Marcelino Truong : "J’essaie de me faire le porte-parole de la diaspora vietnamienne."

28 avril 2017 0 commentaire
  • Nous avons pu rencontrer, à l'occasion du dernier festival BD à Bastia, le dessinateur Marcelino Truong. Auteur de deux livres autobiographiques remarqués, son travail commence à prendre une dimension internationale. Il se prépare ainsi à une tournée d'un mois en Amérique du Nord. C'est l'occasion de revenir sur ses motivations d'auteur et ses projets. Mais aussi, alors que le 30 avril est marqué en 1975 par l'entrée du Viet-Cong dans Saigon, sur sa vision de la guerre du Vietnam et de son historiographie.

Quelle fut la genèse de vos romans graphiques, dont le premier est intitulé Une si jolie petite guerre ?

Cela faisait des années que je voulais raconter mon enfance à Saigon (aujourd’hui Hô-Chi-Minh-Ville) au début de la guerre du Vietnam. Je suis né en 1957, d’un père vietnamien et d’une mère française, trois ans après la fin de la guerre d’Indochine. À la suite de la partition du Vietnam en 1954, un régime communiste dirigé par Hô Chi Minh se mit en place, tandis qu’au Sud, les Vietnamiens non communistes tentaient de bâtir un État tourné vers ce qu’on appelait alors le "monde libre". Hélas, la trêve ne dura guère et les hostilités reprirent entre Vietnamiens à partir de 1959. Le Vietnam devint l’un des théâtres de l’affrontement entre Est et Ouest, un "front chaud" de la Guerre froide.

Mon père, formé dans des écoles et universités françaises, était haut-fonctionnaire de la République du Vietnam, le Sud-Vietnam, que soutenaient les États-Unis, tandis que le régime de Hanoï, le Nord-Vietnam, été fortement aidé par le bloc soviétique et la Chine populaire. En 1961, mon père était un jeune diplomate vietnamien, en poste à Washington D.C., lorsque nous fûmes rappelés à Saigon. Nous y avons vécu pendant deux courtes années seulement, mais celles-ci furent très hautes en couleur. Il s’en passait des choses, sous notre balcon !

Marcelino Truong : "J'essaie de me faire le porte-parole de la diaspora vietnamienne."
Une Si Jolie Petite Guerre © Marcelino Truong / Denoël Graphic 2012

Le déclic survient lorsqu’en 2010, au détour d’un vernissage parisien, le directeur des éditions Denoël Graphic, Jean-Luc Fromental, me demande si j’avais un projet en tête. Je saisis l’occasion de raconter mon enfance saigonnaise dans un roman graphique. Cela a conduit à Une si jolie petite guerre (publié en octobre 2012) Il me semblait que c’était une histoire forte, qu’il fallait la raconter, car, en Occident, on n’a trop souvent entendu qu’un seul son de cloche à ce sujet. Bien souvent le discours sur la guerre du Vietnam fut dominé par des auteurs ou journalistes très politisés, appartenant le plus souvent à la mouvance progressiste, ou par des universitaires engagés, militant contre cette guerre. Il était bien sûr légitime qu’ils expriment leur point de vue, mais on aurait dû douter plus souvent de leur objectivité. Comme disent les Anglais : "There are always two sides to a coin".

Mais alors pourquoi le second volume, Give Peace A Chance ?

Give Peace A Chance © Marcelino Truong / Denoël Graphic 2015

Après la réussite d’Une si jolie petite guerre, Jean-Luc Fromental me donna le feu vert pour en réaliser la suite, racontant ma jeunesse en Angleterre et en France, jusqu’à la fin de la guerre du Vietnam, en avril 1975. C’est à lui que revient l’idée du titre de ce second volet, publié en novembre 2015 : Give Peace A Chance - Londres 1963-75.

La guerre du Vietnam forme la toile de fond de mes années de formation. Même lointain, observé depuis l’Europe, le conflit du Vietnam fut l’événement politique marquant, qui contribua à façonner ma personnalité et mon univers d’auteur. La guerre du Vietnam fut au cœur des débats pendant trente ans, de 1945 à 1975. Comme la guerre d’Espagne auparavant, elle divisa profondément l’opinion publique en Occident : on se positionnait souvent sur le plan politique par rapport à ce conflit lointain. La plupart des gens "cool" étaient pro-Hanoi et l’on s’avouait plus difficilement pro-Saigon.

