Le chanteur "M" empêtré dans un "concours de mépris"...

20 avril 2021 109 commentaires

CONCOURS. C’est un coup des marqueteurs ou une naïveté du chanteur lui-même ? Allez savoir... Le chanteur -M- et son équipe ont organisé ces derniers jours un concours dans lequel ils invitent les artistes parmi ses fans à illustrer un « song book ». Chouette, non ? Sauf que, le dessin doit être fait « bénévolement et sans contrepartie  » si ce n’est une merveilleuse ristourne de 30% pour acheter le livre en question, frais de port non compris bien sûr, un sou c’est un sou !

Les participants sont invités à envoyer l’ensemble de leurs créations -à leurs frais bien entendu- et le chanteur Matthieu Chedid, magnanime, choisira celles et ceux qui auront le PRIVILÈGE de figurer dans ce livre très sobrement intitulé "Le Suprême de -M-". La classe, non ? Pourquoi se plaindre et réclamer une quelconque rémunération alors que vous aurez peut-être la chance de figurer dans un livre exceptionnel qui fera date dans l’histoire des Arts graphiques, bande de culs-terreux ?

Il est mentionné explicitement dans le règlement du concours que chaque participant devra « signer un document stipulant que cette publication se fait à titre gracieux, que le producteur du songbook pourra se servir de ces œuvres à titre promotionnel par tout moyen qui lui convient et que le participant ne pourra prétendre à aucun rémunération, ni autre avantage (ni droit d’auteur) autre que ceux détaillés au paragraphe. » Ben tiens... On paierait les musiciens et pas les autres artistes-auteurs ?

Évidemment, les réactions ont fusé dans les réseaux sociaux. De nombreux auteurs et internautes ont réagi à cette polémique dont Boulet :

Un peu penaud, le staff du chanteur au look de Wolverine (a-t-il acquitté les droits à la Marvel ?) a présenté ses excuses et a prudemment décidé de mettre le concours en pause pour mieux rectifier le tir. Le chanteur, nous dit-on la main sur le cœur, n’aurait pas eu connaissance du règlement de ce concours et de ce que son équipe évoque comme un malencontreux « cafouilllage. »

C’est cela, oui...

FRsl & DP

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109 Messages :
  • Le chanteur "M" empêtré dans un "concours de mépris"...
    20 avril 20:41, par Laurent Colonnier

    A ne pas vouloir payer la création on se retrouve avec la pochette du dernier Eddy de Pretto https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/71fDqYM7VyL._SY355_.jpg

    ou l’affiche de Bobigny en """"hommage""" à la pauvre Gisèle Halimi qui n’en demandait pas tant
    https://www.yala-photo.com/medias/album/affiche-bobigny-halimi.jpg

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    • Répondu le 21 avril à  20:25 :

      Merci, M. Colonnier pour ce cours magistral. Apparemment vous en connaissez un rayon.

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      • Répondu par Auteur le 22 avril à  19:11 :

        Pourtant, lorsque l’on regarde la BD alternative, indépendante ou de roman-graphique, ces types de graphismes comme sur la pochette de disque ou sur l’affiche, n’y manquent pas. De toute façon, "M", ou sa boîte de com (qui a pondu ce recrutement), ne sont pas les seuls à demander du travail sans rémunération : combien de dessinateurs réalisent des planches de test, sachant qu’il ne seront pas payé par l’éditeur s’ils ne sont pas retenus ? Il y a de l’abus partout.

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        • Répondu le 23 avril à  07:28 :

          Les pages-test comme les manuscrits envoyés aux éditeurs ne sont jamais rémunérés. C’est vrai en littérature comme en bd.

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          • Répondu par Auteur le 23 avril à  21:28 :

            « Les pages-test ... ne sont jamais rémunérés. »

            C’est faux, j’ai été rémunéré pour des pages d’essai d’une BD chez Fleurus presse, également pour une BD-biographie chez un éditeur alors que je n’ai été retenu ni pour l’une ni pour l’autre. J’ai également refusé de faire des pages d’essai pour un projet venant d’un éditeur car il ne comptait par me payer pour ce travail fourni.

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            • Répondu par Li-An le 26 avril à  09:29 :

              Ces histoires de planches de test m’ont un peu déstabilisé. En fait, on ne réalise des planches de test que pour des travaux de commande - et c’est vrai que j’aurais pu demander dans ce cas-là (mais pas eu le réflexe). Mais un auteur BD ne fait pas de planche de test  : il propose un projet avec des planches pour exposer son approche graphique. La discussion est ici très ambiguë  :

              - pour une commande, il est légitime de demander une rémunération pour des essais
              - pour un projet personnel, les planches de présentation ne peuvent pas être considérées comme des "planches de test"

              Il me semble que la distinction est importante et les échanges ici prêtent à confusion.

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              • Répondu par Auteur le 26 avril à  17:26 :

                Il m’est déjà arriver de faire des planches d’essai sur demande de l’éditeur, de me voir refuser ma candidature et de ne pas pouvoir obtenir le paiement de mon travail, sous l’excuse que c’était justement des planches d’essai.

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          • Répondu par Auteur le 24 avril à  05:14 :

            Ne confondez pas tout, une page test n’a rien à voir avec un manuscrit dans la littérature. L’envoi d’un projet bd c’est l’équivalent d’un manuscrit. Une page test c’est autre chose : un éditeur repère votre graphisme à travers votre bibliographie et vous demande de réaliser gratuitement des planches pour voir ce que vous valez. Et la bibliographie, c’est fait pour faire beau ? Lorsque vous intégrez une entreprise, on vous rémunère vos mois d’essai. Il n’y a que dans la bd que tout est gratuit pour les éditeurs ; des pages tests c’est du travail, du temps, de l’investissement, souvent pour rien. C’est trop facile.

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            • Répondu le 24 avril à  07:54 :

              Eh oui la vie est dure. Mais non il n’y a pas que dans la BD qu’elle est dure. Lisez le Quai de Ouistreham de Florence Aubenas, vous en saurez davantage sur la France précaire.

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              • Répondu le 26 avril à  06:40 :

                Oui, on trouve toujours pire comme situation. Et vous voulez démontrer quoi ? Que n’aurait le droit de se plaindre que la personne la plus malheureuse du monde et que toutes les autres devraient se taire ?
                Les conditions des salariées décrites par Florence Aubenas feraient rêver les travailleuses en usines au Pakistan ou les esclaves aux Emirats.
                Il faut arrêter avec cet argument bidon qui légitime l’exploitation et la soumission sous prétexte qu’on fait pire ailleurs.

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                • Répondu par Edgar le 26 avril à  07:10 :

                  ça ne légitime rien du tout. Vous écrivez qu’il n’y a que dans la BD que tout est gratuit. C’est factuellement inexact. Il y a bien d’autres secteurs d’activités où le travail est mal ou pas du tout rémunéré.

