Régric (Été Indien pour la Mini, Lefranc) : "L’influence de Bob De Moor est très forte dans mon travail"

23 novembre 2011 2 commentaires
  • {{Régric}}, l’un des repreneurs de {Lefranc}, s’est octroyé une récréation en dessinant {Été indien pour la Mini} dans une ligne claire proche de celle de {{Bob De Moor}}. Ce récit d’aventure humoristique place la célèbre Mini Cooper au cœur d’une intrigue classique.

Régric (Été Indien pour la Mini, Lefranc) : "L'influence de Bob De Moor est très forte dans mon travail"Votre album, « Été Indien pour la Mini », est un hommage à la ligne claire, non ?

J’ai travaillé avec Jacques Martin sur les Voyages de Lefranc et après sur la série mère. J’appréciais son travail. Mais enfant, j’ai surtout aimé Hergé et Bob De Moor. Ces trois auteurs sont issus d’une même famille graphique, même si Martin était plus réaliste.
C’était l’un de mes rêves de faire un album dans un style ligne claire. Je ne pouvais pas l’assouvir en travaillant sur les collections Martin. Le propos n’y était pas. Mais quand on m’a proposé de réaliser une histoire sur la mini, j’y ai vu l’occasion d’enfin travailler avec ce graphisme. L’occasion était trop belle, et l’éditeur a accepté…

A-t-il été facile de changer de style ?

Oui. J’ai travaillé pendant de nombreuses années dans le dessin animé. Dans l’audiovisuel, il faut savoir changer de style. J’ai par exemple dessiné comme Morris lorsque je travaillais sur l’adaptation animée de Lucky Luke. A un certain moment, je dessinais durant la journée dans le style de Morris, et le soir, je réalisais des illustrations dans un style Martin pour les albums sur l’aviation des Voyages de Lefranc. De toute manière, j’ai été nourri du style de Hergé et Bob De Moor depuis mon enfance …

Extrait de "Été Indien pour la Mini"
(c) Régric, Paquet.

On sent que vous êtes particulièrement attaché au travail de Bob De Moor.

C’était un dessinateur extraordinaire, qui a apporté énormément à Hergé. Lorsque l’on parle du travail d’Hergé, ou pourrait tout aussi bien évoquer le style de Bob De Moor à l’intérieur de l’œuvre du créateur de Tintin. J’apprécie également ses albums plus réalistes comme la série Cori Le Moussaillon, ou Le Repère du Loup, l’album de Lefranc. Mon style sur Lefranc est d’ailleurs un mélange entre celui de Bob De Moor et Jacques Martin. Je suis entre les deux, toute proportion gardée bien entendu ! L’influence de De Moor a été très forte dans mon travail. Jacques Martin, lui-même m’a dit qu’il retrouvait dans mon travail la patte de Bob De Moor. Mis à part ces trois auteurs, j’aime également d’autres maîtres, comme Albert Uderzo, André Franquin ou Mike Mignola. J’ai eu beaucoup de plaisir à rencontrer Tibet, qui m’a donné des conseils très précieux.

Avez-vous parlé de dessin avec Jacques Martin ?

Les trois voyages de Lefranc ont été faits en étroite collaboration avec lui. Je lui soumettais tous mes dessins. On a vraiment travaillé ensemble. Cela n’a pas toujours été facile, car il était très rigoureux. Mais il m’a beaucoup appris, et il m’a mis le pied à l’étrier dans l’édition. Je lui en serais éternellement reconnaissant ! C’était le dernier de la grande époque que j’affectionne tant, et c’est un motif de fierté d’avoir pu travailler avec lui.

Cet album paraît dans la collection « Calandre » des éditions Paquet. Êtes-vous un fan de voiture ?

Pas tellement. Mais la Mini me touche particulièrement, car j’en ai une ancienne. Le sujet impliquait de dessiner des voitures, donc je m’y suis plié de bonne grâce. La voiture est un prétexte, mais c’est surtout au travers les personnages que passe l’histoire.

Extrait de "Été Indien pour la Mini"

Pourquoi avoir situé une partie de l’histoire dans un pays imaginaire se rapprochant de l’Inde.

L’histoire aurait pu se passer partout sur le globe. Mais je voulais apporter une touche d’exotisme dès le début de l’histoire. J’ai alors inventé un royaume imaginaire inspiré par les Indes. Je n’y suis jamais allé. J’ai dessiné une sorte d’Inde d’opérette. Cette histoire est burlesque, et se veut avant tout un divertissement.

L’humour est important dans ce récit.

Oui. Je voulais écrire un récit divertissant et humoristique, et surtout ne pas être pointu. Je ne voulais pas m’adresser uniquement aux passionnés d’automobile. Cet album est publié dans la collection Calandre, et parle de la Mini. Mais le récit est porté par toute une série de personnages.

Quel plaisir éprouvez vous à réaliser des bandes dessinées par rapport au dessin animé ?

Les années que j’ai passées à travailler sur des dessin animés ont été marquées par de bons moments. Mais les dessinateurs sont spécialisés dans un domaine spécifique. J’étais spécialisé dans les décors. Je ne dessinais que cela. C’était un peu réducteur. En bande dessinée, on peut guider sa barque où l’on veut. Surtout si on est auteur complet, comme ce fut le cas sur été indien pour la mini. C’est beaucoup plus satisfaisant ! Et puis, il y a le livre qui reste. Tandis que dans les dessins animés, votre nom apparaît une fraction de seconde sur un générique, et personne ne sait ce que vous avez dessiné.

Quels sont vos projets ?

Terminer un Lefranc qui sortira en 2012. Il s’intitulera L’Eternel Shogun, et sera scénarisé par Thierry Robberecht. Ensuite j’entamerai la prochaine aventure du journaliste avec le même scénariste. Le récit se passera en URSS.

Vous sentez-vous créateur sur une reprise comme Lefranc ?

Bien sûr ! Même s’il y a un cahier des charges à respecter. Il faut veiller à respecter les codes graphiques. Mais on a énormément de personnages secondaires et de décors à inventer. Travailler sur une reprise est intéressant de ce point de vue là. Et puis, dans un marché de la BD saturé, travailler sur une série installée, qui a un public fidèle, est une chance formidable.

Quel est l’album qui vous a donné envie de faire de la BD ?

Vol 714 pour Sidney, incontestablement. Mais ce sont surtout les crayonnés réalisés par Hergé qui m’ont surtout marqué ! J’adorais ses pages crayonnées pour leur côté dynamique, rageur, sale et légèrement désordonné. Cela m’a donné envie de dessiner. Le travail d’Hergé était fondamental !

(par Nicolas Anspach)

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Lire la chronique de Été indien pour la Mini.
Lire aussi :
- Guy Lefranc, sauveteur des Corons (Octobre 2009)

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Photo : (c) Nicolas Anspach
Illustrations : (c) Régric & Editions Paquet.

 
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