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Le cas Vivès

Par Marlene AGIUS le 15 décembre 2022                      Lien  
Le 28 Novembre, le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême avait annoncé la programmation d’une exposition carte blanche : "Dans les yeux de Bastien Vivès ». Depuis, collectifs, associations, auteurs ou autre, ont milité pour sa déprogrammation en accusant l’auteur et le Festival de coproduire, soutenir, et valoriser un travail qui "normalise la culture du viol, la pédopornographie et l’inceste".

Apologie, normalisation, invitation ou provocation, blague, fable ? Représentation du tabou ou du désir ? Que pourrions nous dire qui n’a pas déjà été dit ? Voici quelques pistes :

MÉDITATIONS INSTAGRAMMABLES

En une foulée d’articles, L’Obs, BFMTV, Libération, France TV, le JDD, et même TF1, tous, jusqu’à aller interroger des personnalités politiques comme la figure écologiste Sandrine Rousseau et la ministre de la culture Rima Abdul-Malak, ont commenté L’AFFAIRE VIVÈS.

Et à la base, une vive contestation de certains auteurs sur Instagram : collègues confirmés, auteurs méconnus, étudiants en art, et quelques grands noms de la BD même comme Boulet ou Pénélope Bagieu, s’indignèrent en relayant ou postant sur Instagram.

Il est normal que les autrices et auteurs de bande dessinée soient les premiers à réagir : ils voient dans le FIBD une vitrine de leur travail, le festival étant l’événement de leur profession le plus médiatisé de l’année ; et parmi les premiers desquels Jérôme Dubois, qui en un post (corrigé parce que "sentant le roussi") dénonce par cette opération «  une validation par les institutions et indirectement les pairs. ».

Le cas Vivès
Post de Jérôme Dubois

Contexte : en 2011, un certain Bastien Vivès, déjà connu pour ses romans graphiques Le Goût du Chlore et Polina, publia Les Melons de la Colère dans la collection BDCul des Requins Marteaux, une bande dessinée pornographique et affirmée comme telle - jusque là, tout va bien - mais accusée de mettre en avant une culture du viol portée par des relents d’inceste et de pédopornographie : la polémique suscita débat jusque dans nos pages.

Depuis, l’auteur s’estime avoir été "victime de harcèlement" et "dénonce la confusion entre bouffonnerie et apologie". Mais en 2018, rebelotte : La Décharge mentale, dans la même collection des Requins Marteaux, et plus particulièrement Petit Paul chez Glénat sous le label « Pop Porn », motivent de nombreuses pétitions qui font retirer cette dernière de la vente par Gibert et Cultura, les deux parmi les plus gros distributeurs français.

La Décharge mentale - Bastien Vivès
© Les Requins Marteaux

"La Décharge mentale" : le titre parodie une bande dessinée d’Emma, qui publia cette année-là sur Instagram une bande dessinée féministe sur le concept de charge mentale. Cette semaine, cette artiste a tenu à déterrer les commentaires de Vivès sur son post, et critiqua à son tour cet album qui "met en scène des filles de 10, 15 et 16 ans ayant des relations sexuelles avec un homme adulte"

Une autre autrice, Joanna Lorho, écrit un post consulté des milliers de fois et relayé par des centaines d’internautes : « Virtuose dans son dessin, OK, mais pour dire quoi ? » demande l’autrice.

Souvent, ce ne sont ni les albums en soi, ni ses propos isolés, mais l’alliage des deux qui provoquent le noyau de l’indignation : là où certains essaieraient de distinguer l’oeuvre de l’artiste, ils tomberaient aussi bien en interview qu’en isolant un album sur des propos problématiques, s’indignent plusieurs collectifs féministes comme @cestquoicetteinsulte et @je.suis.une.sorciere [1]

PÉDOPHILIE...

Deux pétitions ont été lancées pour appeler à la déprogrammation de l’exposition carte blanche. La première, sur Mesopinions.com, initiée par un membre de la commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles sur les enfants, portée par le collectif Prévenir et Protéger, et par le mouvement #BeBraveFrance qui défend, représente et soutient les victimes de pédocriminalité ; ces derniers ont notamment organisés une manifestation à Paris. Cette pétition a surpassé son objectif de 100 000 signatures requises.

La deuxième sur Change.org lancée le 8 Décembre par le Mouvement Écoles d’Art en Danger à Angoulême qui appelle au boycott, cette fois-ci, contre l’hypersexualisation misogyne car « il est intolérable qu’une institution historique telle que le FIBD choisisse de donner du crédit et de la visibilité à cet auteur », à la place de « la mise à l’honneur d’un.e auteur.ice dont la création ne soit ni violente ni discriminatoire ».

Il s’agit donc d’un acte militant ayant pour vocation la déprogrammation. Cette pétition est une attaque scandaleuse, estiment certains, car sans fondement par rapport au contenu de l’expo inconnu de tous pour l’heure. Elle avait pourtant vocation à être une "carte blanche" : maintenir l’ambiguïté sur ce qui aurait été montré dans l’expo, c’est maintenir la même ambiguïté sur la position du festival et la place de l’auteur par rapport à ces sujets délicats. Depuis, dans son communiqué, le festival met au clair que :

"L’exposition qu’il avait prévue de consacrer à Bastien Vivès reposait sur la présentation de créations originales inédites et non - comme l’évoquent de nombreux commentaires fantaisistes - de contenus tirés de son œuvre."