Le conflit vietnamien fut aussi contemporain de l’éclosion d’une véritable révolution culturelle, la contre-culture pop des années 1960 et 1970, dont le commandement "Make love not war" est un slogan né du rejet de cet "Armageddon" asiatique. Je voulais parler de tout ça, de l’effet de la guerre du Vietnam sur l’Occident, et ça a donné Give Peace A Chance.

"Make love, not war !" - crayonné inédit (planches 224-225) pour "Give Peace A Chance" © Marcelino Truong 2015

Vos ouvrages ont-ils été traduits ? Sont-ils connus aux Etats-Unis ou ailleurs ?

Une si jolie petite guerre fut d’abord traduit en espagnol (chez Spaceman), en brésilien (chez Positivo) et puis en allemand, en 2014.

L’édition allemande chez Egmont Verlag, Ein schöner kleiner Krieg, a reçu un bon accueil dans la presse. J’ai senti une bonne compréhension de mon sujet en Allemagne, sans doute parce que ce pays a connu deux régimes totalitaires redoutables, l’un de droite, le national-socialisme, et l’autre de gauche, le communisme dur d’Allemagne de l’Est. Il me semble que les Allemands, déjà convaincus de l’horreur du totalitarisme nazi, ont aussi abandonné toute vision romantique du communisme.

Such A Lovely Little War © Marcelino Truong / Arsenal Pulp Press 2016

En octobre 2016, la publication en langue anglaise d’Une si jolie petite guerre, par un éditeur canadien de Vancouver, Arsenal Pulp Press, est un tournant permettant à l’aventure de se poursuivre ! La critique de Such A Lovely Little War est déjà favorable aux Etats-Unis, au Canada et en Australie, mon "graphic memoir" ayant eu entre autres les honneurs des Kirkus Reviews, du New York Times, du Sydney Herald et de l’hebdomadaire canadien Maclean’s. En Angleterre, où le marché de la BD est moins développé, mon livre a eu la chance d’attirer l’attention du spécialiste britannique, Paul Gravett.

Enfin, Give Peace A Chance paraîtra à l’automne 2017 chez le même éditeur, mais sous un nouveau titre - copyright oblige - et se nommera Saigon Calling - London 1963-75. Il y a là une allusion au groupe anglais The Clash, dont plusieurs hits évoquent la guerre du Vietnam. Les deux versions anglaises sont signées David Homel, un orfèvre en la matière, dont la traduction délicate a su préserver les nuances du texte original en français.

L’ironie et le paradoxe sont que mes deux romans graphiques ne puissent pas être traduits au Vietnam, car ils vont à l’encontre de la narration officielle de l’Histoire, celle dictée par le Parti. Le simple fait d’affirmer, comme je le fais, que les conflits du Vietnam de 1945 à 1975 furent des guerres civiles n’est absolument pas autorisé aujourd’hui par Hanoi. Pour eux, les choses sont bien plus simples : tout le Peuple était avec Hô Chi Minh et ceux des Vietnamiens qui pensaient autrement n’étaient que des traîtres ou des fantoches.

Crayonné inédit (planche 79) pour une ouverture de chapitre d’ "Une Si Jolie Petite Guerre" © Marcelino Truong 2012

Qu’espérez-vous de cette édition en langue anglaise ?

J’espère que cette traduction va permettre à la diaspora vietnamienne dispersée à travers le monde de découvrir mes livres, car ce que je raconte est l’histoire de nombreux Vietnamiens du camp non communiste, dont on a peu parlé, au fond.

La présence d’une gigantesque armada américaine au Sud-Vietnam éclipsa complètement la cause des Vietnamiens du camp non communiste, celui que l’on appelait de manière péjorative le "régime de Saigon". Une bonne partie de l’opinion occidentale eut vite fait de considérer ces nationalistes vietnamiens comme des fantoches, des "laquais de l’impérialisme américain", pour reprendre le jargon de l’époque. Ce n’est qu’avec le drame des boat-people, après 1975, que le monde découvrit que le peuple vietnamien n’emboîtait pas unanimement le pas derrière Hô Chi Minh, et qu’il avait existé une autre ambition, une autre voie possible au sortir de la colonisation, une fois obtenue l’indépendance du Vietnam.