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      • Répondu par Milles Sabords le 22 avril à  20:04 :

        Le chanteur De Pretto à lancé sur Twitter un concours de dessin à ses fans pour sa future pochette de disque, d’où le résultat que l’on voit. Pour Halimi, on a clairement voulu jouer sur des codes vintage en rapport avec le vote de la loi en 1975. Dans les deux cas, c’est à ceux qui recrutent d’être exigeant sur le résultat final. Certains titres de la collection Sociorama de Casterman en sont graphiquement très proches : La banlieue du 20 heures, Chantier interdit au public, Séducteurs de rue, Turbulences, etc... on dirait un concours de débutants sur un festival bd au fin fond de trifouillis-les-oies !

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        • Répondu le 23 avril à  07:23 :

          Tout ça est très subjectif. Il y a un monde entre un dessin minimaliste réussi et le travail de quelqu’un qui ne sait pas dessiner. Le truc remarquable dans cette histoire c’est que les gens qui entourent M ne considèrent pas le dessin comme un vrai travail, ouvrant droit à rémunération.

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          • Répondu le 24 avril à  16:24 :

            Il n’y a rien de subjectif. Il y a de plus en plus de gens dans la BD qui ne savent pas dessiner. Le "minimalisme" n’est pas un argument, car il y a de très bonnes BD minimalistes. Faut juste faire le tri.

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          • Répondu par Edgar le 24 avril à  17:10 :

            Ouais la vie est dure. Moi je me demande si je ne vais pas arrêter de faire de la Bd. Encore un ou deux bouquins et j’aurai fait le tour. L’an dernier j’ai signé pour un album de 100 pages et je suis payé 12000 euros. Soit 120 euros la page couleur. Je ne fais pas le scénario. C’est un tarif de roman graphique mais vu ce qu’on raconte, ce n’est pas un roman graphique, c’est une vraie BD avec des décors, plein de personnages, de l’action, des reconstitutions historiques en costumes etc. Bref chaque page, du découpage à l’encrage me prend 4 jours en comptant les aller-retours avec le scénariste et l’éditeur. Je fais en gros 2 pages par semaine donc. Si j’en faisais 3, je gagnerais l’équivalent d’un SMIC avant impôts mais je n’en fais que 2 ! Je gagnerais mieux ma vie si j’allais faire le ménage ou de la saisie informatique. De plus, vu le sujet du livre, si on en vend 5000, tout le monde sera content. Mais je ne toucherai pas un sou de plus. J’ai négocié pour avoir un peu plus mais pas beaucoup. En comptant mes 12000 et les 6000 que touche le scénariste, l’éditeur dit que ça fait une enveloppe au dessus de laquelle il perdrait trop d’argent sur le livre. Je pense qu’il dit vrai. C’est une économie ingrate. Bien sûr c’est gratifiant de publier des livres, mais ce n’est vraiment pas rentable. J’ai dépassé les 40 ans. Si je dois me reconvertir, c’est maintenant. Ou alors je fais prof de dessin à mi-temps et je continue la Bd en allant 2 fois moins vite. J’aimerais continuer car c’est une passion mais j’aimerais aussi pouvoir payer des vacances à mes enfants. Donc faut voir, mais oui c’est dur !

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            • Répondu par JCD le 25 avril à  03:49 :

              Le seul fautif c’est vous. Pourquoi signer un tel contrat ? Il faut avoir du respect pour soi et pour son travail, sinon comment voulez-vous qu’on vous respecte ? Il faut négocier un contrat, ses termes et les montants, et si au terme de cette négociation ses modalités ne vous conviennent pas il ne faut pas signer. Si l’éditeur tient au projet il fera un effort, s’il s’en fout il ne défendra pas le bouquin et vous serez déçu des ventes. Si vous n’arrivez pas à convaincre un éditeur, quelque soit la qualité du projet, passez à un autre projet, celui-ci est trop mal parti. D’une manière générale si les revenus de votre travail ne vous permettent pas d’en vivre normalement, c’est que vous avez fait un mauvais choix. Signer un ou deux livres supplémentaires selon les mêmes modalités ne fera que vous dégoûter d’avantage du métier, ce n’est pas une solution. Négociez correctement vos contrats, donnez de la valeur à votre travail, pour vous-même et pour l’ensemble de la profession, ne serait-ce que par amour propre. Venir se plaindre anonymement sur le net après avoir signé ne sert à rien, c’est avant de signer qu’il faut se poser des questions.

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              • Répondu par kyle william le 25 avril à  10:16 :

                Je ne crois pas que ce monsieur Edgar ait posté ce témoignage pour le plaisir de se plaindre. Son texte est très révélateur de la réalité du métier. 12000 euros pour 100 pages est un prix tel que le pratiquent les grands éditeurs aujourd’hui. Sur un roman graphique, l’enveloppe ne dépassera jamais les 20000 ou environ, pour un ouvrage qui ne dépassera jamais les 10000 ventes. Payer plus n’est pas dans les plans des éditeurs car la norme est de rentabiliser au maximum chaque livre. Notre ami précise qu’il a obtenu ce tarif après ré-négociation. Refuser de faire ce livre, c’est refuser de faire son métier et rester au chômage, qui rappelons-le n’est pas rémunéré ! Tout l’enjeu pour Edgar, c’est d’arriver à dessiner 3 pages par semaine au lieu de 2. Ou effectivement donner des cours de dessin à temps partiel. Son témoignage est révélateur d’une réalité ordinaire. Il y a pire. Un jeune auteur très talentueux que je connais vient de faire un 200 pages en couleur directe pour 10000 euros. Je lui ai dit que c’était folie d’accepter mais il l’a fait quand même.

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              • Répondu le 25 avril à  10:23 :

                Mais les revenus du travail d’un dessinateur de Bd ne permettent JAMAIS d’en vivre normalement. C’est une vue de l’esprit. Ça n’a jamais existé. Ou alors dans les années 60, à l’époque des prépublications dans la grande presse. Aujourd’hui personne ne vous paiera le SMIC pour faire de la Bd. Les dessinateurs peuvent en vivre s’ils vendent beaucoup d’albums, autrement c’est de la survie à la petite semaine, en dessinant le plus vite possible et sans indemnités chômage entre deux albums. Ce que raconte Edgar est super banal.

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                • Répondu par auteur le 25 avril à  20:04 :

                  Il ne faut pas exagérer, on peut en vivre, c’est juste que les parts du gâteau sont mal réparties. Un éditeur c’est minimum Bac+5. Vous croyez qu’on le paye avec des cacahuètes ? Sans compter dans certaines boîtes, les voyages commerciaux à l’étranger pour négocier licences et contrats, aux frais de la princesse.

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                  • Répondu le 26 avril à  07:29 :

                    Un éditeur c’est Bac+5 ? D’ou sortez-vous cette ineptie ? De nos jours, de plus en plus d’éditeurs sont freelance, et même s’ils sont mieux payés que les dessinateurs, ils peuvent dégager au premier album mal vendu. Le salariat fout le camp, et la précarité gagne partout.

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                    • Répondu par auteur le 26 avril à  09:48 :

                      Visiblement, on ne fréquente pas les mêmes éditeurs. Ben ouais, Bac+5, voir, statut cadre.

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                  • Répondu par Auteur le 26 avril à  10:58 :

                    Un éditeur c’est minimum Bac+5.