APOLOGIE DE VIVÈS

Faut-il, ou ne faut-il pas montrer des scènes violentes ? Montrer est-il synonyme d’encourager ? Vivès n’est mis en cause dans aucune affaire judiciaire, et il n’est question ici que de tabou. La pédopornographie est évidemment interdite, mais ce qui en est qualifiable sont seulement les images réalistes, disent certains. Le caractère grotesque de son oeuvre s’oppose-t-il alors à la normalisation, voire à l’incitation ? Un article paru en 2019 dans L’Obs au moment de la censure de Petit Paul réitère :

« « Petit Paul » est-elle vraiment « pédopornographique » ? Oui, si l’on prend ce mot dans son sens juridique – la représentation d’actes sexuels non-simulés mettant en scène un mineur. Mais non, mille fois non, si l’on considère ce que « montre » l’œuvre. Le lot commun de la pornographie est, on le sait, de susciter l’excitation sexuelle. Et effectivement, si l’album de Vivès nous émoustillait avec les prouesses d’un garçon de 10 ans, il serait choquant, ignoble. Mais la seule chose qu’il suscite est le rire. Et cela change tout. »

Mais dans quel monde peut-on rire de l’inceste et de la pédophilie ? Les scènes d’éjaculation sur des visages d’enfants, s’ils n’existent ni pour exciter, ni pour simplement choquer, seraient-elles donc... rigolotes ?

De nombreux morceaux d’interviews et de planches ressortent ça et là sur le Net et sont passées à la loupe, auscultés « comme pièce à conviction » dans une tentative de ce que ses défenseurs désignent comme incrimination, dont une interview pour Mademoizelle, retirée depuis, où Vivès dit : "L’inceste, moi, ça m’excite à mort. Enfin, pas dans la vraie vie... Mais raconté, je trouve ça génial » ; ou sur Radio Nova, où il exprime son souhait d’inciter les questionnements des lecteurs qui pourraient se dire « merde, mais ça m’excite, et ça devrait pas m’exciter », pour mener « tranquillement, avec confiance, le lecteur » dans des lieux inconnus…

Certains ont pu rappeler l’article 227-23 du Code pénal qui dispose que :

« Le fait, en vue de sa diffusion, de fixer, d’enregistrer ou de transmettre l’image ou la représentation d’un mineur lorsque cette image ou cette représentation présente un caractère pornographique est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 Euros d’amende. »

Les promoteurs du travail de Vivès connaissent bien le caractère problématique de ses oeuvres, mais comme continue le Code pénal :

« Le fait d’offrir, de rendre disponible ou de diffuser une telle image ou représentation, par quelque moyen que ce soit, de l’importer ou de l’exporter, de la faire importer ou de la faire exporter, est puni des mêmes peines. »

S’ils admettent dans une certaine mesure le caractère problématique de son oeuvre, c’est avec précaution : il y a des façons de défendre Vivès qui deviennent plus une manière de se déculpabiliser que de se porter garant d’un monde libre de toute censure.

Impossible de déprogrammer, assurait au départ Frank Bondoux, organisateur du FIBD, ce serait ce que Fausto Fasulo, co-directeur artistique, appelait dans Libération « une défaite philosophique énorme » [2]. Critiques à l’égard d’une purification de l’art, ils estiment à la manière de Jean-Marc Rochette qu’une « meute » d’individus se sont organisés pour défendre l’ordre de la morale publique et des bonnes mœurs. Purification alias puritanisme : à ceux qui s’estiment choqués, on leur dit qu’ils sont prudes ; s’ils sont mal à l’aise, qu’ils sont moralisateurs.

LE PORNOGRAPHE MAUDIT

Dieu sait que la BD a eu ses déboires au fil des ans avec la justice, accusée de pervertir la jeunesse, de les inciter à la violence par des images pornographiques. Pourtant, ceux qui voient aujourd’hui chez Vivès un procès digne de Madame Bovary ou des Fleurs du Mal manquent de voir que Vivès n’est pas signalé par un procureur (impérial, dans le cas des deux oeuvres citées), ni jugé par un Tribunal Correctionnel. D’une part, il est contesté par des lecteurs et des victimes de violences sexistes et sexuelles. De l’autre, il est soutenu (discrètement) par les grandes instances de la BD, y compris éditeurs et organisateurs de festival qui ont le pouvoir, eux, de promouvoir, vendre, sublimer.

Diffamation ou injure publique ? On retrouve souvent les deux dans les commentaires des posts, des articles, et des pétitions. Vivès a déposé une main courante, et s’en amuse en dessins :

Posts de Bastien Vivès

Des rapprochements de cet appel à la censure se font avec Charlie Hebdo, voire en convoquant Samuel Paty (!). Mais il n’est pas question d’assassinat ici… Si certaines caricatures savent se moquer, elles dénoncent, et l’aspect choquant des images n’est pas aussi choquant que la réalité qu’elles stipulent : montrer, c’est s’indigner. Mais pour comparer à un Marquis de Sade ou à un Nabokov, pas besoin d’élever Petit Paul à Lolita pour chercher collectivement les limites.

