Le printemps sombre et brillant de L.L. de Mars

4 mars 2017 17 commentaires
  • L.L. de Mars est un auteur majeur de la bande dessinée alternative. Par ses travaux dans de multiples formes artistiques, son recul théorique sur le médium et son engagement pour la circulation libre de l'art et de la culture, il parvient à une synthèse personnelle, d'un abord un peu difficile, mais extrêmement enrichissant. Il publie ce printemps plusieurs ouvrages, étoffant encore une oeuvre pléthorique et foisonnante.

L.L. de Mars est un auteur prolifique, élaborant une œuvre protéiforme. Il fait feu de tout bois depuis les années 1980, éditant, dessinant, écrivant, filmant, composant, à un rythme soutenu. Là où de nombreux auteurs s’essouffleraient, se répéteraient voire se caricatureraient eux-mêmes, lui a su se renouveler sans cesse. Comment ? Alliant réflexion et sensibilité, culture et dextérité, il a multiplié les projets tant individuels que collectifs, n’hésitant pas à expérimenter les formes et les supports, parfois de façon radicale.

Le printemps sombre et brillant de L.L. de Mars
Sous les bombes sans la guerre © L.L. de Mars / Editions Tanibis 2017

Il est aisé de vérifier tout cela. Une grande partie du travail de L.L. de Mars est en effet accessible gratuitement en ligne, sur le site "Le Terrier". Ce site créé dès 1996 - une époque antique en matière de nouveaux médias - avait pour objectif de recueillir et diffuser les œuvres de la revue La Parole Vaine. Accueillant des dizaines d’artistes contemporains et leur travail souvent peu conventionnel, le site demeure sous la houlette de L.L. de Mars et connaît une partie de ses prolongements au sein de la revue critique et théorique de bandes dessinées Pré Carré.

"Le Terrier" comme la plupart des œuvres de l’artiste se trouvent sous "copyleft" et sont diffusés sous la Licence Art Libre. Ainsi, le livre Sous les bombes sans la guerre, pourtant édité par Tanibis et dont la jaquette a été façonnée à l’atelier des éditions A Morts, peut être partagé selon les termes d’une licence creative commons. Si la démarche reste rare et peut susciter le débat, notamment quant à la question des revenus des auteurs, elle a le mérite d’être en cohérence avec la carrière et les engagements de L.L. de Mars.

Sous les bombes sans la guerre © L.L. de Mars / Editions Tanibis 2017

"Le Terrier" s’est adjoint plus récemment une maison d’édition, PPCBA, créée en 2013. Ses acteurs ont multiplié les publications (périodiques ou non) et les événements (spectacles et colloques notamment). Cela n’a cependant pas empêché L.L. de Mars de travailler avec d’autres éditeurs, comme The Hoochie Coochie, 6 pieds sous terre, Bicéphale ou dernièrement La cinquième couche et Tanibis. Il publie ainsi quatre livres en trois mois, entre février et avril 2017 : des ouvrages qui donnent un bon aperçu de ses choix graphiques et littéraires, mais aussi de son engagement vis-à-vis du monde de l’édition.

Docilités (couverture de 2010) © L.L. de Mars / Bicéphale éditions 2010 (nouvelle édition chez La cinquième couche 2017)

L’éditeur bruxellois La cinquième couche publiera en avril Docilités. Il s’agit en fait de la réédition d’un petit livre paru en 2010 chez Bicéphale et aujourd’hui épuisé. Dans cet ouvrage en noir et blanc et de format presque carré, L.L. de Mars se lance dans une réflexion métaphysique sur l’art, le pouvoir et la divinité. Suivant, pour développer sa pensée, le destin d’une famille de métallurgistes - les Waltz -, l’auteur développe un raisonnement ardu et appelant plusieurs lectures.

Docilités © L.L. de Mars / Bicéphale éditions 2010 (nouvelle édition chez La cinquième couche 2017)

Un décryptage approfondi serait certes nécessaire. Autant se référer directement au propos de L.L. de Mars, tenu en décembre 2010. Comme le laissent présager les ronces de la couverture de Docilités, l’ouvrage peut paraître impénétrable. Mais les portes ouvertes sont en réalité nombreuses, car plusieurs niveaux de lectures se chevauchent. Un des angles à privilégier est sans doute celui de l’art. L.L. de Mars s’inspire de quelques peintres italiens du Moyen Age tardif et de la Renaissance, en particulier Ambrogio Lorenzetti. Il fournit une interprétation audacieuse de ses fresques siennoises intitulées Les Effets du Bon et du Mauvais Gouvernement (XIVème siècle).

