L’Année dernière - par Lizano & Moynot - Delcourt

8 mai 2006 0 commentaire
  • Ce livre est saisissant de réalisme et d'interrogations sur la vie de couple. Emmanuel Moynot, épaulé par Marc Lizano, nous conte une belle histoire intimiste.

Pour Sébastien et Anne, la Bretagne est le lieu idéal pour passer leurs vacances avec leurs deux filles Maud et Elisa. Ils y retrouvent leurs amis d’enfance et la côte bretonne est chargée de souvenirs. Mais cette année, l’harmonie conjugale est bien difficile à trouver. Sébastien est distant et ne se retrouve plus dans le quotidien familial. L’heure des choix est arrivée...

"Cette histoire est restée dans mes cartons si longtemps parce qu’elle était si proche de l’autobiographie", déclare Emmanuel Moynot. [1] "J’ai pensé qu’un œil extérieur m’aiderait à tirer cette tranche de vie vers l’universalité, à l’éloigner du nombrilisme inhérent à ce genre." L’auteur a donc demandé à Marc Lizano de l’aider à remodeler son histoire afin que chacun puisse s’y reconnaître ou se sentir toucher. Le thème (une vie de couple qui s’essouffle) n’est pas spécialement réjouissant, mais ô combien contemporain. Sébastien ne sait plus très bien où il en est avec Anne. Il délaisse sa petite famille, car s’occuper de lui-même n’est déjà pas simple. Nous ne saurons pratiquement rien de la genèse du problème. Le scénario s’attache au ressenti du "héros", à ses doutes et ses questionnements. Sébastien a la trouille, celle de prendre des risques, de rompre avec les mauvaises habitudes. L’épilogue n’est pas spécialement optimiste. Le couple s’est séparé mais Sébastien ne semble pas plus à l’aise et reste avec ses problèmes. Les auteurs ont su rendre leurs personnages attachants car profondément fragiles et humains. Le dessin en aquarelle de Moynot amène une certaine douceur à cette chronique douce-amère. Les émotions sont là dans les pages mais aussi à la lecture.
Les auteurs de bande dessinée n’hésitent plus ces dernières années à se lancer dans des récits intimistes et introspectifs. Avec subtilité et délicatesse, L’Année dernière incarne parfaitement cette tendance.

(par Laurent Boileau)

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