Le Festival ajoute qu’"il appartient à l’auteur de s’expliquer, de la manière qu’il jugera opportune, sur leur sens, leur raison d’être et de préciser les circonstances dans lesquelles ils ont été prononcés."

La proximité qu’apporte les réseaux sociaux et la place toujours plus importante qu’y tient l’individualité de l’auteur pousse à prendre position, mesurer ses propos. Aujourd’hui, faire de la bande dessinée, ce n’est pas seulement créer des images, c’est, aussi, créer son image.

ÉTHIQUE ET LIMITES DE LA PORNOGRAPHIE

Mercredi 14 Décembre, le communiqué du Festival tomba comme un couperet, résultat de cette pression médiatique : l’expo sera déprogrammée. Mais la pression de qui, de quoi : médias, sponsors, public ? Pour la sécurité des festivaliers et de l’auteur, pour un retour à la sérénité dit le communiqué : une façon de céder, mais pas de prendre une décision de plein gré... Les organisateurs ont aussi annoncé leur volonté de mettre en place un débat pendant le festival, "dans le cadre d’un forum prospectif ".

De manière plus large, l’intention est de questionner les mécanismes d’un marché et d’un milieu qui a du mal à se remettre en cause. Les réactions et les prises de position publiques autour de son oeuvre clivent, et ceux qui considèrent que ses détracteurs sont symptomatiques d’une « idéologie », éprouvent comme les autres un sentiment d’injustice qui se recycle de polémique en polémique. D’autres estiment que la cristallisation du débat autour de la figure de Vivès pourrait empêcher les réflexions au sein du milieu déjà réputé pour sa misogynie.

Quel est le fond du problème ? Peut-être que Vivès n’est plus le jeune génie de la génération à venir : il fait partie de la génération actuelle d’artistes qui définissent le genre et donnent une représentation du milieu, qu’ils le veuillent ou non.

Mais rien de nouveau sous le soleil : le tabou fascine et suscite la crainte. Il n’est plus religieux, mais sociétal, enclin aux changements, à l’ironie, à la transgression. Il divise là où il faut prendre l’opportunité de revisiter ce qui est autorisé sous couvert d’art, mais aussi la qualité de l’art qui entend défier la censure.

Prendre l’illégalité, ajouter de la censure, l’appeler puritanisme là où d’autres disent féminisme ; ce qu’ils appellent incitation, banalisation, violence, devient fantasme, humour, lecture. Il y a ceux qui font les lois, il y a ceux qui les appliquent, il y a ceux qui s’en défont : les citoyens/lecteurs ont-ils des pouvoirs que les juges n’ont pas ?

(par Marlene AGIUS)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Code EAN :

[1Ce dernier compte a été suspendu par Twitter. NDLR.

[2Responsable du secteur manga du festival, aux côtés des deux autres directeurs artistiques Sonia Déchamps et June Misserey, plus silencieux. NDLR.

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40 Messages :
  • Le cas Vivès
    15 décembre 2022 09:56

    Voilà un texte qui ajoute encore de la confusion tant sa rédaction est peu claire. La rédactrice d’Actua BD aurait-elle du mal à définir sa propre position ? Pourquoi ne pas se contenter de faire un article purement factuel ? De façon générale, une BD qui fait l’apologie de la pédophilie tombe sous le coup de la loi. Ce n’est pas le cas des BD de Vivès jusqu’à présent. Plutôt de lancer des pétitions dans laquelle s’engouffrent tous ceux qui ont envie de faire parler d’eux, il serait plus efficace et plus raisonnable de déposer plainte avec constitution de partie civile contre les ouvrages incriminés : ça prend moins d’une heure et c’est la procédure normale quand on veut appeler à la censure. Tant que Vivès n’a pas été condamné, on n’a rien à lui reprocher et dire de lui qu’il est un pédocriminel est de la pure diffamation. J’espère pour lui qu’il a pris un avocat. Vivès n’ayant jamais été condamné ni ses livres interdits, le FIBD avait parfaitement le droit d’exposer son travail. Céder devant la bronca en invoquant la crainte de "menaces physiques" n’est glorieux pour personne. C’est même triste à pleurer. L’auto-censure qui paralyse les dessinateurs depuis les attentats de Charlie Hebdo a encore de beaux jours devant elle. C’est un vrai recul en matière d’art et de liberté d’expression.

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    • Répondu par auteur le 15 décembre 2022 à  11:30 :

      Qu’est ce qui n’est pas clair ? Je trouve que cet article est un bon résumé sans qu’il prenne de position provocante, il pose la question des limites et des failles du droit. La loi est imparfaite ainsi que les hommes. C’est plutôt la vôtre, de position, qui n’est pas claire. en quoi déposer plainte est il raisonnable ? Ici il est question d’interroger un milieu, pas forcément de condamner vite fait bien fait.

