Les Stripdagen de Haarlem célèbrent Frankenstein, Frans Masereel et Guy Delisle

25 mai 2018 0 commentaire
  • Pour sa 26e année, les Stripdagen (les journées de la BD) de Haarlem, ont choisi de distinguer des monstres sacrés : Frankenstein, le Belge Frans Masereel et… le Canadien Guy Delisle.

L’air de rien, les Stripdagen de Haarlem, que d’aucuns qualifient de « Angoulême hollandais », ont fini par passer le cap des 25 ans. Très orienté vers la défense et l’illustration des auteurs néerlandais, ce qui est bien normal, la programmation s’intéresse aussi à la production internationale et patrimoniale.

Le festival doit aussi sa notoriété à sa bourse d’échange des bandes dessinées anciennes. Depuis quelques années, la manifestation –qui se répand dans toute la ville- est passée de la durée d’un week-end à dix jours.

Mais le clou du spectacle, comme dans tout festival qui se respecte, ce sont les expositions. Cette année, place est faite à Frankenstein, le « Golem » de Mary Shelley, qui célèbre à Haarlem son bicentenaire. Inutile de dire que son destin graphique est particulièrement exceptionnel. Il va de Lynn Ward à Dave McKean en passant par le grand Bernie Wrightson. Un grand nombre d’originaux sont réunis (surtout d’artistes hollandais) mais aussi bon nombre d’objets et de films à l’effigie du monstre incarné au cinéma par Boris Karloff. Le parcours explique comment il est devenu une icône, sinon le symbole de notre temps.

Les Stripdagen de Haarlem célèbrent Frankenstein, Frans Masereel et Guy Delisle
Lynn Ward, pionnier du roman graphique a lui aussi illustré Frankenstein
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Le Frankenstein de Bernie Wrightson, toujours impressionnant.
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Autour de ce thème tournent bon nombre d’événements peuplés de monstres, de zombies, et d’autres personnages et animaux fantastiques.

Autre célébration qui vaut le détour : le centenaire de la publication à Genève du premier roman graphique de du Belge Frans Masereel  : 25 images de la passion d’un homme (Édition du sablier, 1918 — Tiré à seulement 153 exemplaires.) Bravo à Haarlem de nous faire ce rappel !

Frans Masereel, considéré comme le créateur du roman graphique.
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Curiosité encore : l’exposition «  Bommel et la Bible ». Bommel est le chef d’œuvre de Marten Toonder, le grand classique de la bande dessinée hollandaise. Le chercheur Klaas Driebergen a relu ce travail et y a trouvé un grand nombre d’allusions au Livre saint, qu’elles fussent scénaristiques ou visuelles. Elle sont réunies comme il se doit dans la crypte de l’église Saint-Bavon.

Bommel de Marten Toonder
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Tête d’affiche francophone de la programmation cette année : Guy Delisle. Le dessinateur-journaliste canadien à qui on doit les fantastiques reportages Pyongyang (L’Association, 2003), Chroniques de Jérusalem (Delcourt, 2011, Fauve d’or à Angoulême), Le Guide du mauvais père (2013-2015, Delcourt) ou, récemment, S’enfuir, récit d’un otage (2016, Dargaud) se voit consacrer une rétrospective.

Guy Delisle est l’invité francophone
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Autre signature bien connue : l’Allemande Ulli Lust qu’une résidence dans la ville a permis de créer une suite de dessins : « L’Haarlem d’Ulli Lust  ».

Jolie programmation !

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Pour plus de détails sur ces événements, nous vous renvoyons vers LE SITE DU FESTIVAL. Une chose est certaine : si vos pas vous mènent à Haarlem l’un des ces jours prochains, vous n’y perdrez pas votre temps.
Les Stripdagen de Haarlem – Du 25 mai au 3 juin 2018.

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