Il arrive parfois que dans les rencontres où je suis invité une personne originaire du Vietnam se présente et me dise : "L’histoire que tu racontes dans tes BD est la mienne !" Ou alors on me dit : "Tu évoques des choses dont mes parents, qui ont fui le Vietnam, n’ont jamais parlé !" J’entends souvent parler du mutisme de la génération ayant été chassée du Vietnam par la guerre ou ayant fui le pays après 1975. En effet, le silence est presque toujours la norme pour ces Vietnamiens qui ont tout laissé derrière eux, ayant souvent fui le pays dans des conditions rocambolesques et très souvent tragiques - nul ne sait combien ont péri en mer. Mes livres, ainsi que ceux d’autres auteurs de la diaspora, viennent combler ce vide, ce silence. J’essaye de me faire leur porte-parole.

Enfin, je pense que mes romans graphiques apportent un nouvel éclairage sur la guerre du Vietnam et sur les Américains (ou les Australiens, Sud-Coréens et Thai), qui y prirent part comme combattants.

Il est aussi possible - je l’espère - que mes bandes dessinées fassent réfléchir certains progressistes en Amérique ou en Australie, qui autrefois militaient contre la guerre du Vietnam - ce qui était légitime et plutôt noble -, et dont certains, remplis de sympathie pour le régime de Hanoi, souhaitèrent ardemment la victoire des communistes vietnamiens - ce qui était, à mon sens, plus discutable.

Crayonné inédit (planche 223) pour une ouverture de chapitre d’ "Une Si Jolie Petite Guerre" © Marcelino Truong 2012

Que reprochez-vous aux personnes qui condamnaient la guerre du Vietnam ?

Disons plutôt que de reprocher, je regrette chez certains Occidentaux - souvent animés de bonnes intentions - leur aveuglement, leur absence de prudence. Militer contre la guerre du Vietnam quand on était un jeune américain, risquant d’être tué, blessé ou traumatisé à vie en combattant en Asie, me paraît une attitude tout à fait défendable. Les Américains n’avaient que très peu de raisons d’aller se battre Vietnam. Ce n’était pas leur guerre.

Hélas, la présence massive d’un contingent américain au Sud-Vietnam occulta le fait que bien des Vietnamiens ne souhaitaient pas vivre dans un régime communiste, système auquel ils avaient pu souvent goûter pendant la guerre d’Indochine ! En effet, entre 1945 et 1954, nombreux furent les Vietnamiens à avoir fait du chemin sous la bannière de l’oncle Hô, à avoir vécu dans des zones contrôlées par le Vietminh communiste, et qui furent déçus par cette expérience.

Les positions de la France et du Viet Minh en Indochine en 1951 d’après la CIA © Central Intelligence Agency
Case extraite d’ "Une Si Jolie Petite Guerre" © Marcelino Truong / Denoël Graphic 2012

Les Occidentaux militant contre la guerre du Vietnam avaient donc des raisons de souhaiter le retrait des États-Unis et le retour des "boys". En revanche, là où certains d’entre eux se sont égarés, à mon sens, c’est quand ces militants de la paix se mettaient à appeler de tous leurs vœux la victoire des communistes vietnamiens. Les Occidentaux les plus progressistes soutenaient par idéologie un régime dont, au fond, ils ne savaient pas grand-chose.

Comme le bloc soviétique à l’abri du rideau de fer, le Nord-Vietnam, la Chine populaire et la Corée du Nord, étaient des régimes totalitaires très opaques, très fermés, murés derrière le "rideau de bambou", contrôlant étroitement leurs populations, soignant leur image, en ne laissaient diffuser à l’étranger qu’une information filtrée, fleurant fort la propagande.

© Tomi Ungerer 1967

Pendant les trente années de guerre du Vietnam, la narration de ce conflit fut hautement politique. Le discours dominant au sein de la jeunesse occidentale présenta la guerre du Vietnam comme un conflit opposant le David vietnamien au Goliath américain. Il y a un dessin de presse connu de Tomi Ungerer montrant la lutte des Lilliputiens vietnamiens contre le Gulliver yankee. Il avait vécu la tyrannie nazie en Alsace pendant la guerre, mais ça ne l’empêcha pas d’assimiler les Américains aux fascistes.

La guerre du Vietnam choquait les esprits. On avait vraiment le sentiment que les Etats-Unis voulaient empêcher les Vietnamiens de se libérer du joug occidental. C’était le climat de l’époque ! Il faut comprendre que la décolonisation du Vietnam eut lieu, entre 1945 et 1975, au moment où le communisme était à l’apogée de son prestige.