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      • Répondu le 15 décembre 2022 à  13:06 :

        La loi est humaine et donc imparfaite mais on n’a qu’elle sous la main, puisque l’existence d’une loi divine n’a pas été démontré. Ce que je dis, c’est que si j’estime qu’un auteur est un pédocriminel et si je veux faire interdire un livre ou une exposition, je ferai appel à la loi plutôt qu’à des pétitions sur internet, du harcèlement, de la diffamation et des menaces.

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    • Répondu par Laurent Colonnier le 15 décembre 2022 à  12:43 :

      L’auto-censure qui paralyse les dessinateurs depuis les attentats de Charlie Hebdo a encore de beaux jours devant elle. C’est un vrai recul en matière d’art et de liberté d’expression.

      Malheureusement très vrai, un terrorisme idéologique qui s’insinue dans le plus intime et castre les artistes. La cohorte de ’’bien pensants’’ aux basques de Bastien Vivès ne fait que reconduire ce qu’avaient entamé les assassins de Charlie Hebdo.

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      • Répondu par Milles Sabords le 15 décembre 2022 à  15:00 :

        Il ne faut pas tout confondre en matière d’auto-censure ; les auteurs ont surtout peur de se prendre un coup de couteau s’ils réalisent des travaux sur l’intégrisme religieux. Je me souviens d’un projet BD sur les dessous de l’économie mondiale qui à été refusé chez l’éditeur pour qui je travaillais. Motif : ce projet mettait en exergue les investissements commerciaux d’un des principaux actionnaires de l’éditeur. Comme quoi, la censure peut s’appliquer à plusieurs niveaux.

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        • Répondu par Lol le 15 décembre 2022 à  19:09 :

          Ce qui m’amuse ici c’est Milles Sabords qui répond systématiquement à Laurent Colonnier et celui-ci qui l’ignore tout aussi systématiquement. Lol !

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          • Répondu par Milles Sabords le 15 décembre 2022 à  21:10 :

            J’interviens surtout pour rétablir certaines vérités face à d’énormes absurdités et non pas forcément pour entretenir un dialogue. Ce que vous pouvez être Lol, Lol.

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    • Répondu par JPA le 15 décembre 2022 à  20:55 :

      Tout à fait d’accord sur le fait qu’il n’y a aucune clarté dans le texte d’actuabd, pas de prise de position.

      Et pourquoi ?

      Voilà où l’on est aujourd’hui : j’ai réalisé une commande, à destination d’adultes, dans de l’institutionnel. Je fais un gag où l’on parle de "bouche à bouche" - à retirer, parce que ...avec metoo... un autre ou je parle des pompiers et de ...Notre-Dame. - à retirer aussi, "Notre-dame" c’est clivant . Et si je vous montrais les dessins, vous verriez que ce n’est pas du Vuillemin ! Les gags en question ne mettent pas des enfants en scène.
      Pas parce que mon client ne trouve pas ça drôle, ou que lui-même serait militant dans un sens ou dans l’autre, mais parce qu’il suffirait que sur des réseaux il y ait une réaction et paf...
      Je viens d’entendre sur F.Inter une condamnation du travail de Vivès par les journalistes, dont UNE seule avait lu les albums, mais ça n’empêche les autres de critiquer , juste en ayant butiné des "infos" sur le net.

      Les petits écoliers de cette école d’Angoulême, mais comment ont-ils accepté l’expo Corben, autre fan des hypertrophies mammaires et à l’œuvre bien sanglante ?

      On va se retrouver avec des albums gentils, écolos, nongenrés, car le reste est susceptible d’être démonté par la boule de neige des R.S., dont le principe est surtout de parler de ce que l’on ne connaît pas, et de se poser en moralisateur. On sait ce qui se cache derrière les moralisateurs la plupart du temps, le contraire de ce qu’ils mettent en avant.

      Je pense que l’on doit flipper à la Musardine...

      Je ne comprends même pas que l’on prenne au premier degré, c’est à dire comme autre chose que du fantasme, le travail de cet (immense) dessinateur quand il fait de l’érotisme. Par contre je comprends que l’on puisse être jaloux de sa facilité à dessiner... je le suis ; )

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      • Répondu par chantal montellier le 29 janvier à  10:22 :

        Qui, sur ce forum, a entendu parler du lien entre réel, symbolique et imaginaire ? Dessiner le viol d’une femme n’est certes pas violer une femme dans la réalité, ce n’est que de l’imaginaire représenté. Mais de quoi cet imaginaire est il le nom ? Quels effets dans le réel, sur le ressenti de celui ou celle qui regarde ce viol réalisé graphiquement. Une sorte de passage à l’acte en quelque sorte,. C’est la question que tout artiste digne de ce nom doit se poser. Entre bien sur en jeu les intentions du créateur de l’image. Plaisir à dessiner ce viol ? Exhibition, ou dénonciation ? Dans mon album "Odile et les crocodiles" publié jadis conjointement par le Mercure de France et les Humanoïdes associés, il m’a été impossible de représenter le viol de mon "héroïne" , mon malaise était trop grand. Je m’indentifiais sans doute trop à mon personnage, même si je n’ai jamais eu à subir d’agression de ce genre, dont peu de victimes se relèvent vraiment. Le milieu bande dessinée de l’époque, sexiste, machiste, misogyne, infantile, primaire, réactionnaire, arrièré, droitier, fascisant par endroits, a réagi souvent violemment à cette publication, et j’ai été de nombreuses fois agressée verbalement dans l’indifference générale. J’étais coupable d’avoir dit et représenté le mal. " Dire le mal c’est devenir ce mal pour les autres." me disait ma psy., et aussi : "Vous n’etes pas paranoiaque, on vous tue". Depuis ce temps là, j’ai fait du chemin, et le travail d’analyse m’a aidé à avancer... Le milieu bd, par contre... C’est peut être ce milieu tout entier qui devrait entrer en analyse ? Le refoulé y frappe très fort en ce moment dirait t’on, et le pauvre Vivès n’est finalement qu’ un symptôme. Enfin, ce que j’en dit ou rien, après tout qui suis-je ? Et comme on disait en 68, "d’où tu parles" ? Sûrement pas des salons feutrés de la bourgeoisie angoumoisine, ou parisienne. Alors.... pfff...

