Mort d’Edouard Aidans, le créateur de Tounga

6 septembre 2018 5 commentaires
Mort d'Edouard Aidans, le créateur de Tounga
Photo de Nicolas Anspach

Nous apprenons le décès du dessinateur belge Édouard Aidans, aujourd’hui 6 septembre à l’âge de 88 ans. Né le 30 août 1930 à Andenne (Belgique) il fait ses débuts dans les années 1950 avec des récits dans l’hebdomadaire Spirou (trois Oncle Paul) puis dans le Journal de Tintin où ses collaborations avec Yves Duval et André-Paul Duchâteau se comptent par dizaines.

À l’aise dans le registre humoristique avec Bob Binn pour Tintin en 1960, il brille surtout dans le domaine réaliste avec l’homme des cavernes Tounga en 1961, sa principale série (17 albums), avec les aventures de la famille Franval dès 1963, de drôles de dames appelées Les Panthères (Sc. Aidans et Greg), puis l’aventurier Tony Stark en 1979, une série signée Jean Van Hamme. On lui doit aussi une incursion dans l’aventure de capes et d’épée avec Jean Dufaux, La Toile et la dague (1986) et la reprise pour un court moment de la série Bernard Prince pour Greg (1992).

Avec son beau dessin vériste, Aidans était l’une des valeurs sûres du Journal Tintin. Il nous a laissé de belles et puissantes images qui ont illuminé notre enfance.

Nous reviendrons dans quelques heures sur une évocation plus détaillée de sa carrière. Nos pensées vont à sa famille et à ses proches.

DP

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5 Messages :
  • Mort d’Edouard Aidans, le créateur de Tounga
    6 septembre 19:19, par Jean-Philippe Beaujean

    Une petite précision : contrairement à ce qui se lit quasiment partout sur le net , la date de naissance de mon ami Édouard est le 13 août et non le 30. Cfr : sa carte d’identité .

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  • Mort d’Edouard Aidans, le créateur de Tounga
    6 septembre 20:46, par Julien

    Il est temps, à l’instar du Will Eisner Hall of Fame, le InkPot Award .. d’en faire un en France , voir Europe ! Ce dessinateur est une légende .

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    • Répondu par Magda Seron ( pseudo "Magda") le 7 septembre à  17:03 :

      Mort d’Edouard Aidans, le créateur de Tounga

      J’ai très bien connu Edouard pour avoir travaillé avec lui durant trois années, ainsi que Chris Lamquet, Marc Hardy, etc...
      Tous vous diront que c’était un homme charmant, particulièrement avec la gent féminine !
      En plus d’être extrêmement sympathique, c’était un très grand dessinateur. C’est avec lui que j’ai appris entre autre l’art "du bon" encrage pour lequel il était particulièrement doué. J’apprend à mes dépends qu’à l’heure actuelle, certains vous dirons que l’encrage, c’est démodé. Il faut laisser ses planches au crayon, ou plus absurde encore, décalquer son crayonné ( s’il ne peux pas être scanné) au crayon ! C’est plus "moderne".
      Pourquoi ne pas conserver les deux techniques ? "De l’uniformité naît l’ennui", n’est-il pas vrai ? Et qu’on f..... la paix aux anciennes techniques.
      Mais bon, je ne vais pas lancer un débat.
      N’empêche que c’est avec des "modes" pareilles qu’on met
      des dessinateurs comme Edouard Aidans au chômage !
      Ne comparons pas une technique de dessin avec la mode du tatouage !
      Le pire, c’est qu’Edouard, justement, avait fini par abandonner son magnifique encrage pour justement être plus "moderne" et je crois que cela n’a pas fait du bien à sa carrière.
      Je conserve un magnifique souvenir de ces trois ans, et j’espère que Christian ( Lamquet) dira également un petit mot à propos d’Edouard.

