Les Amies de papier, une BD épistolaire "feelgood"

10 mars 2018 3 commentaires
  • Mei et Charlotte sont de retour! Les deux fillettes continuent leur correspondance entamée il y a un peu plus d’un an. Leurs échanges épistolaires sont à l’origine d’un nouveau concept : associer deux modes de narration dans la même histoire.

On retrouve donc dans ce second album la suite des courriers entre les deux fillettes. Alternée par des échanges épistolaires classiques (avec papier à lettres et stylos à encre !) cet album nous décrit par le menu les mésaventures juvéniles de deux sympathiques pré-ados.

On retrouve donc dans ce second tome intitulé 12 printemps, 2 étés les anecdotes, les états d’âmes emprunts de naïveté et de bons sentiments des deux amies. Le quotidien des deux héroïnes nous est décrit dans ses moindres détails : divorce des parents de l’une, incendie du magasin de l’autre, difficultés relationnelles avec les parents, apprentissages et amitiés... la vie quoi ! Le fil rouge de l’album reposant sur le projet des deux filles de se retrouver, l’écriture reste le moyen le plus sûr de raccourcir la distance entre Toulouse où vit Mei et le petit village auvergnat de Charlotte.

Les Amies de papier, une BD épistolaire "feelgood"

La bienveillance et la pédagogie du message soutiennent cette histoire à mi-chemin entre le journal intime et la biographie à deux voix. L’ensemble s’avère de belle facture. Au scénario, Cazenove restitue avec justesse et émotion les échanges entre les deux gamines, tandis que la fluidité du dessin de Cécile ajoute de la tendresse et une certaine sensibilité à cette chronique, évitant par là toute nostalgie facile ou désuète.

Du point de vue de la mise en forme, ce nouvel album présente donc de courtes séquences de quatre à cinq planches entrecoupées des missives échangées entre les deux protagonistes. La mise en page aura de quoi séduire de jeunes ados qui pourront peut-être s’y reconnaitre. Peut-être !

Avec le Blog de Nina, on retrouve le même procédé narratif.

Rejoignant l’esprit "BD feelgood", ce concept éditorial inauguré par Bamboo avec l’album Le jour où le bus est reparti sans elle cherche ici à capter un nouveau public, plus jeune. Une initiative à rapprocher d’un autre livre paru il y a quelques mois de Beka et Grégoire Mabire le Blog de Nina. Les auteurs y ont adopté un principe comparable : retranscrire les pages du blog d’une petite parisienne « exilée »à la campagne ! Là encore, la mise en forme conjugue répliques de pages web et séquences dessinées.

Surfer sur la vague des réseaux sociaux et de cet esprit « Feelgood » peut-il suffire à séduire un public ado fortement accro aux nouveaux médias ? C’est manifestement le pari des éditions Bamboo avec ces publications bien faites techniquement, justes reflets de l’air du temps et ciblées plutôt « girly ». Le succès peut-il être au rendez-vous et de manière durable ? Réponse dans les bacs de votre libraire préféré !

(par Patrice Gentilhomme)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Les Amies de papier T. 2 - Par Cazenove, Chabbert et Cécile - Editions Bamboo

Commander ce livre chez Amazon ou à la FNAC

Commander le tome 1 chez Amazon ou à la FNAC

Commander le Blog de Nina chez Amazon ou à la FNAC

© Illustrations Cazenove, Chabbert et Cécile – Editions Bamboo 2018

 
Participez à la discussion
3 Messages :
  • Les Amies de papier, une BD épistolaire "feelgood"
    13 mars 23:31, par Sergio Salma

    Pourquoi ces attaques ? Pourquoi considérer aussi sèchement que ce livre et cette collection ne sont que le résultat d’un froid calcul ? Vous observez du bout des lèvres vous tournez autour vous feuilletez avec une espèce de dédain en ne voyant dans ces récits que spéculation éditoriale. Pour finir par céder et concéder un chouilla de sensibilité. Mais soudain ça vous reprend...Dire que les auteurs les autrices surfent , clairement c’est pour les accuser en catimini de démagogie et d’opportunisme. Avez-vous réfléchi 10 minutes à ce qu’est toute oeuvre ? Sinon un mélange d’expression et une volonté évidente de toucher un maximum de public.

    Répondre à ce message

    • Répondu par Laurent Colonnier le 14 mars à  16:51 :

      Quelles attaques ????? On n’a pas lu le même article, je les trouve très bienveillants avec ce produit qui n’en mérite pas tant. La question qui se pose c’est : Ce produit mérite-t-il un article ?

      Répondre à ce message

    • Répondu par Henri Khanan le 14 mars à  19:12 :

      Je ne vois pas d’attaque dans l’article qui est plutôt élogieux, même si je n’achèterai pas l’album qui semble destiné à un public d’ados. Maintenant, si le public répond présent (=achète !), je ne vois pas où est le problème. les auteurs ont sans doute travaillé avec envie d’être publiés et de raconter. Bambou n’est pas un éditeur fanzineux, ni un label indé d’art et essai. Que pensez vous de la (sympathique) collection BD-Cul des Requins-marteaux ? Il y a là une démarche-marketing bien plus claire...

      Répondre à ce message