Polly and Her Pals, 1929-1930 - par Cliff Sterrett - Editions de l’An 2

5 juin 2005 0 commentaire
  • Les éditions de l'An 2 proposent un superbe ouvrage sur {Polly and Her Pals}, un des classiques de la bande dessinée américaine les moins connus en France. Il s'agit d'un comic strip qui, en plus de ses qualités plastiques, brille par sa fraicheur, son exubérance et son humour bon enfant.

Cliff Sterrett (1883-1958) devient illustrateur pour le New York Herald dès l’âge de 21 ans. Il entame plusieurs séries de bandes dessinées en 1911 dans le Telegram. L’une d’elles attire l’attention du magnat William Randolph Hearst, qui passe commande au jeune artiste d’une série dans la même veine. Positive Polly débute dans le New York Journal en 1912, bientôt rebaptisée Polly and Her Pals. Sterrett devient alors l’homme d’une seule série ; il en dessinera les pages du dimanche jusqu’à sa retraite, en 1958.

Considérée comme l’un des chefs-d’oeuvre du comic strip américain de l’entre-deux-guerres, Polly and Her Pals (Polly et ses soupirants) est une comédie familiale délirante, dont les protagonistes sont une jeune fille à marier, ses parents et un chat.

Polly and Her Pals, 1929-1930 - par Cliff Sterrett - Editions de l'An 2

Dans sa longue et passionnante préface, l’éditeur Thierry Groensteen nous apprend que : « Polly est l’une des premières séries à donner officiellement le premier rôle à une jeune fille. Elle est délurée, indépendante, et somme toute un bon parti que courtisent les jeunes gens de la ville sans qu’aucun ne paraisse jamais sur le point de conquérir son cœur.

Le monde de Polly est un monde d’insouciance. Les personnages n’ont d’autres problèmes que ceux de la météo, de leur garde-robe, des règles du savoir-vivre et des menus conflits d’autorité au sein de la famille. Autour de la maison, la nature déploie tous ses attraits et invite à la détente. Comme il est de règle dans les bandes dessinées de presse qui paraissent tout au long de l’année, Sterrett suit le rythme des saisons : tout son petit monde patine en hiver et se baigne en été. »"

Puis il compare le travail de Sterrett à celui du créateur de Popeye :

« Comme Segar, Sterrett est de ces cartoonists qui donnent à l’expressivité du corps une importance prépondérante. Il joue volontiers du contraste entre les gros et les maigres, les chétifs et les grands gabarits. Avec ses formes moelleuses, stylisées et rebondies, Cliff Sterrett, lui-même héritier de Dirks, Knerr et Swinnerton, est incontestablement l’un des dessinateurs à l’origine du style big foot (en français : gros nez) qui traverse la bande dessinée d’humour, de Mort Walker à Bottaro, de Greg à Cestac. »

Cette publication réunit une centaine de planches en couleur de la meilleure période : les années 1929-30. Sterrett est alors au sommet de son art graphique, inventant continûment des formes jazzy où se conjugue l’influence de tous les courants artistiques et picturaux de l’époque. Son sens du rythme, de la pantomime, de la couleur, font merveille.

Chaque page commence par un gag basé sur les relations de couple "avant et après mariage" ou plus exactement sur la différence de comportement des jeunes fiancés et du même couple quelques années de mariage plus tard. Tout simplement hilarant et toujours d’actualité... Cette anecdote développée dans le haut de page entretient quelquefois une relation directe ou oblique avec l’épisode concomitant de Polly, quelquefois non.
Cette édition propose en "bonus" quatre planches des tout débuts de la série (années 1913 à 1916) ainsi que cinq planches de 1958 jamais publiées auparavant, même aux Etats-Unis. À ne pas manquer.

(par Laurent Boileau)

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Illustrations © Editions de l’An 2

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