                    Je ne connais aucun éditeur à BAC+5, ou alors ils le cachent très très très très bien.

                    (et figurez-vous qu’il y a des auteurs qui ont fait des études... si si si...)

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                  • Répondu le 26 avril à  15:11 :

                    c’est juste que les parts du gâteau sont mal réparties. Un éditeur c’est minimum Bac+5. Vous croyez qu’on le paye avec des cacahuètes ?

                    Vous sous-entendez que les auteurs eux n’ont pas fait d’études et qu’on peut les payer avec des cacahuètes... Vous vous trompez.

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                • Répondu par Auteur le 26 avril à  10:56 :

                  « Mais les revenus du travail d’un dessinateur de Bd ne permettent JAMAIS d’en vivre normalement. »

                  C’est faux, il y a plein d’auteurs et de dessinateurs de BD qui en vivent normalement, voire bien, voire très bien. Si la moitié des auteurs ont un revenu en dessous du SMIC, ça veut dire que l’autre moitié est au dessus du SMIC. Dans la moitié en dessous il y a plein de débutants, d’alternatifs, d’underground, ça gonfle les chiffres, mais les professionnels installés qui ont un ou plusieurs éditeurs et qui publient régulièrement gagnent de quoi vivre (sauf exceptions).

                  Accepter des contrats qui ne permettent pas de vivre de son travail, c’est tirer une balle dans le pied de l’ensemble de la profession.

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                  • Répondu le 26 avril à  12:24 :

                    Je maintiens : les revenus du travail d’un dessinateur de BD ne lui permettent pas d’en vivre normalement. Ce sont les revenus des ventes de ses albums qui lui permettent éventuellement de gagner sa vie. Les auteurs dont vous parlez qui en vivent normalement, voire bien, voire très bien, sont une toute petite minorité d’auteurs mainstream bons et gros vendeurs. Bien moins que la moitié. La majorité vit à peine au-dessus du seuil de pauvreté, notamment parce qu’ils ne touchent pas un sou entre deux contrats. Le tarif payé à Edgar est effectivement dans la moyenne du marché en ce qui concerne le roman graphique. La BD grand-public est mieux payée. Par ailleurs, quand on a une famille à nourrir, on se soucie assez peu de l’ensemble de la profession, surtout si, comme vous le sous-entendez, elle n’a pas tant que ça de raisons de se plaindre.

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                    • Répondu par Auteur-trice le 26 avril à  13:40 :

                      « Je maintiens : les revenus du travail d’un dessinateur de BD ne lui permettent pas d’en vivre normalement. Ce sont les revenus des ventes de ses albums qui lui permettent éventuellement de gagner sa vie. »

                      C’est un sophisme, qu’y-a-t-il dans l’album si ce n’est le travail du dessinateur ? C’est bien le travail du dessinateur qui lui rapporte de quoi vivre.

                      Ou alors "ce n’est le travail d’un dessinateur de BD qui lui permet de vivre normalement. Ce sont les revenus des ventes de ses dessins !". C’est aussi con.

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                      • Répondu le 26 avril à  20:42 :

                        Mais non, par travail j’entends le temps de travail du dessinateur. C’est lui qui est rémunéré par son avaloir. Le fruit de ses ventes, ce sont des royalties, ça n’a rien à voir. Ce n’est pas un sophisme, c’est un malentendu sur le sens du mot "travail" que j’ai utilisé de façon imprécise.

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                        • Répondu le 27 avril à  07:47 :

                          L’à-valoir est un acompte sur les ventes estimées d’un livre. L’à-valoir ne rémunère pas le travail de l’auteur.
                          Si un auteur ne rend pas son ouvrage, l’éditeur est en droit de lui demander le remboursement de son à-valoir.
                          Ce qui est pervers dans le remboursement d’un à-valoir : l’auteur devra rendre plus d’argent que ce qu’il a réellement perçu parce qu’il aura dû en déduire des charges sociales (URSSAF/IRCEC). Ces charges ne lui seront pas remboursées par ces organismes mais il devra rendre l’équivalent de leur montant à son éditeur quand même.

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                          • Répondu le 27 avril à  09:23 :

                            C’est exact : L’à-valoir est un acompte sur les ventes estimées d’un livre. le véritable scandale est que le travail de l’auteur n’est PAS DU TOUT rémunéré, jamais. Mais de facto, l’à-valoir permet de financer la période pendant laquelle l’auteur réalise le livre. Ce n’est pas un salaire, même s’il paye des charges dessus, mais c’est ce qui lui permet de vivre. L’éditeur a intérêt à ce que l’auteur ait les moyens de vivre pendant le temps qu’il consacre au livre. L’à-valoir sert à ça.

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              • Répondu par Edgar le 25 avril à  10:42 :

                Bien sûr le fautif c’est moi. Je précise que j’ai renégocié. A l’origine l’éditeur me proposait 10 000. J’ai obtenu 12. Le fautif c’est sûrement moi comme vous dites, sauf que deux autres éditeurs étaient OK pour faire l’album mais proposaient encore moins. Avec mon scénariste on a accepté parce qu’on a envie que ce livre existe, et qu’il n’y a pas moyen d’obtenir plus pour le faire. C’est le prix du marché. Par ailleurs, si je refuse tous les projets, je ne fais plus de Bd, c’est aussi simple que ça. Là, si j’arrive à dessiner plus vite, c’est vivable. C’est le SMIC, quoi, comme des millions de gens. J’ai raconté ma vie ici pour prévenir les petits jeunes ou ceux qui viennent du dessin animé et vont tomber de haut en voyant combien on est payés dans la Bd.

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              • Répondu le 25 avril à  17:30 :

                « Donnez de la valeur à votre travail », « respectez-vous » c’est un beau baratin ultra-libéral, ça. Allez dire ça aux millions de travailleurs pauvres dans le monde, pas seulement les artistes, les salariés d’Amazon par exemple, « respectez-vous un peu mon vieux ». Ce serait drôle si la situation de ces gens-là n’était pas à pleurer.

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              • Répondu le 26 avril à  06:44 :

                On dirait les propos d’un DRH.
                Rejeter la faute sur l’individu plutôt que sur le système économique qui permet ces abus. C’est très néolibéral, ça.

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            • Répondu par Auteur le 25 avril à  10:12 :

              En comptant mes 12000 et les 6000 que touche le scénariste, l’éditeur dit que ça fait une enveloppe au dessus de laquelle il perdrait trop d’argent sur le livre.

