
Imaginez-vous en train de parcourir un livre rédigé dans une langue inconnue. Vous en comprenez étrangement le sens. Au fil de votre lecture, les pages du livre s’effacent les unes après les autres. Rien de bien spectaculaire, si ce n’est que votre mémoire s’effiloche également peu à peu... Et une force inexplicable et inextricable vous empêche d’abandonner votre lecture.
![]()
Raphaël Drommelschlager a bâti son histoire sur ce postulat. Kaël, le personnage principal, perd tout doucement la mémoire et donc son identité. Un homme qui lui ressemble étrangement s’immisce dans sa vie. Il n’a qu’un seul but : prendre possession de son être.
L’auteur signe un récit d’une sensibilité à fleur de peau. Il s’attarde, à travers son dessin et de larges cases décousues de dialogue sur son histoire, incitant le lecteur à réfléchir aux non-dits. Il joue également de son style graphique épuré et de couleurs chatoyantes pour construire des ambiances et parfaire les attitudes de ses personnages.
Ce premier tome des Voyages de Kaël est un album abouti, sensible, intelligent. Une très belle découverte en cette rentrée.
(par Nicolas Anspach)
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.