Albert Uderzo garde la main sur les scénarios d’Astérix !

25 janvier 2010 8 commentaires

Albert Uderzo se confie à Olivier Delcroix du Figaro. Le « Livre d’Or d’Astérix » est l’un des best-sellers de l’année. Cet album marquait les 50 ans de la création de ce personnage par Albert Uderzo et René Goscinny.

Uderzo avoue avoir souffert de la « forte tempête » qui a suivi la vente des Editions Albert-René à Hachette. Et ne souhaite pas s’épancher dans la presse sur sa vie privée et l’état de sa relation avec sa fille, Sylvie.

Il revient sur la poursuite de la série après son décès. Uderzo avait toujours clamé qu’Astérix et Obélix mourraient avec lui, et qu’aucun dessinateur ne prendrait sa succession. Il a changé d’avis à la fin de l’année 2008. Il argumente son choix de confier le dessin et le destin de ses personnages à ses assistants. Uderzo souhaite toutefois garder la main sur le scénario d’Astérix, et avoue avoir plusieurs idées et s’estime (à juste titre) « […] être pour l’instant le mieux placé pour savoir le travail que représente une nouvelle histoire d’Astérix ». Il n’a jusqu’à présent, dit-il, reçu aucune proposition d’histoire de scénaristes. Contrairement aux candidats repreneurs pour le graphisme qui se bouscule au portillon.

Il lève également le voile sur les options qui s’offrent à lui pour le quatrième film. Rien n’est bouclé pour l’instant. La retraite n’est donc pas encore là pour cet auteur qui fêtera ses 83 printemps en avril prochain.

NA.

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8 Messages :
  • J’espère que, comme pour Astérix, Lucky Luke, Les schtroumpfs ou Boule et Bill, Yoko Tsuno survivra à son auteur Roger Leloup. Aux dernières nouvelles, celui-ci était réticent à ce qu’un ou une autre reprenne sa série. Pour moi, c’est de l’égoïsme et c’est oublier que c’est le lecteur qui pérennise une série en achetant les albums. Mais Roger Leloup est un homme intelligent et comme on dit, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis...

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    • Répondu par Francois Pincemi le 25 janvier 2010 à  19:18 :

      Si le lecteur pérennise une série en achetant les albums, c’est peut-être pour y retrouver l’équipe créative, ou du moins une partie de son esprit et de son talent, pas seulement la marque ou le label de la licence.

      Personnellement, j’achète les Blueberry pour retrouver Jean Giraud seul, sans son ex-ami Charlier, mais je ne vois pas l’intéret d’acheter les séries dérivées de Vance, Blanc-Dumont, Rouge ou Wilson. J’aime les livres de Peyo, mais surtout ceux qu’il a réalisés de son vivant, et non ceux de son studio ou de sa descendance. Et je préfère de loin les livres de Van Hamme à ceux de son poulain (et éditeur) Sente.

      Il faut rester objectif dans la vie, si vous achetez par fidélité aux créateurs d’une série tous les titres qui vont suivre leur décès, vous allez permettre aux editeurs de se friser les moustaches à vos dépends, car les clients faciles à tondre ne méritent aucun respect. On va vous proposer tout un fatras de livres vite faits et sans intéret, puisqu’il y a des crétins d’acheteurs heureux qui se bousculent au tiroir-caisse.

      On m’a souvent reproché (le plus souvent à tort) d’être attaché au valeurs d’antan, d’ignorer les tendances actuelles de création, de vivre dans le passé. Je suis certainement un incurable nostalgique, mais je crois qu’il s’agit d’une maladie fort répandue chez les lecteurs qui ont tendance à privilégier leurs premiers émois de lecture. Ceci dit, je peux vous confirmer que j’aime bien plus "Panade à Champignac" et "QRN" que "Les héritiers" ou "la mauvaise tête". Et je prefere les Bijoux aux médiocres T. en Amérique ou au Congo.