      Magda

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      • Répondu par chris lamquet le 8 septembre à  13:23 :

        Je m’en tiendrai à cette petite bouffée de nostalgie écrite sur FB en apprenant sa mort ; " J’étais le premier qui pointait son nez à l’atelier, Un peu avant 08:00 du matin, autrement dit le milieu de la nuit pour Edouard que je sortais ainsi souvent de ses plumes...Je croisais les enfants Danielle et Marc en partance pour l’école, Luce qui passait le café, la chienne Cora qui m’avait à la bonne et les chats qui me regardaient comme un vétérinaire à éviter. Trois années que cela a duré. Peut-être un peu moins, un peu plus, je ne sais plus trop. Un jour, le train-train s’est arrêté. Je ne suis plus retourné à l’atelier des hauteurs de Godinne, considérant que je pouvais noircir mes feuilles Schoeller Parole tout seul comme un grand. C’est la vie. Au fil des années, nous avons gardé le contact, il me demandait mon dernier bouquin sorti, on en parlait, en bien, en mal...il m’a demandé de l’accompagner dans ses premiers pas douloureux avec l’informatique...ses coups de fil paniqués tard le soir "Christian mon écran est tout bleu, qu’est-ce que je dois faire ?"..."Débranche tout Edouard, puis rallume"... je préfère me laisser aller à cette nostalgie un peu amusée en pensant à lui... la mort commence vraiment à me faire chier."

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        • Répondu par Bourrelly Laurent le 12 septembre à  15:26 :

          J’ai appris hier soir, en conversant avec un ami retraité fan de bd, le décès de M. Aidans ; après Frank Giroud et Julio Ribéra, auteurs que j’avais trouvé éminemment sympathiques lors de séances de dédicaces et de discussions prolongées, c’est donc encore un artiste que je qualifierai de "bel humain" qui disparaît ..ce qui me fait vraiment ch... tant, au delà de la tristesse de la disparition, c’est une denrée qui se fait rare.
          Une anecdote marquante au sujet du créateur de Tounga (mais pas que) : pour le rencontrer à Palavas les flots et faire dédicacer un album de la collection Jeune Europe qui m’avait été acheté en son temps par ma mère (je suis né en 64), j’avais été hébergé chez une amie à Montpellier, pour découvrir au petit matin les restes de l’apéro géant qui avait eu lieu la veille sous sa fenêtre. C’était effarant de voir tous ces détritus et bouteilles qui jonchaient sur les pelouses ; sans parler des odeurs pestilentielles plus synonymes de décadence que de convivialité.. Bref, après avoir eu mon Tounga, j’achète l’intégrale des Panthères et apprécie pleinement (j’étais un peu ému pour la première dédicace) le dessin sexy que m’offre M. Aidans. C’était d’ailleurs la première fois que je prenais un auteur en photo - avec son autorisation - en train de dédicacer. Photo aujourd’hui collée dans l’album pour un joli souvenir. A la "moitié" du dessin, Edouard s’arrête pour tailler son crayon, met les copeaux dans sa main, puis cherche vainement une poubelle pour les jeter. Je prends le risque de lui dire que ce n’est que du bois et que ce n’est pas bien grave s’il le jette au sol (et beaucoup moins qu’une cigarette par exemple). Mais non, l’auteur se lève - alors qu’il me semble à ce moment là un peu fatigué - puis marche à la recherche d’un vide-ordures. Là, je me dis que le contraste avec les restes de l’orgie de la veille sont saisissants et je m’interroge sur le pourquoi d’un tel décalage..
          C’est l’image que je garderai de cet homme : un être charmant, au sourire très doux (l’amie qui m’avait accompagné avait d’ailleurs été sous le charme, elle qui ne s’intéressait pas du tout à la bd), patient et d’une grande courtoisie, seulement satisfait d’avoir fait plaisir à un lecteur lambda..
          Mes sincères condoléances à tous ses proches, à sa famille, mais aussi ses amis et autres collaborateurs comme les auteurs ci-dessus.

          Laurent B.
          Aix en Pce

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