Bang ! Quand "Beaux-Arts Magazine" épouse la bande dessinée

15 janvier 2003 2 commentaires
  • La nouvelle revue que lancent Casterman et le magazine "Beaux-Arts" en collaboration avec Benoît Peeters se veut un outil de référence et de découverte, tout entier dévoué à la cause de la bande dessinée, avec la volonté de la sortir du ghetto traditionnel dans lequel on a trop souvent tendance à l'enfermer.

Le titre est beaucoup plus court que "Les Cahiers de la Bande dessinée", auquel on pense tout d’abord : "Bang !", tout simplement. Comme seule explication à ce choix, un sobre "Bang ! parce que pan !" termine l’éditorial de ce numéro un. Bang ! Quand "Beaux-Arts Magazine" épouse la bande dessinée
Au lecteur de deviner la suite et de faire le lien avec les onomatopées qui sont l’une des plus belles innovations apportées par la bande dessinée aux arts de l’image et de la narration et l’une de ses principales spécificités.

Sous la co-direction de Benoît Peeters (avec Fabrice Bousteau de Beaux-Arts, et Vincent Bernière comme rédacteur en chef), l’un des rares exégètes de la bande dessinée qui ait su garder un discours et un niveau d’analyse élevés sans tomber dans un jargon hermétique, on pouvait s’attendre à un choix judicieux parmi toutes les variations actuelles de ce media. On est gâtés. "Bang ! cherche à nous offrir ce que nous aimons", explique l’éditorial. "Des comics américains, des mangas, des bandes dessinées françaises, belges, mexicaines, coréennes... Des histoires courts ou longues, presque toujours inédites. (...) De l’art, du graphisme, du clip vidéo ou de l’architecture dessinée aussi". Bref, un contenu éclectique à l’image de ce qu’est devenue la bande dessinée aujourd’hui, un art qui ne connaît plus de frontières et qui, même s’il est typiquement lié par son contenu à la culture dans laquelle il a été créé, parvient par sa forme à toucher des publics extrêmement variés, dans le monde entier.

En pratique, cela donne un choix d’images commentées par quelques acteurs de la bande dessinée, un passionnant entretien avec François Schuiten et un très poétique récit sans paroles que ce dernier avait dessiné pour sa fille, des strips de Got et Trondheim qui avaient été réalisés pour un laboratoire pharmaceutique, une très judicieuse analyse du phénomène du reportage en bande dessinée que l’on voit fleurir un peu partout, une visite en bande dessinée par fabrice Néaud de l’exposition "Matisse et Picasso" qui s’est tenue à Paris et un reportage dessiné par Riss, de Charlie Hebdo, sur un match PSG/OM au Parc des Princes, quelques planches inédites en album de l’irremplaçable Reiser qui, plus de trente ans après leur réalisation, sont toujours d’actualité, une chronique de Seth sur un festival de bande dessinée particulièrement déprimant, un bel article de Thierry Smolderen sur Winsor Mac Cay en introduction à l’une de ses séries méconnues, "Petit Sammy éternue", un récit érotique de Frédéric Boilet mêlant image numérique et bande dessinée, et quelques conseils de lecture. On reste nettement plus dubitatif devant "L’empreinte de la petite main", une série de peintures à l’huile mêlées de textes obscurs de Thierry Van Hasselt.

"Bang !" est vendu 19.5 Euros

(par Patrick Albray)

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