Kaboul Disco T1 - par Nicolas Wild - la boîte à bulles

27 février 2008 2 commentaires
  • Ou comment un auteur de BD en difficulté financière accepte un contrat en Afghanistan... Un parcours à la fois passionnant et hilarant, parfaitement mis en images.

Nicolas Wild raconte dans ce premier tome son périple oriental, ses motivations de départ et ses déboires sur place.

Employé par une association qui travaille pour le tout nouveau gouvernement afghan, il a en charge la réalisation d’une BD qui présente la constitution flambant neuve de ce pays, avec un délai plus que court. Le tout destiné à un public majoritairement analphabète, la narration dessinée se devant d’économiser les mots au maximum...

Non content de narrer moult détails passionnants sur ce pays agité, l’auteur ne se prive pas d’une forte dose d’auto-dérision. Effet humoristique garanti. On suit pas à pas sa découverte du pays, ses relations avec les "collègues français", et surtout ses contacts avec les us locaux et la population de Kaboul.

A la fois didactique et satirique, Kaboul Disco pourra voisiner avantageusement auprès des œuvres de Delisle (ses formidables témoignages de Birmanie et de Corée). On pense même à certains aspects du Persepolis de Satrapi pour son aspect moqueur et les saynètes oniriques qui ajoutent un piquant savoureux à l’histoire. Kaboul Disco T1 - par Nicolas Wild - la boîte à bulles

(par David TAUGIS)

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2 Messages :
  • Kaboul Disco T1 - par Nicolas Wild - la boîte à bulles
    27 février 2008 20:03, par Sergio Salma

    Etonnante veine que ces récits de voyage ou de reportage.
    S’il y a arrangement avec la réalité peut-être, il faut noter la pertinence de ce genre de bande dessinée . Kaboul Disco n’est pas la première et fera immanquablement penser à d’illustres prédécesseurs . Mais après tout, la proportion de bandes dessinées existant sur le marché qui sont directement issues d’un genre, d’une école est énorme, normal qu’il en soit de même pour ce "créneau" précis.

    Mine de rien, ce type de récit constitue un apport important et historique.
    Ce sont deux voies qui se rejoignent. Il y a d’abord un cousinage évident avec les classiques carnets de voyage illustrés (songeons à Titouan Lamazou ou même à Paul-Emile Victor, Pratt, Loustal et bien d’autres... ).

    Il y a ensuite le journal de bord (aux limites du journal intime)où l’on note par écrit ses impressions. Les deux pratiques se rejoignent naturellement et donnent naissance à ce qui est propre à la bande dessinée. Non pas seulement un texte et une image, mais une suite, des séquences .... Je remarque qu’autrefois, les auteurs de bandes dessinées qui voyageaient se livraient plutôt et uniquement aux séances classiques de croquis sur le vif. Ils sont de plus en plus nombreux à retranscrire leurs impressions dans ce format relativement prisé. Comme si la bande dessinée image et texte était le médium parfait pour raconter une excursion, une expérience, une visite, un voyage.

    Les auteurs ont beau être débutants ou relativement jeunes, la narration est naturellement élaborée. La candeur du voyageur rejoint la candeur et l’intérêt du lecteur. Ce dernier découvrira les coutumes, les faits et gestes au parfum d’inconnu. Les anecdotes inédites et étonnantes vécues par le touriste de base ou par l’aventurier-amateur une fois relatées sous cette forme attirent une sympathie immédiate.

    Pour trouver une explication à cette relative science narrative, peut-être le simple fait d’aller à l’essentiel donne-t-il une précision, une concision que l’on ne retrouve pas souvent dans d’autres genres.

    On excusera des erreurs de dessin ; comme si le lecteur se mettait dans la peau du dessinateur . Il tolérera une certaine naïveté dans la représentation inacceptable dans d’autres espaces codifiés.

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    • Répondu par Ranx le 28 février 2008 à  14:21 :

      Ouais, moi j’ai bien aimé (ça c’était pour être moins constructif... mais sinon, vivement le deuxième tome)

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