Casterman à l’ère de la renaissance

14 juin 2002 0 commentaire
  • Après Dupuis (années 80), Lombard et Dargaud (années 90), c'est au tour de Casterman, après une période
    d'instabilité post-rachat, de revoir son catalogue de fond en comble.

On le disait au plus mal. Racheté par Flammarion, lui-même racheté ensuite par Rizzoli, confronté à une crise sociale grave parmi son personnel, on pouvait craindre le pire pour l’éditeur historique de Tintin. Casterman, heuresement, est en train de sortir de cette période noire, et revient dans le vert. C’est ce qui ressort d’un dossier que lui a consacré notre confrère Fabrice Piault dans "Livres Hebdo" n°458.

Désormais centralisée à Bruxelles (alors qu’elle se partageait auparavant entre Paris, Tournai et Bruxelles), dirigée par Louis Delas, ex-directeur général de Vents d’Ouest, l’équipe a récemment été complétée par Benoît Peeters en tant que conseiller éditorial.

Si elle compte bien maintenir l’importance de ses deux piliers, Tintin et Martine (respectivement 20% et 15% des ventes), la maison d’édition restructure son catalogue. De grands classiques, comme "Berceuse électrique" de Ted Benoît ou "La jonque fantôme vue de l’orchestre", de Jean-Claude Forest, seront intégrés à une collection "Trésors cachés".

Une collection "Ecritures" accueillera des romans graphiques de 80 à 250 pages comme "Autoroute du Soleil" de Baru ou "Quartiers lointains" de Taniguchi.

Une collection "Humour", dirigée par Philippe Geluck, mêlera textes et dessins dans des livres quadri ou bichro.

En outre, un "Magazine des littératures graphiques", trimestriel de 150 pages co-réalisé avec le magazine "Beaux-Arts", sera lancé en novembre, avec un numéro consacré à Schuiten.

Enfin, Casterman et Fluide Glacial, tous deux propriétés de Flammarion, lanceront ensemble un nouveau label d’humour décalé.

Souhaitons bonne chance à Casterman pour cette refonte en profondeur de son catalogue, et espérons qu’elle lui permettra de retrouver un éclat injustement terni par les rachats successifs.

(par Patrick Albray)

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