Planches extraites de "Give Peace A Chance" © Marcelino Truong / Denoël Graphic 2015

Lorsqu’en 1956, les révélations du rapport Khrouchtchev apportent un bémol au culte de Staline, une nouvelle révolution très "romantique" vient en 1959 redorer le blason du communisme : l’épopée de Fidel Castro et d’Ernesto Guevara - le Che - donne un nouvel élan, une impulsion durable, au mythe communiste.

Dans les années 1970, avant les révélations sur les désastres du Grand Bond en avant et de la Révolution culturelle, le Grand timonier Mao est adulé comme la nouvelle étoile montante du communisme, "Le Soleil rouge se levant à l’Est !", dit de lui Herbert Marcuse ! L’Archipel du goulag d’Alexandre Soljenitsyne, confirmant l’existence d’un univers concentrationnaire soviétique, n’est publié en France qu’en 1974, moins d’un an avant la fin de la guerre du Vietnam !

Planches extraites de "Give Peace A Chance" © Marcelino Truong / Denoël Graphic 2015
Planches extraites de "Give Peace A Chance" © Marcelino Truong / Denoël Graphic 2015

Quand le flambeau du marxisme se trouve un peu délaissé par la classe ouvrière en cette période de croissance, il est alors repris notamment par les étudiants des classes moyennes. C’est Mai 1968 en France et dans le monde : une atmosphère de rébellion contre l’autorité. On est en pleine explosion culturelle, celle de la contre-culture pop, c’est sûr ! "Drop acid, not bombs !" peut-on lire dans les manifestations contre la guerre du Vietnam. La guerre du Vietnam est le vitriol que la jeunesse en colère jette à la face des adultes, de l’autorité. C’est sur ce fond se déroula pendant trente ans la lutte pour l’indépendance du Vietnam.

Pourquoi avait-on selon vous une vision "romantique" du communisme ?

Pour ce qui est du Vietnam, il faut rappeler que pendant toute la durée des conflits, autant les informations concernant le camp non communiste étaient pléthoriques, autant celles provenant du Nord-Vietnam ou des maquis FNL au Sud étaient rares. Curieux que l’on n’ait pas davantage mis en doute de déséquilibre, cette opacité ! L’histoire de l’énorme couverture médiatique du conflit vietnamien - la "living-room war" - mériterait d’ailleurs d’être étudiée d’un œil neuf, car, si la guerre du Vietnam fut à bien des égards un conflit asymétrique, celle des images fut également asymétrique, mais cette fois, ce fut à l’avantage du camp communiste.

Pendant que des reporters sillonnaient le Sud-Vietnam, en travaillant très librement, seule une poignée de journalistes triés sur le volet était admise au Nord-Vietnam. Ceux-ci réalisaient leurs reportages sous l’œil vigilant de cadres du Parti. C’est leur narration héroïque et manichéenne que je m’efforce de tempérer dans mes romans graphiques. Mon histoire familiale m’a permis d’avoir une vision plus large du conflit que nombre d’observateurs occidentaux.

Le fait d’être vietnamien vous donnait-il un autre éclairage ?

J’ai eu la nationalité vietnamienne jusqu’à l’âge de 18 ans. Il est certain que le fait d’avoir des origines vietnamiennes m’a donné accès à des témoignages venant de membres de ma famille ayant milité ou combattu dans des camps opposés. Dans les années 1990, il fut possible de rentrer au Vietnam, et ce fut l’occasion pour moi d’entendre mes oncles et tantes, ces héros décorés de la "Deuxième Grande Résistance patriotique", plaider la cause de leur révolution.

La décolonisation divisa bien des familles vietnamiennes. Dans la mienne comme dans tant d’autres fratries, un frère ou une sœur avait choisi le camp nationaliste, tandis qu’une sœur ou un cousin prenait le maquis. Après 1975, un frère devenait un héros décoré du régime, tandis que l’autre frère fuyait le Vietnam en boat-people. J’ai aussi passé beaucoup de temps avec les perdants de la guerre, les petits-bourgeois jugés "réactionnaires", restés bloqués au pays, et qui vivotaient très difficilement, mis au ban de la société communiste.

Mon travail est nourri de tous ces témoignages, auxquels se sont bien sûr ajoutées mes recherches personnelles.

Vous suggérez que les universitaires racontant l’histoire du Vietnam en donnaient une version orientée. L’historiographie de la décolonisation du Vietnam n’évolue-t-elle pas, avec le temps ?

On constate heureusement une évolution dans la narration de l’histoire du Vietnam. Depuis quelques années, on voit apparaître des ouvrages plus nuancés sur l’histoire de la colonisation du Vietnam et de son chemin vers l’indépendance.