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  • Le cas Vivès
    15 décembre 2022 11:13, par Evariste BLANCHET (bananas-comix)

    Je n’ai pas été sans remarquer que, contrairement à ses habitudes, le site actuabd a mis plusieurs jours à réagir à une puissante polémique touchant le monde de la bande dessinée, avec une brève datée seulement du 14/12 signée Kelian Nguyen. (Il s’agit bien d’une remarque, pas d’un reproche, tant il me paraît nécessaire de prendre le temps de la réflexion avant de sauter sur son clavier.) La contribution du 15/12 de Marlene Agius livre un plus grand nombre d’éléments permettant l’ouverture d’un débat tout en se gardant bien de prendre le risque d’afficher une réelle opinion.
    M’étant déjà exprimé suite à la brève précitée, je me contenterai ici d’ajouter un élément dont il n’a pas encore été fait mention : la pétition lancée par les étudiants ne demande pas seulement « la suppression de cette exposition » mais « à la place, la mise à l’honneur d’un.e auteur.ice dont la création ne soit ni violente ni discriminatoire ».
    Sous couvert de défense de justes causes, la présente revendication s’inscrit dans une démarche qui vise à bannir tout ce qui n’est pas estampillé moralement acceptable et tout ce qui paraît « offensant ». Les opérations d’épuration en cours sont de plus en plus nombreuses. A l’activisme woke, s’ajoutent en effet toutes les opérations menées par l’Amérique conservatrice pour expurger les programmes scolaires et les bibliothèques d’éléments jugés douteux et décadents, en parfaite harmonie avec les lois récentes de la Russie poutinienne visant ses librairies. Si tous les censeurs ne partagent pas la même morale, leurs actions vont dans le même sens : « effacer » tout ce qui paraît problématique. Au point que s’ils devaient tous aboutir conjointement à leurs fins, il ne resterait à peu près rien de l’histoire de l’art et de la littérature.
    Pour en rester à la bande dessinée, si l’absence de violence devait devenir un élément déterminant, il faudrait alors se résoudre à faire le deuil de bien des œuvres (par exemple, celles de Frank Miller, Hermann, Bernett, mais aussi celles de Carlos Gimenez ou de Fabrice Neaud qui contiennent parfois des pages éprouvantes).

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  • Le cas Vivès
    15 décembre 2022 11:22, par mostapha ognhia

    Je propose de brûler en place publique tous les mangas où l’on voit une case sur deux une petite culotte de mineure.

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    • Répondu le 15 décembre 2022 à  12:46 :

      Et Martine aussi du coup .

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      • Répondu par Milles Sabords le 15 décembre 2022 à  14:09 :

        Les petites culottes c’est du fétichisme, comme les talons aiguilles ou la tenue d’infirmière, rien à voir…

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        • Répondu le 15 décembre 2022 à  23:56 :

          Martine et un sacré paquet de manga, c’est du fétichisme autour des mineurs.

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          • Répondu par Milles Sabords le 16 décembre 2022 à  08:35 :

            Le fétichisme concerne les objets rituels, qui peuvent être d’ordre sexuel ou religieux. Lorsque cela s’adresse à des personnes, et des mineurs en particulier, cela devient une déviance, donc hors des normes de la société.

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            • Répondu le 16 décembre 2022 à  11:20 :

              Martine est mineure et les livres s’adressent à des mineurs.

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              • Répondu par Milles Sabords le 16 décembre 2022 à  20:08 :

                … ça n’empêche pas les fétichistes d’en acheter, comme pour les manga !

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  • Le cas Vivès
    15 décembre 2022 13:53, par Julien H

    "les citoyens/lecteurs ont-ils des pouvoirs que les juges n’ont pas ?"
    Je dirais encore heureux que oui. Les lois ne couvrent pas tout. Heureusement que la morale, qui appartient aux gens, existe.

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    • Répondu le 15 décembre 2022 à  14:13 :

      Vous placez la morale au dessus des lois ? Mais quelle morale ? La votre ? Celle de vos amis ? Celle de Dieu ? Il faut peut-être songer à aller vivre dans un autre pays. En France, il n’y a pas de lois au dessus des lois et la loi s’applique à tous, et avec elle la présomption d’innocence et le droit d’être défendu.