              Son boulot à l’éditeur c’est de les vendre les livres. S’il ne sait pas le faire il faut qu’il change de métier, il ne doit pas faire porter le coût financier de son incompétence à vendre des livres sur les auteurs. Les auteurs font leur boulot, ils doivent être payés en conséquence, si l’éditeur estime que le livre n’aura aucun chance commerciale, qu’il ne l’édite pas, c’est ça son rôle. Dans votre contrat, avez-vous exigé ou stipulé un budget marketing pour qu’il y ait de la com et de la pub autour de votre livre à sa sortie ? Y-a-t-il un placement en librairie et grandes surfaces culturelles digne de ce nom ? Si ce n’est pas le cas, votre livre n’a aucune chance et vous ne bossez pour rien. Être auteur c’est être professionnel, non seulement dans l’écriture et le dessin mais aussi (surtout) dans la gestion de son œuvre, et il faut choisir le bon partenaire comme éditeur, celui qui va défendre votre œuvre et la vendre, c’est encore plus important que le choix d’un dessinateur, d’un scénariste ou d’un coloriste. C’est à l’auteur d’être exigeant avec son éditeur, pas l’inverse, vous n’êtes pas son employé, il est un partenaire commercial.

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              • Répondu par Edgar le 25 avril à  19:35 :

                Je précise que je suis chez un assez gros éditeur même si ce n’est pas un des trois grands groupes.Évidemment que le contrat stipule que l’éditeur fera la meilleure promotion de l’ouvrage. J’insiste toujours sur ce point. Je vérifie toujours avant qui est l’attachée de presse. Bien sûr que non, mon album ne sera pas vendu en grandes surfaces. Aucun de mes albums ne l’a été et je ne le souhaite même pas. Les grandes surfaces ne vendent que des Bd médiocres ou ultra-commerciales. Ce n’est pas du tout la cible des albums que je fais. Bien entendu que je considère mon éditeur comme un partenaire et rien d’autre. Manquerait plus que ce soit mon patron !

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                • Répondu par Auteur le 26 avril à  07:17 :

                  Bien sûr que non, mon album ne sera pas vendu en grandes surfaces. Aucun de mes albums ne l’a été et je ne le souhaite même pas.

                  Les grandes surfaces CULTURELLES (la Fnac, Furet du Nord, Cultura, Leclerc culture etc...), pas Deleze ou Franprix. Si vous ne lisez pas mieux vos contrats que les commentaires, il y a de mauvaises surprises à attendre...

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                  • Répondu par Edgar le 26 avril à  07:33 :

                    La Fnac fonctionne comme n’importe quel hypermarché. Je le sais, j’y ai travaillé. Elle ne met en place que les best-sellers, les soi-disants "coup de coeur Fnac" sont payés par les éditeurs, les "petits" albums sont remballés et retournés au bout de 15 jours. Ma carrière ne s’est faite que chez les libraires indépendants, je ne compte pas une seconde sur les grandes surfaces, culturelles ou pas.

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                    • Répondu par auteur le 26 avril à  09:46 :

                      Complètement d’accord avec Edgar. J’ai également bossé pour la Fnac à mi-temps (obligé, l’éditeur ne donnait pas un bon prix de planche), et très franchement, ce sont les grosses pointures qui sont mise en avant. Je ne compte même plus le nombre de palette que j’ai du mettre en rayon avec le dernier truc à la mode du moment (à l’époque c’était un album du Chat), ou Thorgal, ou la bd tendance poussé par l’attaché de presse et l’éditeur. Autant dire que les nouveautés, surtout lorsque c’était un premier album, ne restaient pas longtemps en rayon. Si au bout de 3-5 jours les exemplaires avaient du mal à partir, c’était retour au diffuseur. Le monde de l’édition n’est pas très transparent, il serait temps d’ouvrir les yeux.

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                      • Répondu par Auteur-trice le 26 avril à  13:29 :

                        « Autant dire que les nouveautés, surtout lorsque c’était un premier album, ne restaient pas longtemps en rayon. Si au bout de 3-5 jours les exemplaires avaient du mal à partir, c’était retour au diffuseur. »

                        Mon premier album (qui ne s’est pas bien vendu) en 2010 a été disponible plus de deux mois dans la plupart des Fnac de Paris (j’allais vérifier), et ce n’était pas chez un gros éditeur.

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                        • Répondu par auteur le 27 avril à  05:19 :

                          Vous avez eu de la chance, mais ça n’est pas la norme...

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                    • Répondu par Auteur le 26 avril à  10:48 :

                      La Fnac fonctionne comme n’importe quel hypermarché.... Elle ne met en place que les best-seller

                      C’est totalement faux, on n’y trouve tous genres de BD, même les plus petits éditeurs et les auto-édités (s’ils ont un distributeur, type Macassar). C’est pas parce que vous livres ne se vendent pas (assez à votre goût) qu’il faut écrire n’importe quoi.

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                      • Répondu le 26 avril à  12:47 :

                        C’est vous qui dites des bêtises. La Fnac que vous décrivez chez qui on trouvait absolument TOUS les livres disponibles n’existe plus depuis 20 ans. Depuis l’avénement d’Amazon, et la création de Fnac.com pour essayer de rivaliser, les magasins ne présentent en rayon qu’une portion congrue de la production, en favorisant très fortement les gros vendeurs. Les petits éditeurs et les indépendants sont très mal diffusés en Fnac. Et quand vous demandez un titre au vendeur, il ne vous propose même pas de le commander, il vous renvoie sur Fnac.com.

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                      • Répondu le 26 avril à  17:56 :

                        C’est totalement vrai au contraire. La Fnac n’est plus une librairie digne de ce nom, et depuis très longtemps. Elle ne fait que servir la soupe aux gros vendeurs. ça n’a fait qu’empirer avec la présidence d’Alexandre Bompard. Et le rachat de Darty n’a fait que confirmer cette tendance. On est dans la grande distribution, plus du tout dans la vocation d’origine de la Fnac.

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                    • Répondu par Bah dis-donc le 26 avril à  16:55 :

                      Ma carrière ne s’est faite que chez les libraires indépendants

                      Si vous ne visez qu’un lectorat underground, il ne faut pas vous plaindre de ne pas gagner votre vie, c’est un choix de vie et de carrière.

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                      • Répondu le 26 avril à  20:39 :

                        Ce n’est pas parce que vous êtes diffusé chez les libraires indépendants que vous êtes underground. Les grandes surfaces ne diffusent qu’une toute petite proportion de la production. Ce sont les libraires indépendants qui reflètent l’ensemble de la production de livres.

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                • Répondu le 27 avril à  07:17 :

                  "Les grandes surfaces ne vendent que des Bd médiocres ou ultra-commerciales." Ahhh, nous y voilà, l’Auteur a parlé, il sait ce que les lecteurs aiment ou n’aiment pas, il sait qu’il fait des albums fantastiques qui ne se vendent pas, quand les gueux lisent de le merdasse. Quand des génies comme Goscinny, Franquin et Giraud ont réussi à vendre des millions d’exemplaires d’albums, on arrête de croire que les bds commerciales sont médiocres et on retourne à sa planche à dessin ou devant sa Cintiq pour essayer d’être à leur hauteur, plutôt que de vouloir plaire à une minuscule frange du lectorat, c’est aussi ça le talent, faire de la qualité pour le plus grand nombre. Et ça n’est pas si simple, la preuve.

