivra sans aucun doute la diffusion de ce documentaire.

              Permettez-moi de vous faire part de mes réflexions personnelles : vouloir faire retirer son nom de l’affiche à qq semaines de la sortie en salle est une jolie pirouette juridique pour couler le documentaire, ces frais et le retard dans la distribution avec annulation des salles réservées qui en découlerait aurait porté le coup de grâce à 3B Prod.

              Un autre terme de cet article ne semble pas avoir titillé votre curiosité : "images volées ou d’archives". On appréciera au passage l’amalgame pas si innocent que ça de Me Malka. Qu’est-ce à dire "images volées", en quoi ne doivent-elles être montrées ? Est-ce à dire que Wolinski, Cabu et Val se seraient exprimés différemment dans le cadre policé d’un plateau télé ? Et là leurs noms auraient pu figurer sur l’affiche donc ? Vous ne trouvez pas cela digne d’intérêt ?

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              • Répondu par François Pincemi le 29 décembre 2008 à  22:33 :

                Bien vu, Alex. Je vous recommande d’ailleurs un détour par le blog de Forcadell où il évoque sa curiosité devant ce procès, totalement à l’antithèse de la rigolade libertaire du Charlie-hebdo des années soixante-dix (où le journal était plus souvent l’attaqué que l’attaquant). Ne pas oublier que le premier Charlie-hebdo est paru peu après l’interdiction de parution de Hara-Kiri hebdo.
                Quant à Michèle Bernier, je l’ai vu plusieurs fois à la TV en octobre-novembre commenter le livre sur Hara-Kiri paru chez Hoelbeke, parfois en compagnie de Cavanna. En fait, ils avaient l’air tout deux heureux de cette reconnaissance bien tardive.

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            • Répondu par spino-for-ever le 4 janvier 2009 à  21:28 :

              permettez moi de m’inviter dans la discussion… mais ayant vu le film et connaissant un peu le milieu du cinéma, je vous assure que

              1/ le Prof est tout à fait à l’aise avec les réalisateurs (Martin, me semble-t-il, a d’ailleurs travaillé avec lui sur Zoo), heureux qu’on rende enfin à Bernier ce qui est à Choron (ce que lui dénie Philippe Val).

              2/ il n’y a pas à proprement parler d’images volées - par contre, on y voit Philippe Val, qui connait lui aussi les réalisateurs, leur interdire d’utiliser ce qu’ils filment, je cite "parce que c’est [eux], pour [les] faire chier" (la classe…)

              3/ les images des joyeux drilles du nouveau Charlie montant les (petites) marches à Cannes bras dessus bras dessous avec BHL, Joffrin et consorts en mai dernier est un saisissant contre-champ à celles prises d’un Choron finissant, toujours superbe gueulard, mais d’une modestie incroyable jusque dans son immodestie de façade.

              4/ je confirme que l’interdiction de l’affiche et du matériel publicitaire à quelques jours de la sortie du film aurait coulé le producteur et sérieusement mis à mal le distributeur du film.

              5/ ce sont d’ailleurs des méthodes imbéciles mais efficaces que Me Malka semble avoir apprises au contact des abrutis intégristes de toutes obédiences qui ont tenté d’asphyxier économiquement Charlie pendant des années.

              6/ car il était extrêmement peu probable que les Cabu, Val et Wolinski obtiennent complètement gain de cause.

              7/ enfin, une mention spéciale à Cavanna qui se lâche timidement sur l’équipe actuelle (et assume !), et fait sa énième déclaration d’amour à son frère Choron. Même post-mortem, ça a de la gueule.

              8/ incidemment, le nom de Choron a miraculeusement réapparu dans l’histoire officielle de Charlie Hebdo (voir leur site internet).

              bonne année à tous et filez voir ce film, il le mérite !

              S.

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              • Répondu par François Pincemi le 7 janvier 2009 à  20:56 :

                J’étais par chance à Paris ces jours-çi, ce qui m’a permis d’echapper au froid sibérien qui a saisi notre belle région des Ardennes. J’ai donc pu visionner le film en question dans une des deux salles seulement qui le programment sur la Capitale.
                Il s’agit d’un mélange de bandes vidéos d’archives télévisuelles mettant en scène le célèbre professeur, le tout agrémenté d’extraits de vidéos Hara Kiri et d’interviews d’auteurs des éditions du Square.
                Quand on voit le film, on comprend bien mieux l’assignation de Messieurs Val, Cabu et Wolinski. Dans le film, on leur a posé la question de l’interet ou de l’importance de Choron dans l’histoire de Hara-Kiri et ses dérivés, et leurs réponses sont assez troublantes. Val dit que les jeunes auteurs ne l’ont jamais rencontré, un autre que Choron ne dessinait pas (ce qui n’empèche pas l’humour écrit ou photo, me semble -t-il), un autre qu’il n’etait que le comptable de Hara-Kiri et que son role fut secondaire. Que pensez vous de ces réponses ? Cavanna a avoué avec émotion qu’ils avaient été de fidèles complices, Vuillemin et Siné (qui ne collaborent pas au Charlie-hebdo actuel...) donnent leur témoignages d’hommes libres. On voit Val s’enerver quand les journalistes repètent leurs questions genantes, l’image qu’ont donné certains du Charlie actuel (prétentieux et visant le public bobo parisien...) est pitoyable et ne donnera certainement pas envie d’acheter cet hebdo.

                On voit aussi le professeur montrer son penis à de nombreuses reprises, l’entendre raconter une expérience homo, rendre visite à ses anciennes copines de classe. J’oubliais, on le voit aussi avec Charlie Schlingo dans un document jamais passé à la TV. Cordialement

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