Museo Infinito © L.L. de Mars / Ion Edition 2017

Cet intérêt pour l’art se retrouve dans Museo Infinito, paru en février chez Ion édition. L.L. de Mars propose dans ce livre quelques extraits de ses carnets noircis lors de visites dans les musées d’Italie. Sa fascination pour l’art, notamment pour la Renaissance italienne, y apparaît dans toute sa splendeur. Car le dessinateur, au-delà d’un hommage, prolonge le travail des Anciens. C’est peu dire qu’il leur rend tous les honneurs mérités. Son trait se fait ici virtuose, atteignant la perfection dans le rendu des drapés et la souplesse des corps. Il parvient pourtant à conserver la spontanéité propre à l’exercice du carnet de croquis, rappelant ainsi que l’art comporte toujours une part d’inachevé.

Museo Infinito © L.L. de Mars / Ion Edition 2017
Museo Infinito © L.L. de Mars / Ion Edition 2017
Sous les bombes sans la guerre © L.L. de Mars / Editions Tanibis 2017

L’ouvrage édité en mars par les Editions Tanibis est encore plus personnel et plus impressionnant. Personnel car il relève de l’intime, en évoquant la disparition inéluctable d’un père malade. Impressionnant car le graphisme se déploie cette fois-ci en couleurs et dans un format ample. Sous les bombes sans la guerre est un livre grave et douloureux, comme le parcours de quelqu’un en quête d’apaisement.

Il n’est pas seulement question de "faire le deuil" - l’expression est d’ailleurs devenue bien convenue. L.L. de Mars nous montre - et sa démonstration est aussi subtile, presque subreptice, que son dessin est brillant - qu’il s’agit moins d’oublier notre chagrin que d’accepter notre finitude. En réunissant confusément des éléments disparates qui ont fait la relation entre le père et son fils, l’auteur tente d’admettre ce qui paraît inadmissible. La disparition d’un être cher, qui plus est dans la souffrance et l’iniquité - injuste fatalité de la maladie -, est une déchirure qui ne disparaît jamais, et avec laquelle il faut apprendre à vivre.

Sous les bombes sans la guerre © L.L. de Mars / Editions Tanibis 2017
Sous les bombes sans la guerre © L.L. de Mars / Editions Tanibis 2017
Sous les bombes sans la guerre © L.L. de Mars / Editions Tanibis 2017

Le père et le fils, figures centrales de Sous les bombes sans la guerre, sont pudiquement masquées par deux icônes de la bande dessinée populaire. L.L. de Mars reprend en effet les personnages de José Cabrero Arnal : Top le père (créé en 1935) et Pif le fils (créé en 1948). Nous retrouvons également Placid et Muzo (créés, eux, en 1946). Outre un léger effet de distanciation permettant de supporter la dureté du propos, ce choix correspond aussi à la mythologie familiale de L.L. de Mars. Son père avait en effet vendu dans sa jeunesse des journaux communistes sur les marchés, tandis que lui-même était lecteur du magazine Pif.

Sous les bombes sans la guerre tient à la fois de la bande dessinée et du livre d’art. Son tirage est d’ailleurs limité à quelques centaines d’exemplaires du fait du façonnage artisanal de la jaquette. Sous un aspect faussement brouillon, il cache ainsi un travail majestueux mêlant le noir profond à la couleur. "J’espère que vous trouverez, à sa lecture, un peu de l’intensité dans laquelle je l’ai réalisé." nous dit L.L. de Mars dans un court texte accompagnant son livre. C’est le cas, et le terme d’intensité sonne comme une évidence.