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                  • Répondu le 27 avril à  09:17 :

                    Vous y êtes allé vous dans les grandes surfaces voir les BD qu’ils vendent ? Il est loin le temps de la BD grand public de qualité, celle des Goscinny, Franquin et Giraud. Les grandes surfaces mettent en avant de la BD ultra-formatée réalisée par des tâcherons sous-payés. Je pourrais citer le nom des éditeurs qui produisent cette matière première du même niveau que la sous-culture proposée par les grandes chaînes de télé commerciales, mais tout le monde les connaît. Il ne s’agit pas de mépriser le grand public, celui que vous appelez gentiment les "gueux", mais de constater que mallheureusement, on lui vend généralement de la daube.

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                    • Répondu le 27 avril à  11:29 :

                      La bd "ultra-formatée" comme vous dîtes, n’est pas faîte pas des tâcherons sous-payés, au contraire, on en trouve de moins en moins des auteurs mainstreams, et ils sont plutôt bien payés par rapport à la majorité des auteurs qui font des romans graphiques au forfait. S’il n’y avait pas de lecteurs, ils ne seraient pas aussi bien payés, c’est donc que des gens aiment ce que vous vomissez, comme tous ceux qui crachaient leur haine sur les anciens gros vendeurs grands publics, avant qu’ils ne deviennent des auteurs cultes.

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                      • Répondu le 27 avril à  11:49 :

                        Bien sûr que des gens aiment ces bd ultra-marketées vendues en grandes surfaces. Des tas de gens regardent TF1 aussi, ça ne veut pas dire pour autant que c’est de la qualité. Et au passage, les auteurs de ces bd destinées à la grande distribution sont aussi mal payés que les autres, voire pire.

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                        • Répondu le 27 avril à  12:36 :

                          Pas tous, je suis bien placé pour le savoir, je refuse du travail, mais oui, je fais de la série, celle que vous détestez.

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                        • Répondu le 27 avril à  13:05 :

                          Tous les romans graphiques ne sont pas de qualité non plus, cet élitisme à deux balles est en train de pourrir notre métier, il y a du bon et du mauvais dans tous les styles. Les opposer aussi naïvement est stupide. Ce milieu est en train de se saborder tout seul, sous le regard des éditeurs qui n’attendent que ça pour nous proposer encore plus de mauvaises conditions. Si des gens aiment lire des bds divertissantes, je ne vois pas en quoi ça vous dérange. Et je me rends compte que ceux qui lisent des bds mainstreams et des romans graphiques sont souvent plus ouverts d’esprits que ceux qui veulent imposer leurs goûts.

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                          • Répondu le 27 avril à  13:54 :

                            Absolument y a du bon et du mauvais dans les albums tradis comme dans les romans graphiques. Surtout du mauvais. Les bons livres sont rares. Mais même pour faire un mauvais livre, les auteurs devraient avoir de quoi vivre pendant qu’ils dessinent.

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                            • Répondu le 27 avril à  15:43 :

                              Les goûts des uns, les avis des autres, il n’y a rien de plus difficile que le jugement du travail d’un créateur. Il y a les modes, les critères d’évaluations, les intérêts communs ou divergents. Qu’est-ce qui est bon, laid, mauvais ou génial ? Un livre jugé bon aujourd’hui le restera-t’il ? Certaines bds qui auraient du disparaître dans le flot des sorties sont devenues des classiques, d’autres qui ont été encensées à un instant T sont rangées aux oubliettes. Tout ça est tellement aléatoire et subjectif. Si nous étions rémunérés pour notre temps de travail, et pas sur des droits d’auteurs rapportés à un prix de vente du livre, que nous ne connaissons pas par avance d’ailleurs, donc si nos créations n’étaient pas totalement dépendantes du fruit de la vente de nos livres, nous pourrions plus facilement voir venir et prendre du recul sur nos projets. Là, roman graphique, mainstreams pour TF1, humour, SF, fantastique, tout ce que vous voulez, c’est tu vends, tu existes, tu ne vends pas et bien tu as intérêt à faire partie de la short list des intouchables collés-serrés à Angoulême, sinon, tchao, tcaho.

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              • Répondu par Kyle William le 25 avril à  19:46 :

                Un éditeur rend le livre public. C’est le travail du diffuseur de le vendre. Qu’un livre se vende ou pas ne dépend pas seulement de la compétence ou de l’incompétence de l’éditeur. Il y a énormément d’autres facteurs. Tous les éditeurs, même les plus compétents, se prennent davantage de bides que de succès. C’est l’argent rapporté par les succès qui permet de financer les bides. Donc signer un contrat est une prise de risque pour les deux partis. Par ailleurs certains livres excellents ont des objectifs de vente forcément modestes. Tout ne va pas intéresser un large public. En littérature, un succès de librairie c’est 5000 ventes. En bd aussi, mais la bd coûte plus cher à produire que le roman. Il y a 2 voire 3 auteurs à payer, c’est pour ça que c’est dur. Les éditeurs ne sont pas forcément tous d’affreux capitalistes. En général les plus honnêtes sont les moins riches. Ils auront sincèrement du mal à vous donner un bon à valoir, parce qu’ils sont souvent eux-mêmes dans le rouge.C’est comme ça qu’on se retrouve pour la plupart au Smig voire en dessous.

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              • Répondu par Auteur du secteur indépendant le 25 avril à  19:59 :

                Tout ça c’est très facile à dire, de se respecter, de respecter son travail et de dire non aux conditions quant on est pas d’accord. Seulement voilà, si vous commencez à re-négocier les contrats, à tout remettre en cause, non seulement vous n’êtes pas pris, mais en plus vous passez dans la profession pour un emmerdeur de première ! Allez vous trouvez un contrat avec une telle réputation ! Il faudra qu’un jour ou l’autre sur ce forum, on comprenne que les éditeurs ont le pouvoir, la loi pour eux (n’en déplaise à certains), et que ce sont très souvent des marchands de papier comme l’étaient avant eux des imprimeurs devenus éditeurs. Tant qu’un législateur ne se penchera pas sur la question du statut d’auteur, sérieusement, la dégradation du métier va empirer jusqu’à l’éclatement de cette bulle commerciale que représente la BD dans le secteur du livre.

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                • Répondu par Kyle William le 26 avril à  07:16 :

                  Oui, toute la difficulté consiste à négocier sans passer pour un emmerdeur, simplement en arrivant à intéresser l’éditeur à la faisabilité de l’album dans un temps imparti : s’il vous paye très en dessous du Smig, vous serez obligé de bosser en même temps à côté pour survivre et ça ralentira la réalisation de l’album. L’éditeur peut être sensible à cet argument et comprendre qu’il doit financer la période de travail de l’auteur. Bien entendu, c’est plus facile de négocier ses conditions quand votre précédent album s’est vendu à 10000 exemplaires plutôt que 2000. Quand à un changement de pratiques et de statut de l’auteur par la loi, je n’y crois pas trop dans l’immédiat. Défendre les créateurs ne fait pas partie des préoccupations des gouvernements qui se succèdent en France, et c’est mal parti pour changer.

