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« Bastien Vivès sort du silence »

11 mars 2024 17 Commentaires
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ACTUALITÉ JUDICIAIRE. C’est l’accroche du dernier numéro du Point (N°2692 – 7 mars 2024) qui propose un entretien de quatre pages conduit par Romain Brethes et Christophe Onot-dit-Biot, assorti d’une autre interview d’une page de l’avocat de l’artiste, maître Richard Malka.

L’angle est annoncé dans la même phrase : « BD et liberté d’expression ».

Rappelons que l’affaire avait éclaté en novembre 2022 lorsque le Festival de la bande dessinée d’Angoulême annonça une exposition consacrée à Bastien Vivès qui suscita une vive opposition et une pétition. « Le Cas Vivès » a largement été résumé par ActuaBD à l’époque..

Après 17 mois, alors que l’affaire, suppose-t-on, s’apprête à passer devant les tribunaux, Bastien Vivès reprend la parole et se confie au Point (article payant)

La manchette cite l’artiste : « Je suis traité comme un criminel ». Dans l’entretien, il revient sur tous les aspects de l’affaire et décrit sa situation : tous ses projets sont arrêtés, il sort d’une année blanche au niveau revenus, le dernier Corto Maltese lui permettant de tenir la tête hors de l’eau : « …mais mes autres projets, que ce soit dans la bande dessinée, l’audiovisuel ou le jeu vidéo, tout est tombé à l’eau. Absolument tout. Je devais réaliser un long métrage. Tout était sur les rails. Il ne se fera pas. »

Il travaille sur une exposition au printemps (pour la Galerie Huberty-Breyne). Quant à l’enquête diligentée il y a bientôt deux ans, elle est toujours en cours.

Une abolition entre fiction et réalité

Richard Malka (avocat de Vivès, mais aussi de Charlie Hebdo) est également interviewé dans le même numéro. Réagissant à une assignation devant un parquet chargé des affaires de mineurs plutôt que du droit de la presse, il se fait plus technique : « J’espère que la volonté du parquet de Nanterre n’est pas d’escamoter tout débat et toute problématique de liberté de création et de liberté d’expression. Et que l’on n’imagine pas juger Bastien comme un délinquant sexuel, en dix minutes, entre deux autres prévenus… »

Et de poser ce point de droit : « Comment un album de 2011 (Les Melons de la colère) subventionné par le ministère de la Culture et un autre de 2018 bénéficiant de deux classements sans suite sans même qu’il était été jugé utile d’entendre l’auteur peuvent subitement caractériser un délit en 2024 ? » Il conclut, sur une affaire où la dimension artistique lui semble être niée : « C’est l’abolition totale de la frontière entre fiction et réalité. »

Affaire à suivre.

DP

« Bastien Vivès sort du silence »
Le Point

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