Le Troisième Fils de Rome, la nouvelle saga romaine de Soleil

30 avril 2018 0 commentaire

Le pitch de cette nouvelle série est assez simple : on connaît la légende de la naissance de Rome, fondée par les jumeaux Romulus et Remus. Mais l’on ignore qu’un troisième enfant est né de l’union forcée entre Rhéa, la mère des jumeaux et un tyran. Ce troisième "fils de Rome" (d’origine à 100% humaine), et ses partisans sont à l’origine d’un ordre secret, désirant changer à tout jamais l’histoire de Rome.

Au gré des grandes périodes et hauts faits qui forgèrent la légende de Rome, deux clans vont s’affronter. D’un côté, les descendants d’Enée et donc de Romulus et Rémus, décidés à protéger Rome ; de l’autre, les descendants de ce « troisième fils de Rome » qui désirent anéantir Rome et sa civilisation, par vengeance et intérêt. Mais les dieux protègent Rome et ses héros destinés à combattre cet ordre secret.

Le Troisième Fils de Rome, la nouvelle saga romaine de Soleil

Ne nous voilons pas la face, l’argument du Troisième Fils de Rome rappelle furieusement la série imaginée par Gilles Chaillet, Roma, où deux familles s’affrontent à travers les âges et les épisodes emblématiques de Rome. Le premier tome de la série de Soleil débute d’ailleurs sur le même sujet que le second album de Roma, à savoir les guerres puniques.

A la différence de la saga de Chaillet, le héros de ce premier tome du Troisième Fils de Rome ne parvient pas à créer d’empathie avec le lecteur, surtout lorsqu’il fuit les hommes qui vont assassiner son père. Loin de l’archétype du héros antique, il se distancie encore du lecteur lorsqu’il tue des femmes dans le dos. Si l’attention n’est donc portée exclusivement sur le héros, même s’il n’est présent que le temps d’un album, plus de place est donnée aux Numides, ou à certains détails du récit comme les attaques de pirates ou les tempêtes. Un focus intéressant, mais qui casse le rythme de l’histoire.

Si la reconstitution historique de cette seconde guerre punique est intéressante, l’opposition de la secte du troisième fils de rome amène un aspect factice trop important pour ne pas être pris en considération. Quels pourraient être ces hommes qui veulent continuer à poursuivre une chimère des centaines d’années après une injustice, sans imaginer d’enrichissement personnel ?


Le dessin porté par Martino transcrit au mieux les actions et l’affrontement entre les deux parties. Est-ce pour tenir les délais ou pour donner des effets à son trait ? Quoiqu’il en soit, on a parfois le sentiment que certaines planches ont été réalisées un peu trop hâtivement, ce qui amène des erreurs de perspectives qui attirent l’œil. Mais la mise en page reste dynamique, se calant au diapason du scénario.

Le second tome, centré sur Spartacus et la révolte des gladiateurs, vient de paraître...

Là où l’on pouvait être certain que la série imaginée par Chaillet se rapprocherait le plus possible de la réalité, l’architecture présentée dans les dernières planches du Troisième Fils de Rome posent également question… Mais ici, pas de dossier historique pour étayer les choix de l’adaptation.

Sans parvenir à imposer un réel rythme, ce premier tome fait preuve de quelques qualités intéressantes, notamment dans la composition des factions militaire, et l’histoire de Rome reste suffisamment passionnante pour laisser la chance à cette série qui comptera cinq tomes. Surtout que le prochain épisode vient de paraître...

CLD

Du Troisième Fils de Rome par Moënard & Martino (Soleil), commander :
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Tous les visuels sont : © Éditions Soleil, 2018 – Moenard, Martino

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