Le parcours des façades BD de Bruxelles serait-il sexiste et colonialiste ?

21 septembre 2022 Actualité 5 Commentaires
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POLÉMIQUE. Rien de va plus du côté du Plat pays, terre de naissance et d’accueil de la BD. Des associations dénonce les caractère racistes, sexistes et colonialistes d’une partie des fresques du parcours BD qui orne les façades de la ville. Certaines seraient directement mises en cause apr des associations, et leur retrait pur et simple a été exigé !

Voilà plus de trente ans que la ville de Bruxelles utilise des façades aveugles pour les décorer aux couleurs de la bande dessinée. Rien d’étonnant pour une capitale qui a vu naître et grandir quelques-uns des plus noms du 9e Art, comme Hergé, Franquin, et bien d’autres. Surtout que la bande dessinée fait toujours partie intégrante de la culture de la ville, qui lui consacre un festival depuis plus de dix ans.

Le parcours des façades BD de Bruxelles serait-il sexiste et colonialiste ?
Le mur tel que représenté dans Le Trésor des Marolles, un épisode de Ric Hochet.
© Tibet et André-Paul Duchâteau, et Le Lombard.

Ce parcours BD reste donc une belle initiative pour illustrer l’identité bruxelloise en même temps qu’elle promeut quelques séries emblématiques, de Tintin à Corto Maltese, de d’Astérix à Ric Hochet. Sauf que depuis peu, des associations se sont élevées contre une quinzaine de ces illustrations et interpellent les autorités.

Pour la plupart de ces détracteurs, c’est le sexisme qui est pointé du doigt. À commencer par celle de la série Ric Hochet reprise par de nouveaux auteurs en 2018 : l’attitude du journaliste à la veste en pied de poule apparaîtrait trop macho face à la pauvre jeune femme en détresse qui lui sert de fiancée ; un cliché qui ne passe pas pour certaines associations. Idem pour la frise des Schtroumpfs où Schtroumpfette dont le personnage incarnerait un frein à l’égalité entre les hommes et les femmes. Troisième exemple, la fresque d’Odilon Verjus (par Yann & Verron) où le missionnaire tend la main à Joséphine Baker, a été tagué en rouge par un « Decolonize » depuis deux ans.

Suite à ces demandes de retrait, la Ville de Bruxelles a préféré instaurer un débat avec des militants et des citoyens, puis un comité de chercheurs a été mise en place. « Nous en sommes arrivés à la conclusion qu’il ne fallait pas retirer mais peut-être les expliquer", a indiqué l’échevin en charge du Parcours BD de la Ville de Bruxelles à nos collègues de la RTBF. Jusqu’à présent, la seule explication inscrite sur les plaques accompagnant ces œuvres se limitait à mentionner le titre de la BD, de le nom ses auteurs et sa date de réalisation… »

La solution pour la ville est donc de mieux informer le chaland sur le propos et le contexte de l’œuvre présentée en pleine rue. Dès maintenant, un code QR est apposé sur les fresques qui ont recueilli les réactions les plus vives. En le scannant, on découvre une fiche explicative concernant l’œuvre et la série, ainsi que des explications complémentaires rédigées par des experts.

La fresque d’Odilon Verjus, avant qu’elle ne soit taguée
Photos : CL Detournay

Sur les soixante-sept fresques du parcours actuels, trente profitent déjà d’un QR code, dont quinze renvoient vers une notice explicative complémentaire, la plupart pour tenter de tempérer leur éventuel caractère polémique. Vingt notices supplémentaires vont suivre. Et comme les autorités souhaitent une plus grande féminisation du parcours BD, cela aura certainement un impact sur le choix des prochaines réalisations à venir.

Des initiatives qui, on l’espère, calmeront quelque peu les esprits, décidément très échauffés à Bruxelles en ce moment. C’est une mesure de bon sens : il vaut toujours mieux expliquer que de censurer !

CLD

Pour en savoir plus sur les fresques BD de Bruxelles

Plus d’infos sur les demandes de retrait et les réactions des autorités, via l’article de nos confrères de la RTBF

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5 Messages :
  • The world is sick…

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    • Répondu le 22 septembre à  11:43 :

      "Mon pays c’est l’imaginaire et je suis dans un pays occupé par des gens que l’imaginaire n’intéresse pas" Jean- Luc Godard. Je suis consterné que des idiots s’attaquent à des représentations d’oeuvres en rejetant toute fantaisie et sans en connaître le fond visiblement. Joséphine Baker, a été une danseuse de music hall habillée avec une ceinture de bananes, mais c’était aussi une femme remarquable, décorée de la médaille de la résistance française, de la légion d’honneur, de la croix de guerre et entrée au panthéon en 2021. Elle n’a pas de leçons à recevoir de quelques militants à la petite semaine et elle est trahie par une lâcheté politique de plus en plus présente. Il n’y a pas à tergiverser avec les individus qui vandalisent des oeuvres.

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  • Ce qu’il y a de rageant avec des associations aussi débiles, c’est qu’elles sont infoutues de regarder le passé avec d’autres yeux que ceux qu’elles ont aujourd’hui, et refusent d’admettre que les choses ont pu être différentes à un moment donné, préférant censurer l’Histoire (ici celle de la BD) plutôt qu’expliquer ou se projeter dans le futur avec leur valeurs actuelles. Leurs méthodes sont les mêmes que celles des fondamentalistes de tous bords qui réécrivent l’Histoire pour mieux la contrôler, et elles auraient beau hurler que "elles ça n’a rien à voir, leur combat est juste, contrairement aux autres", elles sont à combattre tout autant.

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    • Répondu le 22 septembre à  20:55 :

      Non, pas tout autant. Entre le fascisme et la débilité de certaines associations anti-fascistes, je préfère la débilité de certaines associations anti-fascistes. Dans tout mouvement de fond, militant, politique, révolutionnaire ou simplement associatif, il y a des modérés et il y a une frange radicale. Ceux qui, par exemple, veulent invalider le combat féministe sous prétexte qu’il existe des féministes excessivement radicales se trompent. Le communisme ou l’anarchisme par exemple n’ont jamais présenté un front uni. Il y a toujours eu plein de nuances et de sous-groupes plus ou moins rivaux ou opposés. C’est vrai aussi à l’extrême-droite d’ailleurs.

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  • Verron et Yann devraient proposer une modification de leur fresque, remplacer Joséphine Baker par Leni Riefensthal, autre personnage féminin d’"Odilon Verjus".

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