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      • Répondu par Julien H le 16 décembre 2022 à  10:20 :

        Quand on veut faire semblant de ne pas comprendre... Si la morale n’existait pas il faudrait des lois sur tout, voilà. Qui accepterait ça ?
        Où est-ce que j’ai dit que je plaçais la morale au-dessus des lois ? J’ai beau me relire, je ne vois pas.
        Et oui, on n’a pas tous la même. Toutefois, il y a en général un tronc commun d’empathie et d’humanisme. On est beaucoup à par exemple se dire qu’on peut aider les autres, aider des causes, ne pas embêter le monde par plaisir, etc.
        Je vais m’arrêter là vu que les commentaires se mettent au niveau de ce qu’on peut trouver sur les commentaires de 20minutes.

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    • Répondu par Guillaume Dumora le 15 décembre 2022 à  14:23 :

      Alors moi je veux bien, mais votre morale, ça n’est pas forcément la mienne, ni celle de mon voisin du dessus qui, allez savoir, estime peut-être pour sa part que l’homosexualité est un crime et l’avortement un assassinat d’enfant.

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  • Le cas Vivès
    15 décembre 2022 15:08

    Pourquoi un texte si obscur ?

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  • Le cas Vivès
    15 décembre 2022 18:40, par La Plume Occulte

    Ce qui devait arriver arriva... C’était dit.

    En novembre 2011, François Boudet écrit une chronique, assez courageuse alors, qui prend position au sujet de l’album "Les Melons de la colère" du très très tendance, à ce moment, Bastien Vivès : intouchable (et très doué) garnement boutonneux de la BD, à la puberté très tardive, suivi de sa cour. Vivès, 27 ans, qui en profite pour se croire tout permis et en abuse, en toute impunité, bien au contraire.
    Oha : nichon, bite, couille...! Quel talent, quel génie ! Immunité diplomatique du branchouille. Qui ne manque pas une occasion de faire son numéro, sous les applaudissements.

    Pour François Boudet en revanche c’est la volée de bois vert dans les commentaires. Le plus souvent.

    Cependant un autre génie, mais cette fois trop méconnu, un certain "La Plume Occulte", fait dans le prémonitoire, encore une fois.
    La Plume occulte dixit : "Il faudrait que Bastien Vivès attrape du poil au menton !
    Ça lui permettrait d’éclaircir ceux qui lui envahissent le crâne, par compensation. Ferait tomber celui qui lui pousse dans la main et, lui donnerait l’occasion de s’extérioriser sur autre chose que sur des femmes.... à poil !
    C’est qu’il est grand maintenant !
    Ce sont ses copains des médias qui le disent !
    Un gros potentiel à la phase prépubère. Il récite encore ses cours d’animation !
    Jolie conclusion monsieur Boudet.
    "

    C’est ici qu’encore une fois sa cour court à son secours... Intouchable on vous disait...

    Mais toujours aussi clairvoyant La Plume occulte rajoutait : "Alléluia ! Et à 33 ans il meurt ? Déjà qu’on le fait marcher sur l’eau !
    Le problème, pour lui, c’est que quand on va le débranchouiller, on va le crucifier...
    "

    Ben voilà, c’est fait...

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    • Répondu le 15 décembre 2022 à  19:05 :

      Vous avez oublié cette chronique dans Du9 :https://www.du9.org/humeur/coup-double/
      Pour le coup, elle est plus fournie que celle que vous citez, tout en évitant le cours de morale et les manifestations pudibondes. On sent une certaine jalousie dans votre message, mais peut-être me trompé-je...

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    • Répondu par Bardamou le 15 décembre 2022 à  20:49 :

      Tiens, le retour de Plume occulte ? Où avait-il disparu pendant des mois ?

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  • Le cas Vivès
    15 décembre 2022 19:56, par Nicolas

    Une pétition avec 100.000 signatures, alors que les ventes de Vivès ne dépassent même pas 10.000 exemplaires ? Les signataires ont ils lu les livres pour se forger leur propre opinion ? …
    Quel manque d’honnêteté intellectuelle ! A moins que les bibliothèques ont tourné à plein régime ces derniers jours. Mais ont elles vraiment ces livres … si sulfureux ?

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    • Répondu par Bardamou le 15 décembre 2022 à  21:22 :

      La collection BD Cul parodiait les BD pornos avec une maquette qui faisait penser à Elvifrance. Créée par les Requins-Marteaux, puis reprise par un libraire parisien. Les deux sont amis du FIBD, dans leur sélection et leurs goûts.

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  • Le cas Vivès
    16 décembre 2022 10:48, par koko

    Ne manque t’il pas une référence au messages haineux postés par Vives sur le cas Emma, largement excessifs, quel que soit le talent de celle ci, appelant au meurtre et à la sodomie de son enfant ? C’est ceci plus que ses oeuvres qui lui a valu d’être lâcher par pas mal de confrères.

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    • Répondu le 16 décembre 2022 à  17:13 :

      Qu’en savez-vous des raisons pour lesquelles certains de ses confrères l’ont lâché ? Vous êtes dans leurs têtes ? Il s’est excusé concernant ces posts et ce comportement de troll débile. Effectivement quand on se moque méchamment des autres ou qu’on fait des blagues de corps de garde entre potes, c’est mieux de ne pas laisser de traces écrites.