Les historiens souvent très engagés des années 1960 et 1970, dont les ouvrages étaient parfois de doctes pamphlets maquillés en travaux savants, ont cédé la place à de jeunes chercheurs - ayant parfois pris la peine d’apprendre le vietnamien -, et s’appuyant sur des sources plus étendues, dont les publications ont abandonné le ton parfois manichéen de leurs prédécesseurs.

En France, les travaux de François Guillemot (un ancien du groupe Bérurier Noir !), accordent aux nationalistes vietnamiens non communistes une place longtemps ignorée. Aux États-Unis, des historiens comme Christopher Goscha, Keith Taylor, Olga Dror ou Liam Kelly offrent une approche plus modérée et, je crois, plus juste de la colonisation du Vietnam, ainsi que de sa marche vers l’indépendance et des conflits qui s’ensuivirent.

Et la bande dessinée là-dedans, dans cette historiographie contemporaine ?

On remarque que le roman graphique, lorsqu’il est un récit mémoriel autobiographique, attire de plus en plus les professeurs d’histoire-géographie, comme outil de vulgarisation voire comme document-source, pour initier leurs étudiants à des sujets qui peuvent leur sembler rébarbatifs au premier abord.

Des récits mémoriels autobiographiques en images, comme Maus d’Art Spiegelman, comme Persepolis de Marjane Satrapi (ou les miens), sont déjà lus dans les collèges ou les lycées et seront peut-être un jour prescrits par l’Éducation nationale !

Quelle est votre actualité pour cette année 2017 ?

Fin avril, je pars en Amérique du Nord pour tout le mois de mai, faire une tournée de promotion de mes deux bandes dessinées. Mon périple commence début mai à New York avec le Pen World Voices Festival, un événement culturel important, créé par Salman Rushdie.

Les 13 et 14 mai, je serai à Toronto et prendrai part au Comic Arts Festival. Le 16 mai, c’est au tour de l’Alliance française de me recevoir à Calgary, puis le 17 mai à Edmonton. Le 19 mai commencera le Vancouver Comic Arts Festival, qui dure jusqu’au 21 mai. J’y serai également. Vancouver est d’ailleurs la ville de mon éditeur canadien Arsenal Pulp Press.

Le 23 mai, je file à Ottawa, la capitale canadienne, où m’attend une importante diaspora de Vietnamiens. Il y a environ 221 000 Canadiens d’origine vietnamienne, soit presque autant qu’en France ! Ma virée nord-américaine prendra fin avec le FBDM, Festival de bande dessinée de Montréal, qui aura lieu les 26, 27 et 28 mai 2017.

Pendant toute cette balade, je serai souvent aux côtés de l’illustratrice et auteur BD française Sandrine Revel, Prix Alph-Art Jeunesse 2011 et Prix Artémisia 2016, dont l’un des albums réputés raconte la vie du pianiste canadien Glen Gould (Glen Gould, une vie à contretemps, Dargaud, 2015).

Avez-vous, ensuite, des projets de livres ?

À mon retour, en juin, il faut que je me mette à l’écriture d’un scénario pour une BD de fiction, cette fois, laissant de côté l’autobiographie et l’autofiction. Je sais déjà que je vais reprendre le fil d’un projet initié en 2013, qui m’avait d’ailleurs valu une petite bourse d’écriture du CNL (Centre national du livre).

Je creuse cependant le même sillon - celui de l’histoire du Vietnam - mais je voudrais aborder la guerre d’Indochine (1945-54), en racontant l’itinéraire d’un jeune artiste vietnamien, enrôlé dans le Vietminh en 1951, et que le lecteur suivra dans l’univers de la Révolution de l’Oncle Hô.

Je voudrais parler de cette génération attachante, celle de mon père et de mes tantes et oncles du Vietnam, qui furent confrontés, au sortir de l’adolescence, à des choix déchirants.

Je voudrais raconter l’élan patriotique certain des Vietnamiens qui choisirent ou furent conscrits dans le Vietminh communiste, la formidable puissance mobilisatrice de ce mouvement fortement modelé par la Chine maoïste. Je voudrais raconter l’histoire d’une génération, qui, voulant arracher l’Indépendance, construisit dans le même élan sa prison idéologique...

Essai pour une illustration de couverture inédite de "Give Peace A Chance" © Marcelino Truong

(par Frédéric HOJLO)

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