Sous les bombes sans la guerre © L.L. de Mars / Editions Tanibis 2017
Communes du livre © L.L. de Mars / adverse 2017

L.L. de Mars a par ailleurs publié en février Communes du livre, chez adverse édition, un petit livre essentiellement constitué d’un texte de lutte. Il y développe ses idées concernant l’édition et plus généralement la diffusion de l’art et de la culture. Sous-titré Propositions pour une réinvention de la diffusion des œuvres, gageons que ces lignes révolutionnaires - voire utopiques diraient ses détracteurs - pourraient susciter un vif débat. Promouvant un projet à la nature "inconditionnelle, radicale et entière", ce texte est stimulant, même si son auteur risque de se trouver fort peu d’alliés tant il multiplie les cibles. Chacun pourra en juger, l’ouvrage étant en accès libre sur le site de l’éditeur.

L.L de Mars, qui veut "en finir avec la docilité", poursuit en fait dans cet opuscule des réflexions menées dans le cadre du Syndicat des éditeurs alternatifs (association créée en 2014 regroupant aujourd’hui plus de quarante éditeurs de bande dessinée). Sa volonté est de s’émanciper des réseaux actuels de diffusion et de distribution, en échafaudant un nouveau système de circulation et de commercialisation des œuvres culturelles et artistiques. La référence à la Commune est consciente et assumée, l’idée étant de mettre en commun les énergies pour favoriser la circulation des petites productions.

Quelle unité trouver dans cette profusion de publications ? L’ensemble donne une impression chaotique, sublime et troublante. Il faut cependant multiplier les lectures et prendre le temps de la réflexion pour apprécier au mieux cette œuvre. Ce n’est cependant pas faire insulte à L.L. de Mars que d’écrire que son travail mérite de prendre le temps. Comme il l’écrit à propos de Sous les bombes sans la guerre, "c’est l’hétérogénéité qui compose les existences". Et c’est donc à chacun d’entre nous d’en rassembler les morceaux épars pour tenter de répondre à la question qui clôt Docilités : "Où est passée la vraie vie ?"

Sous les bombes sans la guerre © L.L. de Mars / Editions Tanibis 2017
Documents
Sous les bombes sans la guerre © L.L. de Mars / Editions Tanibis (...) Sous les bombes sans la guerre © L.L. de Mars / Editions Tanibis (...) Museo Infinito © L.L. de Mars / Ion Edition 2017 Museo Infinito © L.L. de Mars / Ion Edition 2017 Museo Infinito © L.L. de Mars / Ion Edition 2017 Museo Infinito © L.L. de Mars / Ion Edition 2017 Museo Infinito © L.L. de Mars / Ion Edition 2017

(par Frédéric HOJLO)

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- Communes du livre - 14,8 x 21 cm - 28 pages noir & blanc - adverse édition - parution en février 2017 - commander ce livre sur le site de l’éditeur ou le consulter gratuitement.

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A lire sur ActuaBD : 15 jours avant la fin du monde - Par LL de Mars - 6 Pieds sous terre éditions.

Consulter Le Terrier, site de L.L. de Mars, originellement un site du web artistique français fondé en 1996.

Consulter un entretien avec L.L. de Mars paru en 2010 chez nos confrères de du9.org à l’occasion de la première parution de Docilités.

Consulter une bibliographie détaillée de L.L. de Mars (peut-être exhaustive, mais le vérifier serait un travail de bénédictin).

 
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17 Messages :
  • il existe, bien cachée dans Le Terrier, une bibliographie exhaustive, ici :

    http://www.le-terrier.net/biblio_lldm/

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    • Répondu par Frédéric HOJLO le 4 mars à  21:31 :

      Merci pour cet ajout. Je n’avais pas creusé assez profondément dans Le Terrier !

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  • Drôle de début.
    "L.L. de Mars est un auteur majeur", ah bon ? Vous êtes sûrs ?
    "de la bande dessinée alternative" ah d’accord, je comprends mieux, c’est comme les gens célèbres dans leur immeuble.

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    • Répondu par lanjingling le 5 mars à  02:13 :

      Désolé, mais vous n’avez pas compris, majeur ne signifie pas célèbre, mais important.

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    • Répondu par NDZ le 5 mars à  12:00 :

      Désolé, mais vous n’avez pas compris, majeur ne signifie pas célèbre, mais qui a plus de 18 ans.

      Votre compréhension nuancée du langage nous éclaire sur la pertinence de votre intervention...

      Lisez donc quelques livres autres que ceux que vous trouvez dans votre supermarché, vous découvrirez un monde où le fait d’oeuvre n’est pas de décalquer Versailles sans omettre une tuile, où il n’y a pas un sein qui traîne en milieu d’album pour l’aider à se faire qualifier de bande dessinée (enfin) mature...