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  • Le cas Vivès
    17 décembre 2022 23:56, par Henri

    Je ne suis pas du tout intéressé par les albums de Vivès qui sont incriminés, je lui préfère Polina et le Corto Maltese par exemple. Il se trouve que j’ai eu l’occasion de lire sur le web La décharge mentale, je me suis arrêté à la 15ème planche tellement c’est affligeant, non seulement le scénario est tout simplement nul, mais le dessin l’est tout autant et totalement indigne du talent de l’auteur.

    Si je comprends bien, toute cette affaire tourne autour de, très, très mauvais albums. Personne n’a rien d’autres à faire ?

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    • Répondu par Milles Sabords le 18 décembre 2022 à  10:02 :

      Malheureusement Henri, il ne s’agit pas que d’albums ; vous trouverez sur le net, Twitter en particulier, divers propos de Vivès pas spécialement tendre avec la dessinatrice Emma, et des dérapages lesbophobe ou sur la pédophilie…

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      • Répondu le 18 décembre 2022 à  18:08 :

        Ah le Mille Sabords qui prend son pied à balancer sur son confrère plus célèbre et plus talentueux que lui. C’est ce qu’on appelle le coup de pied de l’âne.

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      • Répondu par jc99 le 20 décembre 2022 à  23:11 :

        Comment faites-vous pour concilier ce commentaire affligé ( légèrement teinté de morale, on imagine bien le ton un peu Oncle Paul, mais en plus didactique ) avec ce que vous écrivez sur Bukowski, tellement trash et anti-establishment ? Comment faites-vous pour parler ( et bien, en plus ) de Buk qui adorait la fesse et qui se foutait de tout ( je peux pas le citer ici, je suis sûr que j’aurais des problèmes vu l’ambiance actuelle ) , et pour dire en même temps ( j’imagine le soupir ) : " Eh oui, mon pauvre monsieur, Vivès a dérapé, s’il ne s’agissait que de ses albums... " ? " Pas spécialement tendre", voilà une formulation qui aurait plu au Buk... ( ça fait un peu 17e siècle, genre Mlle de Scudéry... ) Vous avez deux personnalités, ou quoi ?

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        • Répondu par Milles Sabords le 21 décembre 2022 à  07:02 :

          Déjà, on évite les amalgames entre les disciplines et les époques ; Vivès n’est pas Bukowski et le monde d’avant n’est pas celui d’aujourd’hui avec ce flicage par les réseaux sociaux. Je ne balance personne par jalousie et encore moins en faisant la morale (j’ai déjà assez à faire avec ma propre carrière), mais Henri semblait tombé de sa planète et je lui ai simplement fait remarqué que ce ne sont pas seulement les albums de Vivès qui dérangent, mais les propos qu’il a tenu. Quant au travail de Vivès, il met ce qu’il veut dans ses bouquins, c’est son problème, mais je fais toujours le distinguo entre une œuvre et les propos d’un auteur. Certes, il s’en excuse de les avoir tenu ou écrit à une certaine époque de sa vie. Mais voilà, quant on est aussi médiatisé que lui, les dérapages rejaillissent sur toute une profession. Déjà que l’on est pris pour des êtres "infantiles avec nos petits Mickeys", l’affaire Vivès ne va pas arranger notre image auprès des médias et de la grosse, très grosse majorité des gens qui ne lisent pas de BD. Et ce ne sont pas les personnalités récemment intronisées sous la coupole qui vont améliorer le statut d’auteur de BD et les conditions de nos contrats. Elle en a rien à fiche de la BD l’Académie Française.

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          • Répondu par jc99 le 21 décembre 2022 à  23:05 :

            Je ne fais pas d’amalgame, je compare. Pourquoi parler de "dérapages" ( très bien, le terme n’est pas moralisant, disons qu’il est juste subjectif ) d’un côté, et de trash un peu glamour de l’autre (Buk ) ? Justement, ce qui fait passer la BD dans l’âge adulte, c’est ce genre de comportement de rock star qu’a Vivès, un peu à la Lou Reed en quelque sorte... Le glamour de l’insolence mâtinée de crétinerie adolescente, en quelque sorte. Je caricature, mais est-ce qu’il n’y aurait pas, en plus, une sorte d’effet Streisand dans tout ça ? Quant au mythe du monde d’avant... Vous pensez vraiment que le flicage date d’hier ? Enfin, je comprends tout à fait que, de votre côté, vous ayez besoin de reconnaissance institutionnelle ; mais en tant que simple lecteur, ça ne me dérange pas que l’on pense que les BD et les mangas que je lis sont des crétineries. Il en a toujours été ainsi, et je me demande si de cette façon on n’évite pas une certaine forme d’académisme, à laquelle les arts "sérieux" n’échappent pas. Pour finir, je n’ai jamais dit que vous balanciez qui que ce soit par jalousie. Dans la mesure du possible, j’essaie d’éviter d’être insultant, mais si je n’ai pas été clair je m’en excuse sincèrement.