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                  • Répondu par Bill Bracco le 26 avril à  07:46 :

                    Moi je lis à peine mes contrats. Je m’en fous. Je regarde combien je suis payé, c’est tout ce qui m’intéresse. Je ne descends jamais en dessous de 100 euros la page type manga en noir et blanc. Je dessine sur petit format, pas plus de 5 images par page. S’ils veulent de la couleur, c’est plus cher. Je travaille vite, je ne me prends pas la tête et je ne m’attache pas trop à mon éditeur. En général, ils se font virer très vite. Les maisons d’édition restent les mêmes mais le personnel défile. Il n’a aucune importance pour eux, pas plus que nous les dessinateurs. C’est un business qui broie les gens et notamment les artistes. On peut y survivre mais il ne faut pas prendre tout ça trop au sérieux. On ne fait que passer.

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                    • Répondu par auteur le 26 avril à  09:29 :

                      Complètement d’accord avec Bill Bracco et Kyle Williams. Cependant, je nuance. Ce qu’il restera de nous après notre passage sur terre, c’est l’ensemble de notre œuvre. Certains s’en fiche de la qualité de leur travail, moi pas. Ne serait-ce que par respect du lectorat qui nous suit. Une fois de plus, l’industrialisation du métier juste pour plaire aux investisseurs, ou pour entretenir le train de vie des éditeurs, ne doit pas se faire au détriment de nos existences, de notre création et de ce que nous sommes à la base, des artisans du verbe et du trait.

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                      • Répondu le 26 avril à  12:41 :

                        Oui moi je comprends ce qu’exprime Bill Bracco. Même s’il est plus cynique, probablement plus jeune et plus rapide que moi comme dessinateur. Mais je comprends qu’on se blinde comme il le fait et qu’on se retranche derrière son pur professionnalisme. ça ne veut pas pour autant dire qu’on va bâcler ou dessiner n’importe comment. Le plaisir de faire de belles choses, ça compte même quand on est peu payé. Quant à laisser une trace de son oeuvre après sa mort, encore faut-il que ses bouquins restent disponibles, soient réédités etc. Donc il faut avoir un certain succès. Dans le cas contraire, les livres sont pilonnés et c’est comme si vous n’aviez jamais existé. Restent deux options : tout mettre en ligne sur internet ou s’en foutre parce que une fois mort, de toute façon, rien n’a plus d’importance.

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                        • Répondu par auteur le 27 avril à  05:43 :

                          Faux, Internet conserve et met à disposition gratuite notre travail, même après notre mort. Facebook, à terme, est déjà considéré comme le plus grand cimetière virtuel...

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                          • Répondu le 27 avril à  08:12 :

                            C’est bien ce que je dis, faut tout mettre en ligne avant sa mort, mais encore une fois, une fois mort, on se fiche un peu de sa postérité.

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                    • Répondu le 26 avril à  11:02 :

                      Quel dommage de ne pas connaitre les noms de tous ces formidables auteurs anonymes qui témoignent, parce que ça sent souvent le fake.

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                      • Répondu le 26 avril à  12:50 :

                        Je ne crois pas que Edgar soit un fake. D’ailleurs je crois que je l’ai identifié haha ! Mais je ne vais pas dire qui c’est. Si les auteurs signaient ici de leur vrais noms, on aurait droit à une jolie langue de bois pour ne surtout pas se griller avec leurs éditeurs. C’est humain.

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                        • Répondu par auteur le 27 avril à  05:34 :

                          Tout à fait, mettre son véritable nom d’auteur ici pour dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas, c’est se griller définitivement dans la profession ! Les éditeurs n’aiment pas la vérité et encore moins les têtes qui dépassent. Dans un métier où le piston des réseaux fait la différence pour décrocher des contrats, vaut mieux la fermer. Cette omerta est parfaitement délétère. La Ligue des Auteurs Professionnels a mis au point un contrat d’édition plus juste, avec 10% de droits et non pas 8. Mais comme ce contrat n’a pas été validé par le SNE, autant dire qu’il n’a aucune force de négociation devant un éditeur...

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      • Répondu le 26 avril à  11:03 :

        Vous noterez comme même que c’est le seul auteur qui signe de son nom ici.

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  • Le chanteur "M" empêtré dans un "concours de mépris"...
    26 avril 21:10, par Laurent Colonnier

    Dans ces commentaires on a de beaux exemples de l’uberisation du métier. Ces auteurs anonymes, en acceptant des conditions inacceptables font le jeu des éditeurs et tirent l’ensemble de la corporation vers le bas.

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    • Répondu le 27 avril à  08:15 :

      Ces conditions inacceptables sont devenues la norme en ce qui concerne les romans graphiques. Que proposez-vous ? Refuser et vivre du RSA ? Arrêter la Bd ? Vous-même où en êtes-vous ?

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      • Répondu le 27 avril à  10:27 :

        Ce n’est pas une uberisation, puisqu’il n’existait pas précédemment de statut de salarié. C’est une précarisation. C’est la disparition progressive de l’album de 46 pages couleur payé 400 euros la page.
        Aujourd’hui, la BD s’industrialise et la norme devient des volumes de 100 à 200 pages, payés 100 euros la page. Ce qui est à peu près le tarif payé aux USA pour les comics, en Italie pour les fumetti et au Japon pour les manga (en fait au Japon, c’est moins). C’est un phénomène mondial. Il est impossible pour un éditeur de payer 400 euros la page pour un volume de 100 pages. Avec un à-valoir de 40 000 euros pour le dessinateur seul, le compte d’exploitation du livre est intenable : il faudrait que chaque livre se vende à 20 000 exemplaires pour rembourser les frais. C’est impossible. C’est aussi en un sens la faute du public. Les habitudes de lecture ont changé. Les gens veulent plus de pages. lls ne sont plus prêts à payer 12 ou 15 euros pour lire seulement 46 pages. L’album franco-belge traditionnel disparaît. Les dessinateurs et trices européens doivent s’adapter ou mourir. Leurs homologues étrangers, américains, italiens, japonais dessinent plus vite, font moins de vignettes par page, davantage de gros plans, moins de décors. Ils sont déjà passés à l’âge industriel.

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        • Répondu le 27 avril à  12:16 :

          Ce n’est pas une uberisation, puisqu’il n’existait pas précédemment de statut de salarié.

          Faux, les dessinateurs de PIF (et Vaillant) de Pilote etc... étaient salariés, avec carte de presse alors qu’ils faisaient bien de la bande dessinée, c’est la disparition de la presse qui a entrainé cette uberisation des auteurs de BD. Auparavant les auteurs sortaient en livres des BD dont la création avait déjà été payé en salaire, les droits d’auteurs sur les ventes étaient un bonus, des royalties sur le travail déjà réalisé.

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          • Répondu le 27 avril à  12:29 :

            Oui. Pif, Vaillant, Pilote c’était il y a 60 ans, dans les années 60. C’est fini depuis longtemps. Les derniers auteurs salariés sont les quelques rares pigistes qui restent à Fluide Glacial. Mais depuis au moins 15 ans, les nouveaux dessinateurs qui travaillent là-bas ne sont plus salariés.

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            • Répondu le 27 avril à  15:42 :

              Donc C’est bien une uberisation, puisqu’il existait précédemment un statut de salarié pour les auteurs de BD.

