"Niala", la nouvelle BD de Christian Rossi et Jean-Christophe Deveney raciste et sexiste ?

4 mars 2021 10 commentaires Adulte
Classification : adulte

POLÉMIQUE. Lors du lancement de la collection Porn Pop en 2018, le titre de Bastien Vivès, « Petit Paul » n’avait pas fait l’unanimité. L’éditeur est à nouveau dans la tourmente à l’occasion de la sortie de son prochain titre : Niala, une bande dessinée érotique de Jean-Christophe Deveney et Christian Rossi.

Cet album, présenté comme un pastiche des bandes dessinées colonialistes des années 1950, est accusé, sur la base de son communiqué de presse où figure un synopsis, de véhiculer des idées racistes et sexistes. L’album est également soupçonné de pédophilie. Cela fait beaucoup !

Une pétition a été lancée sur laquelle on peut lire : « Dans cette bande dessinée, Niala s’offre aux colons et est limitée à un objet sexuel. On en a marre de cette représentation qui nous crie que les colons sont courageux et méritent une récompense. Nous exigeons la suspension de la publication de cet ouvrage réalisé par Jean-Christophe Deveney. Cette maison d’édition a pris l’argument de l’humour et de tourner en dérision les anciens principes mais le fait mal et met en évidence une œuvre raciste, qui appelle à la fétichisation et au sexisme. » Elle a déjà recueilli 2300 signatures.

Nous n’avons pas encore eu l’album entre les mains, mais c’est un propos qui surprend quand on sait que Christian Rossi est aussi le dessinateur d’un album militant favorable aux femmes comme Le Cœur des amazones, projet ambitieux dans lequel le dessinateur et la scénariste Géraldine Bindi évoquent des thématiques universelles telles que la mixité et l’égalité femme / homme. Cependant, si les faits sont avérés, cela n’est en rien une excuse.

Le communiqué problématique des éditions Glénat est en cours de réécriture. À terme, si la sortie de l’album est maintenue, il est possible qu’il soit boycotté par certaines grandes enseignes culturelles françaises comme ce fut le cas lors de la sortie de «  Petit Paul  ». Une polémique complexe pour l’éditeur. Affaire à suivre.

FRsl

"Niala", la nouvelle BD de Christian Rossi et Jean-Christophe Deveney raciste et sexiste ?

À lire sur ActuaBD.com :

- Une interview de Christian Rossi

- Une interview de Géraldine Bindi

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10 Messages :
  • Et ce soir, l’album est n°1 des ventes sur Amazon.

    Bravo les SJW pour le coup de pub !

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  • Une pétition est lancée sur un livre que personne n’a pu lire et déjà 2300 signatures… mais pas 2300 lecteurs puisque le livre ne sort que dans quelques jours. Ou alors, 2300 exemplaires SP pour 2300 journalistes (c’est beaucoup !), mais il n’y en avait pas assez pour en offrir un à Actua BD.

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  • Certains n’ont comme pouvoir que le pouvoir de nuisance , alors, ils testent, ils s’en servent, mais ce n’est qu’une minorité de paumés qui passent leurs journées sur les réseaux sociaux. Il ne faudrait pas du tout leur accorder d’importance, car ils n’en ont pas. Leur crédo est simple (alors qu’ils n’ont pas lu le livre) :"Nous exigeons la suspension de la publication de cet ouvrage" . Une censure pure et simple, ils veulent choisir ce qu’on a le droit de lire ou pas, vieille antienne réactionnaire, conservatrice puant le rance. Glénat n’a pas à reculer devant de stupides polémiques.

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    • Répondu le 5 mars à  17:47 :

      Oui, Glénat n’a pas à reculer. C’est quoi ces ayatollahs auto-proclamés de la bien-pensance qui décident si un livre peut être publié ou non ? Ils ne sont pas magistrats. Si ce livre contenait vraiment des propos racistes, Glénat ne le publierait pas. Et si Glénat commettait la faute de publier des propos racistes, ce serait à la Justice de condamner l’éditeur mais une fois l’ouvrage publié, pas avant. Et à la Justice seulement.
      C’est quoi cette époque de merde où des gens qui se prétendent de gauche ne sont que d’affreux ultra-libéraux aussi dangereux que les fascistes de la première moitié du XXe s ? Ils sortent d’où ces cons qui veulent brûler des livres en place publique parce qu’ils ne correspondent pas à leur vision du monde ?
      Ce livre n’est pas encore paru, il n’est même pas jugé sur son synopsis mais seulement sur un argumentaire commercial de son éditeur. Argumentaire qui a été corrigé depuis. Les auteurs écrivent rarement les argumentaires. Le premier a été mal reçu parce qu’il était au second degré. Mais c’est quoi ce monde où des gens qui se prétendent progressistes n’ont plus aucun second degré ? Ils ont peur de quoi ? Du déconfinement généralisé qui les obligera à nouveau à rencontrer l’autre ? Celui qui n’est pas inféodé a tel ou tel discours communautariste ?

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      • Répondu par Bah le 5 mars à  22:02 :

        Mais ces gens ne se prétendent pas de gauche ni progressistes, où avez-vous vu ça ?

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        • Répondu le 6 mars à  14:48 :

          La première version du communiqué n’était pas au second degré. Il n’en avait aucun marqueur comme l’ironie ou l’excès... De plus il parlait d’un "hommage" à la BD colonialiste des années 1950. Bref, rien ne permettait de penser que l’album ne contenait pas tout ce qui était décrit. Donc le second degré ne pouvait pas être compris.
          La nouvelle version paraît presque plus ironique !

          Ces communicants doivent donc s’en prendre à eux-mêmes plutôt qu’à l’état de la société. Ce qui serait vain.

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          • Répondu le 8 mars à  09:58 :

            Les argumentaires des éditeurs sont souvent bâclés. À se demander s’ils savent résumer ce qu’ils ont lu.

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    • Répondu par Henri Khanan le 5 mars à  19:44 :

      Et si actuabd lançait une pétition contre cette pétition ?
      Personne n’oblige à lire ou à acheter cet album, mais il faut essayer de se défendre contre cette vague de politiquement correct, qui risque
      à terme de nuire à la BD, mais aussi à la musique et au cinéma.
      Soutien total aux auteurs et à l’éditeur !

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  • Si vous voulez vous amuser, vous pouvez aussi prendre en grippe la couve bien sexiste du dernier Spirou ( le magazine ) où on voit une blonde sur une branche dans la jungle ( elle aussi ) qui n’a rien de plus amusant à faire que de mettre du rouge à ongles à une panthère, parce que le thème c’est "les animaux de compagnie"...
    Quand même, on peut comprendre que les dames en aient parfois un peu raz le bol...

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  • Merveilleuse époque oú on exige l’interdiction d’une oeuvre que l’on n’a pas lue. Que personne n’a lue, d’ailleurs, pour le moment. Ceci dit, ce n’est pas nouveau. Il y a quelques décennies, des catholiques intégristes condamnaient le film "La dernière tentation du Christ" sans l’avoir vu. Comme quoi, on trouve des acharnés de la censure "a priori" partout, de la gauche politiquement correcte à l’extrême droite religieuse.

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