      A ce sujet, je me réjouis de la volonté clairement exprimée par Hergé. Il ne voulait pas qu’il y ait de reprise ou de suite. Je pense en effet qu’un personnage ou une série appartient à son créateur s’il n’a pas décidé leur vente (cas de Spirou ou de Tif et Tondu par exemple). Cela laisse assez de place aux hommages subtils de la trempe d’un Ted Benoit, d’un Exem ou d’un Swarte.

      Je feuillette parfois des reprises, je dois dire qu’elles laissent parfois un gout de "revenez-y surtout pas". Il y a plein de jeunes créateurs plein de talents, alors qu’attendent ils pour créer leurs propres séries, personnages et univers ? Ils y seront plus à l’aise, et ne seront pas considérés comme des suiveurs.

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    • Répondu par joel le 25 janvier 2010 à  19:41 :

      yoko n’est pas encore orpheline, Leloup mais la dernière main au prochain album la servante de Lucifère et le scénar et découpage du suivant est fini !

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    • Répondu par Sergio Salma le 25 janvier 2010 à  20:09 :

      Cher Laurent, c’est vous qui êtes égoïste et qui tenez à goûter encore et encore comme un enfant gâté à votre plaisir de lecteur malgré le destin qui nous attend tous. Bien sûr, si l’auteur décide de laisser poursuivre ou même d’assurer la relève avant de prendre sa retraite, tout le monde est content. Mais sachez que si vous appréciez un auteur de bande dessinée c’est parce qu’il a du talent et une personnalité. Cette personnalité fait qu’il a ses goûts, ses humeurs et son libre-arbitre. C’est-à-dire qu’il conduit son oeuvre en même temps que sa vie. Cette personnalité vous l’avez appréciée dans son travail, il ne fait rien d’autre que d’être fidèle à ses convictions et mènera sa barque jusqu’à la gestion de l’après inéluctable. Il vous fera peut-être du chagrin mais il ne sera pas du tout égoïste, ça n’a rien à voir.

      L’égoïsme c’est de ne pas penser aux autres ; or il aura passé sa vie à tenter d’être lisible et apprécié de tous, d’un maximum de gens en tout cas. Il en a fait un métier car il faut bien vivre même si c’est surtout d’un mode de vie qu’il s’agit. Roger Leloup comme bien d’autres prend donc ses décisions en sachant bien la peine qu’il infligera à certains ; j’espère que vous appliquerez à vous -même la sentence que vous lui avez envoyé à la figure du haut de votre statut de passionné en espérant que vous aussi vous soyez un homme intelligent.

      Faire partie d’une foule de personnes qui ont permis le succès commercial ne vous donne aucun droit quant aux décisions des auteurs. Il ne vous a rien demandé personnellement, je sais c’est cruel.

      Mais je comprends votre angoisse. un personnage ou une série c’est un rendez-vous, une rencontre, de la chaleur, du plaisir qu’on a envie de prolonger éternellement. Pourtant ,comme dans la vie, tout est éphémère . Il s’agit là d’une réaction très physique de votre part, vous craignez le manque, vous avez peur du sevrage.

      Pensez que tout ça c’est du positif, soyez optimiste. Si l’auteur permet la poursuite des aventures, vous pourrez continuer à rêver même si souvent dans ces cas il y a pas mal de mécontents et de critiques(c’était mieux avant, c’est plus ce que c’était etc...) Si le personnage ou la série s’arrêtent avec les jours de leur créateur, vous pourrez relire et re-relire encore les oeuvres de l’intéressé ; vous y découvrirez à chaque fois de nouvelles choses. Et puis sinon, vous pourrez aussi chercher d’autres coups de coeur, d’autres travaux qui provoqueront peut-être chez vous de nouvelles et belles émotions. Il y a des milliers de nouveautés annuelles, vous n’allez pas me dire que vous n’y trouverez pas votre bonheur.