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              • Répondu le 28 avril à  07:45 :

                C’est ça, et ça n’était pas il y a 60 ans, jusqu’à la fin des années 80 de nombreux auteurs étaient salariés de leur maison d’édition. D’ailleurs beaucoup d’auteurs à la retraite actuellement ne se plaignent pas du montant de leur pension basé sur des revenues et des cotisations partagées tout à fait corrects à l’époque. Les ventes par titre étaient plus élevées, mais le CA global de la BD beaucoup plus bas. Le ruissellement s’est donc encore une fois fait vers le haut, toujours plus haut.

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                • Répondu le 28 avril à  08:58 :

                  Jusqu’à la fin des années 80, des auteurs salariés ? Vous réécrivez l’histoire.

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                  • Répondu le 28 avril à  10:43 :

                    Peu importe que ça fasse 40 ans ou 60 ans. Le salariat n’existe plus chez les auteurs. Il disparaît aussi chez les éditeurs et les attaché.es de presse, de plus en plus souvent externalisés.

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                  • Répondu le 28 avril à  14:45 :

                    Pas du tout, renseignez-vous.

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                    • Répondu le 28 avril à  15:00 :

                      Je n’ai pas besoin de me renseigner. Je travaille chez un éditeur. Aucun auteur n’est salarié. L’attachée de presse est free-lance. Sur les 5,éditeurs, 2 sont en cdi, les 3 autres sont externes et bossent au coup par coup. Les assistants d’édition sont des cdd ou des stagiaires qui défilent. Il reste quelques cdi à la fab et à la compta, mais pas sûr qu’ils seront remplacés par des cdi une fois à la retraite. L’actionnaire préfère externaliser que payer des charges sociales.

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                      • Répondu le 29 avril à  08:14 :

                        Je ne parle pas de maintenant, évidemment, aucun auteur n’est salarié, jusque là, nous sommes d’accord, mais demandez si certains auteurs historiques chez Dargaud, Dupuis, Casterman, Glénat etc, n’étaient pas salariés jusque dans les années 80. Et d’autres, encore aujourd’hui, sont en fixe sur tous leurs contrats. Chaque auteur est un cas à part, vous le savez bien puisque vous êtes éditeur externe chez un éditeur, un jeune éditeur d’ailleurs si je ne me trompe pas.

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                        • Répondu le 29 avril à  14:11 :

                          Je ne suis pas un jeune éditeur, j’ai 25 ans de métier. Certains de nos auteurs sont bien payés (de mon point de vue) parce qu’ils ont renégocié leurs droits après de bonnes ventes. Aucun ne bénéficie d’un salaire fixe, même parmi les plus anciens. Il n’existe pas non plus de contrat d’exclusivité. Les auteurs sont libres d’aller publier ailleurs. J’essaye de proposer aux auteurs que je signe des conditions qui leur permettent de travailler dans des conditions décentes. Il est évidemment impossible de payer autrement qu’au forfait un volume comportant beaucoup de pages. Mais il est impossible de faire un cas général. J’ai des auteurs qui vont livrer 4 pages par mois et d’autres 15 ! Le dialogue avec l’auteur est primordial pour trouver un fonctionnement adéquat.

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                          • Répondu le 30 avril à  07:23 :

                            J’ai moi aussi un certain nombres de dizaines d’années dans le milieu de la bd, votre réponse est intéressante. Un contrat d’exclusivité est très difficile à appliquer, voir les nombreuses jurisprudences du TGI. Surtout quand on sait qu’un éditeur ne peut pas non plus concurrencer abusivement la production de son auteur, ce qui limite autant sa liberté d’éditer. Etant un ancien dans la profession, j’ai bénéficié à plusieurs reprises de fixes, il n’est d’ailleurs pas impossible de payer au forfait un album avec beaucoup de pages, mais tout dépend de la notoriété de l’auteur et de la nature du projet, bien entendu. A partir du moment ou la rémunération des auteurs ne dépend que de la projection des ventes de leur livre, et en sachant que cette rémunération est une avance sur droits, une avance sur recettes donc, l’auteur ne vit pas de son travail, mais du temps qu’il met à créer chacune des pages de son livre, et donc son niveau de vie est intimement lié à sa cadence de production, comme vous le dîtes. En gros, plus on va vite, plus on gagne sur l’avance, mais plus on a de chance de décevoir ses lecteurs, et donc de ne pas rembourser son forfait. Le système est totalement pernicieux.

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        • Répondu par Onomatopée le 27 avril à  19:14 :

          Moins de cases, pas de décors, que des gros plans, c’est quoi la prochaine étape, une page blanche avec que des bulles ? Faut arrêter de subire les diktats de la rentabilité à tout crin...

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          • Répondu le 28 avril à  11:15 :

            Ce ne sont pas seulement des diktats, ce sera aussi une tendance artistique. Les futurs auteurs auront grandi en lisant des mangas, pas du cartonné franco-belge.

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          • Répondu le 28 avril à  11:31 :

            Ce ne sont pas seulement des diktats, ce sera aussi une tendance artistique. Les futurs auteurs auront grandi en lisant des mangas, pas du cartonné franco-belge.

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            • Répondu par Onomatopée le 28 avril à  13:44 :

              Tous les jeunes qui se lancent dans la bd ne lisent pas exclusivement du Manga et il y a aussi des Manga richement illustré. C’est la productivité à marche forcée qui entraîne les dérives.

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              • Répondu le 28 avril à  15:20 :

                Oui bien sûr je ne dis pas que tout le monde va dessiner en style manga mais la tendance c’est de dessiner plus vite des pages plus petites. Edgar n’arrive pas à faire 3 pages par semaine. Au Japon les dessinateurs en font 6.

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                • Répondu le 28 avril à  15:36 :

                  « Edgar n’arrive pas à faire 3 pages par semaine. Au Japon les dessinateurs en font 6. »

                  Uderzo en faisait 6 lui aussi dans les années 60, et c’était pas du manga.

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                  • Répondu le 28 avril à  17:02 :

                    Absolument. Et Morris faisait deux albums par an. Comme fait toujours Hermann.

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                • Répondu par Onomatopée le 28 avril à  16:49 :

                  On ne peut pas calquer la culture d’un pays sur un autre, on ne fait pas renter des ronds dans des carrés, ça ne marche pas comme ça. Le Japon (pour l’avoir visité) est aux antipodes de l’Europe, et leur philosophie même de l’image, encore plus que chez nous.

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                • Répondu le 30 avril à  07:09 :

                  Au Japon, ce sont des studios. Les mangaka ont entre trois et cinq assistants, parfois plus. Cela n’a absolument rien à voir. L’auteur reçoit une enveloppe mensuelles et paye les assistants avec en plus de son salaire, c’est une PME.
                  On ne peut pas comparer.

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                  • Répondu par Onomatopée le 30 avril à  08:15 :

                    Oui, mais le système des studios a existé et existe aussi chez nous. Je le répète, même en studio, la vision sociétale et artistique nippone n’a rien à voir avec la nôtre.

