À la Foire aux livres de Belfort, Moulinsart obtient le retrait d’une exposition Tintin

1er novembre 2019 10 commentaires

Une exposition d’ouvrages et d’objets autour de Tintin provenant de la collection privée de Rémy Waeldin lancée à l’occasion des 90 ans du personnage a dû être retirée de la Foire aux livres de Belfort. Moulinsart est une fois de plus montrée du doigt.

La chose est claire depuis longtemps ; Moulinsart n’aime pas voir se multiplier autour de Tintin des initiatives qu’elle ne contrôle pas. Jusqu’à l’absurde parfois, obtenant de faire retirer de légitimes parodies, comme récemment en Suisse. Parfois, cet excès d’autoritarisme, ce juridisme qui confine à la guérilla, se retourne contre elle, comme ce fut le cas dans l’affaire des éditions du Léopard Masqué.

À chaque fois, Nick Rodwell, le patron de Moulinsart qui gère les droits de Tintin, fait son job. Il rappelle toujours avec raison que Tintin n’est pas dans le domaine public et que donc, tout un chacun ne peut pas en faire ce qu’il veut. Aimeriez-vous que l’on vienne cueillir ou planter des légumes dans votre jardin sans votre autorisation ? Bon, il y a le style du bonhomme qui en oublie parfois le légendaire self control britannique…

À la Foire aux livres de Belfort, Moulinsart obtient le retrait d'une exposition Tintin
"Déçus et en colère..."
Capture d’écran

Si l’on en croit L’Est Républicain, Moulinsart n’aurait pas préalablement été avisé de l’évènement. Tintin étant une marque aussi protégé qu’un parfum Chanel, la société belge a fait supprimer dans un premier temps toutes les publicités qui employaient le personnage d’Hergé. Puis elle a fait retirer l’expo au titre du « droit à l’image ». Il est vrai que Moulinsart, elle aussi productrice d’expositions sur Hergé (on se souvient de celle, fameuse, du Grand Palais n’apprécie pas trop que des expositions « parasites » se multiplient sans son contrôle.

Un peu penauds, les organisateurs de l’expo déclarent que «  cette attitude peut amener un certain déclin de l’œuvre ». C’est bien là le problème : des fans qui se substituent aux ayants droits pour la gestion et la pérennité d’une création sans en être le propriétaire. La passion n’excuse pas tout et certainement pas cette naïveté un peu calculée. Car enfin, comment un collectionneur de Tintin ne sait-il pas depuis longue date que la maison Moulinsart est très vétilleuse sur l’usage du personnage ?

DP

L’affiche litigieuse. Il semble clair que Tintin sert à "vendre" l’événement.

Voir en ligne : L’article de L’Est Eclair

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10 Messages :
  • « cette attitude peut amener un certain déclin de l’œuvre »

    Est-ce l’attitude de Moulinsart qui peut amener un certain déclin de l’œuvre ou l’attitude de ces organisateurs ?

    Que Tintin soit devenu une marque n’enlève rien à l’œuvre. Au contraire, c’est cette exigence de qualité sans concession qui inscrit durablement ce chef-d’œuvre dans l’Histoire de l’art. Je préfère l’attitude de gardien du temple de Nick Rodwell à celle de Uderzo et Anne Goscinny qui laissent faire n’importe quoi pour de l’argent facile à court terme.

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    • Répondu le 2 novembre à  13:13 :

      "Au contraire, c’est cette exigence de qualité sans concession qui inscrit durablement ce chef-d’œuvre dans l’Histoire de l’art."

      MDR C’est sûre hergé préferait les boites de camenbert en 1978 cela s’appelait le fromage tintin.
      Un grand moment pour l’histoire de l’art à n’en pas douter

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      • Répondu le 2 novembre à  16:26 :

        Et les pub pour l’huile de tournesol, et pour les 2cv ! C’était ça mes choix d’Hergé de son vivant.

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        • Répondu le 2 novembre à  19:52 :

          Vous ne faites que renforcer mon discours. Je préfère ce que fait Moulinsart en produits dérivés aujourd’hui.

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          • Répondu le 2 novembre à  22:59 :

            Mais ce n’est pas respecter la vision de Hergé, qui était pour une ouverture très large au grand public, pas pour un entre-soi hyper élitiste et de luxe.

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            • Répondu le 3 novembre à  09:48 :

              Hergé n’est plus. C’était un auteur et un artiste du XXème siècle. L’ouverture très large au grand public, il l’a eu en publiant de nouveaux albums accompagnés de tous les moyens de son temps pour en faire la publicité. L’œuvre est terminée. La conservation a remplacé la promotion. Moulinsart doit transmettre l’œuvre d’Hergé, pas la transformer en série interminable qui serait reprise et édulcorée ou déformée par des faiseurs, pas laisser faire n’importe quel produits publicitaires, dérivés ou expositions qui serviraient surtout les intérêts mercantiles à court terme de quelques malins. Les choix que fait Moulinsart me semblent plus judicieux pour assurer la pérennité de l’œuvre. Voilà pourquoi je considère que Nick Rodwell fait les bons choix. Moulinsart pourrait gagner encore plus d’argent rapidement en laissant produire du Tintin n’importe comment dans tous les sens.

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              • Répondu le 3 novembre à  16:49 :

                Ca c’est votre point de vue, mais aucune raison qu’il n’y ait pas Tintin sur des verres à moutarde ou des cartables. Rien à voir avec de nouveaux albums honteux comme c’est le cas avec Astérix, Lucky Luke ou Blake et Mortimer.

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                • Répondu le 4 novembre à  06:11 :

                  Rien de scandaleux, pour les trois séries que vous citez puisque les auteurs ont donné leur accord pour leurs reprises. Uderzo est encore vivant il me semble.
                  Ensuite il y a plein d’auteurs beaucoup plus intéressants que hergé et qui ne demande qu’a être connus du grand public.

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                  • Répondu le 4 novembre à  09:49 :

                    Suffit pas de donner son accord pour être raisonnable.

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                • Répondu le 4 novembre à  09:49 :

                  On peut faire de beaux produits dérivés. Les arts appliqués, ce n’est pas que pour les ânes. Mais si un projet est moche, pourquoi le faire ?

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