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      • Répondu par Laurent le 26 janvier 2010 à  15:23 :

        Pour être sincère avec vous, cher Sergio, j’avoue que c’est en partie par nostalgie que le désir de voir une série survivre après la retraite d’un auteur me rend heureux. Je suis également d’une époque où, pendant mon enfance et même mon adolescence, internet et le téléphone portable n’existaient pas, mes parents n’avaient malheureusement pas les moyens de nous emmener en vacances ou au cinéma et ce n’était pas de leur faute car nous étions quatre enfants à la maison et ce n’était pas évident tous les jours. Mon évasion, c’est essentiellement à travers la bande dessinée ou l’écran de la télé que je la vivais. Les personnages de BD m’ont toujours accompagné durant cette époque et quand l’un d’entre eux disparaît même si comme vous le dites si bien, il est toujours possible de relire les albums ou découvrir de nouveaux talents car il y en a, et bien cela me rend mélancolique.

        Maintenant, concernant Roger Leloup que j’apprécie beaucoup bien sûr, je sais que son prochain album va sortir prochainement et qu’il est loin de prendre sa retraite. Je sais aussi qu’il a vécu une période un peu difficile quand il avait vendu ses droits à une société de production de dessin animé. Il avait été déçu du résultat et c’était battu pour revenir en arrière et ne plus céder ses personnages à un tiers. Même s’il ne change pas d’avis concernant son héroïne de papier, il restera un homme intelligent malgré tout et je respecterai sa décision même si j’en serai très attristé pour les raisons que vous savez maintenant. Cordialement.

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    • Répondu par Norbert le 25 janvier 2010 à  22:44 :

      C’est mon avis et je le partage, comme dirait l’autre...
      Je suis parfaitement d’accord avec la décision d’un Auteur (avec un A majuscule) de ne pas lui laisser laisser son œuvre : c’est lui qui a créé et signé celle-ci, même s’il a été soutenu par un éditeur, un public, etc.

      Yoko Tsuno est l’œuvre de Roger Leloup, il n’appartient qu’à lui de décider si elle doit connaître de nouvelles aventures après sa disparition (mais il est encore là et n’a pas dit son dernier mot, ne l’enterrons pas trop tôt...). Personnellement, je ne comprendrais pas que son personnage soit animé par quelqu’un d’autre, car il a vraiment mis tout son être dans cette création et ce serait renier sa qualité même d’artiste.

      Quant à Astérix, je serais plus nuancé. Si Astérix est, nul n’en doute, une vraie création artistique, je ne serais pas choqué par une reprise du personnage car, après-tout, ce ne serait que la seconde fois ! C’est bien une nouvelle vie qu’a vécu le gaulois après la mort de Goscinny, et rien ne dit que la troisième serait moins réussie (léger euphémisme) que celle que lui a fait vivre Uderzo, avec toute la bonne volonté qui le caractérise.

      Et puis Astérix est plus qu’un personnage, c’est un emblème que se sont approprié tous les lecteurs (pour ne pas dire les français). Chacune de ses histoires, au lieu d’être un épisode constitutif d’une épopée à suite, est surtout une métaphore de notre société, et, à ce titre, il y a certainement encore beaucoup de choses à dire. Cette bande dessinée a le potentiel incontestable pour s’adapter à l’actualité de notre monde en évolution.

      Le problème d’Astérix n’est pas de savoir s’il doit survivre à son/ses créateur(s) car cette option est en réalité actée depuis longtemps ; le problème, c’est de trouver de bons scénarios ! Si ce miracle se produit, alors personne ne contestera le bien-fondé de la reprise. Dans le cas inverse, Astérix mourra de sa petite mort...

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  • Que ferait-on ici sans les avis éclairés quasi systématiques d’Oncle François et de Sergio Salma... Franchement on se le demande !...

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    • Répondu par Francois Pincemi le 26 janvier 2010 à  18:57 :

      Vous noterez que pour cette fois, Sergio Salma et moi-même sommes quasiment d’accord, ce qui pourrait prouver que les grands esprits finissent toujours par se rencontrer. Même les petits d’ailleurs en l’occurrence, mais l’important c’est qu’un simple lecteur-acheteur de BD soit pour une fois d’accord avec un professionnel établi.

      De toutes façons c’est bientôt la féte de la BD, à Angougou, mais aussi à la télé (séquence quotidienne sur le sujet cette semaine au journal de TF1 de 13 heures), et aussi dans les journaux sérieux de papier qui en temps normal ne parlent jamais de BD (ce qui démontre facilement leur manque de sincérité)

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