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      • Répondu par Laurent Colonnier le 27 avril à  10:33 :

        Ces conditions inacceptables sont devenues la norme en ce qui concerne les romans graphiques. Que proposez-vous ?

        Ne pas faire de roman graphique. Et ne pas faire de livres jeunesses à 6% de droits d’auteurs (et sans à-valoir digne de ce nom). On n’est pas censé s’appauvrir en travaillant.
        Quand tu as déjà dépensé tout ton à-valoir dans les dépenses courantes et que tu n’en es qu’à la moitié de ton bouquin, c’est mauvais signe.
        Quand le matériel que tu utilises pour travailler coûte plus cher que ce qu’on te paye, c’est mauvais signe.
        Quand tu finis ton livre avec des petits crayons Ikéa parce que les mines c’est trop cher, c’est mauvais signe.

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        • Répondu le 27 avril à  11:51 :

          Donc on refuse ces conditions et on arrête la Bd.

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          • Répondu le 27 avril à  12:31 :

            Il ne dit pas ça, on peut aussi faire des 46 pages couleur payés 400 euros la page par des éditeurs qui savent que la création se paie.

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            • Répondu le 27 avril à  13:50 :

              De moins en moins. ça disparaît, le 46 pages couleur payé 400 euros la page. Ce n’est plus du tout la tendance du marché.

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              • Répondu par Pourtant le 27 avril à  15:40 :

                ça disparaît, le 46 pages couleur ...Ce n’est plus du tout la tendance du marché.

                Les plus grosses ventes, Astérix, Lucky Luke, XIII, Largo Winch, Thorgal, Le Chat, Blake & Mortimer, Titeuf, Les Sisters, Les Légendaires sont toujours du 46 pages couleur, ça reste donc la tendance du marché franco-belge.

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                • Répondu le 27 avril à  16:13 :

                  On arrive à caser plus d’albums en format franco-belge dans sa bibliothèque qu’en format roman-graphique. Ce qui veut donc dire que l’on achètera moins de pavé façon roman-graphique.

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                  • Répondu le 27 avril à  17:44 :

                    Oui mais on arrive à caser encore plus de mangas.

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                    • Répondu le 28 avril à  06:12 :

                      C’est bien ce que je dis, il faut que la presse bobo arrête de nous faire croire que le salut viendra du roman-graphique.

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                      • Répondu le 28 avril à  07:29 :

                        La presse bobo comme vous dites ne s’intéresse ni à la bd ni au roman graphique. Un livre chroniqué par semaine dans Télérama, rien dans Libération, presque rien dans l’Obs, quasi rien dans les Inrock. La bande dessinée reste dans une niche.

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                        • Répondu le 28 avril à  12:04 :

                          Vous n’écoutez pas suffisamment les radios qui parlent de BD, à commencer par RTL, qui est plutôt sur les BD tendances et très cérébrales...

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                      • Répondu le 28 avril à  07:41 :

                        Absolument, et c’est exactement ce qu’il se passe si vous suivez de près le marché bd, la tendance bobo n’a absolument pas supplanté la franco-belge plus classique, bien au contraire.

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                • Répondu le 27 avril à  16:50 :

                  Les plus grosses ventes que vous citez sont pour la plupart des vieilles séries qui visent un public qui prend de l’âge, ce qu’on appelle les boomers. Les jeunes ne lisent plus des 46 pages couleur. Ils ne lisent plus du franco-belge tout simplement. Quand bien même, vous citez une poignée de séries qui marchent encore, elles font vivre une quinzaine d’auteurs max. On parle ici de ce que vit la grosse majorité de la profession.

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                  • Répondu par auteur indé le 27 avril à  19:09 :

                    Il faut arrêter de croire que les jeunes ne lisent que du manga et du comics, beaucoup lisent de tout. Pour ceux qui lisent. Il y a aussi une grosse majorité de la population, même chez les jeunes, qui ne lisent pas de BD. Lectorat qui se rétréci au fil des années et multiplication des titres, forcément ça va faire mal à court terme. Le milieu social est aussi un facteur déterminant pour l’accès et l’envie de lire. Et cette gentrification de la BD qui n’arrange rien, les éditeurs se sont enfermés dans leur propre schéma. C’est quoi l’avenir, ne vendre que des livres plus coûteux et plus luxueux à une poignée de nantis ?

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                    • Répondu le 28 avril à  06:31 :

                      Vous avez raison, c’est exactement ce qui était prévu, faire plus de marge sur des albums coûteux typés roman-graphique, sauf que depuis plusieurs mois la tendance se retourne et la série et les albums plus classiques reprennent du poil de la bête. A voir si ça se confirme courant 2021, mais c’est très net depuis l’été dernier, et c’est ce qui se dit dans les coulisses éditoriales.

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                  • Répondu par Pourtant le 27 avril à  19:46 :

                    Titeuf, Kid Paddle, Les Sisters, Les Légendaires, Mortelle Adèle, les Nombrils, Culottées, l’Arabe du futur, Largo Winch, XIII ne sont pas des BD de boomers.

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                    • Répondu le 28 avril à  06:55 :

                      Bien sûr on peut toujours trouver des exceptions. On parle de tendances de fond. Je m’inquiète pour les auteurs, pas trop pour les éditeurs. Ils s’adapteront toujours, du moins les plus gros. Oui le lectorat se réduit. L’album 46 pages couleur vieillit et le roman graphique coûteux va finir par lasser. L’avenir est peut-être à une nouvelle bd populaire, un manga mondial, beaucoup de pages, petit format en noir et blanc vendu peu cher. Si c’est ça, l’industrialisation aura encore fait un pas, mais il faudra un vrai statut pour les auteurs. Les grandes bagarres sociales sont devant nous.

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                      • Répondu le 28 avril à  09:20 :

                        Le retour à un petit format n&b, pas cher, comme ces BD de "gares", genre : Sam Bot, Maghella et autre Sergent Rock... je n’y crois pas trop. C’est plutôt le cartonné 46 pages qui va revenir en force.

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                    • Répondu le 28 avril à  06:58 :

                      XIII et Largo Winch c’est pour les vieux. Et l’Arabe du Futur c’est du roman graphique, le truc marrant c’est que mon fils déteste Titeuf, ça ne le touche pas, ça a vieilli. Il préfère les vieux Lucky Luke.

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                      • Répondu le 28 avril à  10:05 :

                        XIII et Largo Winch c’est pour les vieux.

                        Peut-être mais ce que l’autre appelle BD de boomers, ce sont des séries nées avant les années 70, dans Tintin, Spirou, Pilote et qu’on maintient en vie en changeant les auteurs à fur et à mesure que les créateurs d’origine meurent.

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                        • Répondu le 2 mai à  06:21 :

                          Le système éditorial est mal foutu, il ne permet aucun équilibre matériel aux auteurs (trices), les chiffres des ventes restent opaques, mais aussi la rédition des comptes. Comme le disait le ministère de la culture : " les principaux acteurs du secteur ne veulent pas s’asseoir à la table des négociations ". On est pas prêt de réduire la paupérisation du métier... mais au fait, quel métier ? Les pouvoirs publics ne le reconnaissent même pas comme tel !

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