"Seven Deadly Sins", un shônen en pôle-position pour Pika

18 mars 2014 0 commentaire
  • Les Seven Deadly Sins : une compagnie de chevaliers légendaires, accusés voilà dix ans d'avoir fomenté un coup d'État, et aujourd'hui disparus. Mais la princesse Elizabeth est bien décidée à faire sortir ces sept fameux guerriers de leur retraite afin de secourir le Royaume. Le nouveau grand shonen des éditions Pika tient toutes ses promesses, et même au-delà : succès garanti.

"Seven Deadly Sins", un shônen en pôle-position pour PikaElizabeth, jeune princesse en fuite, a pris la route pour retrouver les "Seven Deadly Sins", sept chevaliers disparus il y a dix ans après avoir été accusés d’avoir voulu renverser le pouvoir. Mais la situation du Royaume est telle, les exactions commises par les Chevaliers Sacrés, guerriers aux pouvoirs magiques incommensurables, sont si graves, qu’elle ne voit pas d’autre solution que de demander de l’aide à ces soldats légendaires.

C’est alors qu’elle rencontre Meliodas, tenancier de son état, qui s’avère être en réalité l’ancien chef de cette compagnie. Ensemble, ils partent à la recherche des six autres guerriers afin de secourir le Royaume et d’élucider le complot qui valut aux Seven Deadly Sins d’être accusés d’un crime qu’ils n’avaient pas commis, l’un d’entre eux ayant sans doute trahi les autres.

Les avis de recherche des Seven Deadly Sins, un peu idéalisés...
© Suzuki / Kodansha / Pika

À peine âgé de 37 ans, Nakaba Suzuki possède déjà un parcours pour le moins original dans le monde du manga. Ayant débuté au milieu des années 1990 dans le fameux Weekly Shonen Jump de Shueisha, le principal hebdomadaire de manga au Japon, il y connait un premier succès avec Rising Impact, manga sur le golf en 17 tomes, publié de 1998 à 2002. S’ensuivent une courte série de combat,, toujours dans le Weekly Shonen Jump - Ultra Red - et une incursion du côté du seinen, toujours chez Shueisha, mais dans un autre magazine, l’Ultra Jump.

C’est alors qu’il part chez un concurrent, Shogakukan, dans le Weekly Shonen Sunday, avec notamment Kongoh Bacho, 12 volumes, publiés de 2007 à 2010 au Japon et édités en France par Kana. Après cette expérience, il essaie encore un autre éditeur, et un autre hebdomadaire, avec Chigahagu Lovers en 2012, romance parue dans le Shonen Champion d’Akita Shoten ! Enfin, comme pour achever ce tour des grands éditeurs japonais et boucler la boucle, il débute Seven Deadly Sins dans le Weekly Shonen Magazine de Kodansha et se lance à présent dans le récit d’aventure.

Référence à la légende arthurienne, dont se réclame explicitement Nakaba Suzuki pour son manga
© Suzuki / Kodansha / Pika

Dans ce type de manga, la logique narrative la plus couramment suivie est celle qui voit un jeune héros faire ses preuves au fur et à mesure de combats contre des adversaires, de plus en plus forts et de plus en plus renommés. Ce n’est pas l’option choisie par Seven Deadly Sins puisque ses héros sont déjà réputés avant même le début de l’histoire, pourchassés par des adversaires censés constituer l’élite militaire du Royaume, les Chevaliers Sacrés.

Le récit engagé se veut donc très simple, et ne s’épargne pas certains clichés au départ : le héros, accompagné d’une princesse à protéger et d’une mascotte comique -Hawk, un cochon qui parle- poursuit une quête où deux enjeux sont immédiatement énoncés, l’un au présent, l’autre au passé.

Le choix du héros, d’emblée posé comme très puissant et particulièrement réussi dans sa caractérisation initiale, compense ce défaut d’originalité par des scènes d’action spectaculaires et la présentation de pouvoirs immédiatement impressionnants. Le tout sur un rythme élevé, l’intrigue progressant très rapidement.

Des pouvoirs spectaculaires !
© Suzuki / Kodansha / Pika

Le background ainsi posé séduit dans l’instant : le lecteur se trouve plongé dans une aventure de chevalerie de type Heroic Fantasy où l’on attend que la magie intervienne à tout moment et que surgissent des créatures merveilleuses. La découverte du premier des membres de la compagnie confirme cette attente, Diane se présentant comme une... géante !

Côté dessin, Nakaba Suzuki offre un trait qui paraît d’abord beaucoup emprunter à Akira Toriyama pour ce qui est des personnages. On notera cependant une plus grande attention accordée aux décors et une réelle finesse dans l’exécution des vêtements, des armures, et de l’équipement qui habillent les personnages. Un cocktail extrêmement séduisant, faisant presque oublier l’épouvantable papier jauni offert par l’édition française.

Seven Deadly Sins aligne un a un ses atouts pour prétendre au statut de nouveau grand succès international en matière de shonen. Une place qui serait amplement méritée : cela faisait en effet bien longtemps qu’un manga de ce type n’avait pas suscité autant d’intérêt. On ne saurait trop le conseiller à tout lecteur qui s’intéresse aux formes et évolutions contemporaines de ce genre de récit.

Découverte de Diane, la géante
© Suzuki / Kodansha / Pika

(par Aurélien Pigeat)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Seven Deadly Sins. Par Nakaba Suzuki. Traduction Fédoua Lamodière. Pika Edition, collection shonen. Sortie le 19 mars 2014. 184 pages. 6,95 euros.

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