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            • Répondu par Milles Sabords le 22 décembre 2022 à  07:10 :

              Vous n’avez pas à vous excuser jc99, tout le monde donne son avis et c’est ce qui fait le sel du débat d’opinions. C’est plutôt le message immature de l’internaute du « 18 décembre à 18:08 » qui m’a poussé à répondre. Pour être très clair, je ne fais pas de la BD, et la plupart de mes collègues aussi, pour devenir célèbre. Nous ne sommes pas présentateurs, Youtubeurs, chanteurs ou comédiens, etc… et jouer la Rock Star ne cadre pas avec notre métier, ou alors, on fait du Rock avec un groupe. Par conséquent, je ne jalouse pas Vivès et je ne suis pas non plus à la recherche d’une quelconque reconnaissance institutionnelle. Notre reconnaissance vient du public ; soit notre travail fédère de « 7 à 77 ans », soit c’est la cata. Tout le reste n’est que brouhaha médiatique et éditorial. Perso, je ne roule pas sur l’or, mais j’ai de la chance, mes albums se vendent bien. Il ne faut pas oublier que Vivès a appelé au « meurtre » et au « viol », et même sur le ton de la fanfaronnade, il n’était plus un gamin pour dire n’importe quoi. Les mots ont un sens et un poids. Toute cette affaire ne grandit pas la BD, alors que plus de la moitié de la profession crève de faim. C’est là que se trouve la priorité de notre reconnaissance institutionnelle : de meilleures conditions de contrats. Il ne faut pas que la BD devienne la fabrique de crétins « géniaux » et autres freaks de la célébrité 2.0, mais demeure un espace de culture et de création abordable au plus grand nombre.

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              • Répondu par jc le 22 décembre 2022 à  12:32 :

                Merci de votre réponse, dans ce cas tout va bien. Je suis capable d’être agressif sur le net ( et d’utiliser un vocabulaire et des images rabelaisiens), mais je choisis mes cibles, et puis c’est toujours justifié. Avec les internautes intelligents, je préfère la discussion, et de loin.
                Les messages internet de Vivès posent un problème : étant donné qu’il les écrivait sous pseudo, il a dû être dénoncé. Par qui ? Et est-ce légal ? Je ne suis pas le seul à me poser la question. Ceci dit, c’est sûr qu’il ne faut pas être très fin pour laisser traîner ce genre de choses sur la toile, et que Vivès a joué avec le feu. C’était une cible facile. Concernant la reconnaissance de la BD, ne vous faites quand même pas trop d’illusions : très peu de mes collègues en lisent, et je pense qu’ils sont représentatifs de la frange cultivée de la population. Personnellement, je constate que les plus gros lecteurs de récits dessinés sont les jeunes, qui ne lisent quasiment que des mangas. Il en est plus d’un pour posséder une véritable culture dans ce domaine. Parmi eux, certains connaissent Lastman, de nom au moins. Je serais curieux de savoir qui lit encore de la BD européenne, celle avec laquelle j’ai grandi. Mais il me semble que même aux US, on constate une grosse érosion des comics au profit des mangas justement, et j’ai l’impression que le FB est touché également.

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                • Répondu par Milles Sabords le 22 décembre 2022 à  17:58 :

                  Il ne faut pas voir les ventes de BD seulement avec le prisme des obédiences ; comics, manga, franco-belge, etc, mais aussi avec celui des segments. Par exemple, le Western est un segment qui marche bien actuellement. Il n’y a donc aucune fatalité, juste des politiques d’investissements. En intellectualisant à outrance la BD, on en a perdu tout le pan aventureux qui en faisait le fil conducteur de séries grand public. Nous avons la chance en Europe de posséder une variété et une dynamique d’auteurs et autrices, qui enrichissent le médium BD. Ne laissons pas cette diversité, que l’on nous envie à travers le monde, disparaître pour des enjeux purement spéculatifs.

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                • Répondu par Michel Ferrandi le 22 décembre 2022 à  19:07 :

                  Une semaine après les excuses de Vivès, Milles Sabords continue à le calomnier en écrivant qu’il a lancé des "appels au meurtre et au viol", alors qu’il ne s’agissait en toute bonne foi que de propos stupides écrits sous couvert de plaisanteries bas du front. Et Milles Sabords, qui contrairement aux pétitionnaires se prétend auteur mais n’a pas le courage d’utiliser son vrai nom, d’enrober ça dans une espèce de croisade pour sauver l’image et la rémunération de ses confrères de la BD qu’il dépeint comme des héros désintéressés qui seraient entièrement dévoués à la cause des lecteurs de 7 à 77 ans. Cette attitude est tout simplement pathétique. Quelqu’un parlait de "coup de pied de l’âne", c’est exactement ça. Je crois que je préfère encore l’humour crétin de Vivès.

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                  • Répondu par Richard (Teljem) le 23 décembre 2022 à  13:57 :

                    Et qui, drapé dans son anonymat facile, veut remettre Rochette et Colonnier "à leur place" et crache sur Catherine Meurisse, Blutch et Pascal Hory. Quel courage !

                    Répondre à ce message

PAR Marlene AGIUS  
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