      Ce que je peux vous conseiller de l’auteur, et qui pourrait vous convaincre de sa pertinence (à lui) et importance (à lui) :

      - Prières - Quelques prières d’urgence à réciter en cas de fin des temps
      - Docilités
      - Judex
      - Les misères et les malheurs de la guerre

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    • Répondu le 6 mars à  06:58 :

      Il vaut mieux n’être célèbre que dans son immeuble plutôt que d’être un imbécile à réputation internationale.

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  • Ma fille aussi fait des jolis dessins au spirographe (avec des stylos de couleur), mais elle n’est pas encore une autrice majeure de la bande dessinée alternative (ni majeure tout court).

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    • Répondu le 5 mars à  10:33 :

      Je vous trouve bien condescendant avec votre fille. Je parie qu’elle dessine mieux que Picasso aussi.

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      • Répondu le 5 mars à  15:07 :

        c’est une bonne idée d’utiliser le spirographe par-ci par-là, je vois que ça donne des repères aux gens qui se noient. C’est comme une petite bouée graphique. Il y en a pour tout le monde, comme ça, chacun selon sa culture. Les familiers de la renaissance italienne, et les familiers du spirographe.

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        • Répondu le 6 mars à  06:55 :

          Tout se vaut, chacun sa culture. Sauf que c’est faux. Il ne faut pas confondre ouverture d’esprit avec laxisme. Tout ne se vaut pas et être cultivé, c’est être sincèrement curieux de tout, pas seulement s’intéresser aux possibilités qu’offre un Spirographe.

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      • Répondu le 5 mars à  21:19 :

        Je n’irai pas jusque là, mais quand elle était plus petite elle faisait de beaux dessins qui ressemblaient à du Miro, maintenant ce qu’elle fait est plutôt copié sur des mangas, c’est un peu dommage.

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        • Répondu par Zot ! le 5 mars à  22:40 :

          Digne de figurer dans la sélection artie du prochain FIBD, si le vilain Delcourt ne mets pas la main dessus, avec la complicité de l’Etat ! A quand un dossier dans Kaboom, les Inrocks ou Technikart sur cet auteur majeur méconnu ?

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          • Répondu par Frédéric HOJLO le 5 mars à  22:49 :

            "Méconnu" ? Au moins, l’article vous l’aura fait connaître.

            Son travail ne vous plaît pas et suscite votre ironie ? Votre réaction doit, elle, plaire à l’auteur et susciter son mépris. Enfin, j’imagine... je ne me permettrais pas de m’engager à sa place.

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            • Répondu le 6 mars à  07:12 :

              Vous avez raison de provoquer les habitudes en écrivant sur des artistes comme L.L. de Mars. C’est un avant-gardiste, un chercheur. Alors, peut-être qu’il ne trouve pas toujours mais il prend des risques et c’est aussi grâce à des artistes audacieux comme lui que notre regard peut changer et évoluer. Si la majeure partie du public ne comprend pas ou ricane, tant pis pour elle, elle n’a qu’à se montrer plus accueillante, attentive et généreuse. Il faut que des alternatives existent sinon, tout le monde tourne en rond et la BD se contente au final, à force de consanguinité, à ne plus rien générer de nouveau et à s’éteindre.

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          • Répondu le 6 mars à  07:05 :

            Comme si le but pour un auteur était de figurer dans une sélection du FIBD. Les prix du FIBD n’ont aucun impact sur le public. Je ne me souviens déjà même plus de qui a remporté quelque chose la dernière fois et c’était il y a environ un mois.

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        • Répondu le 6 mars à  06:46 :

          En même temps, si vous n’avez pas été fichu de lui transmettre une culture artistique et générale abondante, il ne faut pas vous étonner qu’elle copie bêtement des mangas.

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  • Le printemps sombre et brillant de L.L. de Mars
    6 mars 17:10, par Kkrist Mirror

    Merci pour cet article de fond. L’artiste et ses œuvres le méritent, notre médium également.

    Oui, L.L de Mars est un auteur et une personnalité majeurs dans l’art contemporain et dans sa grande spécialité populaire qu’est la bande dessinée. Au fil des ans, ses albums, ses écrits, ses interventions, son art, nous apportent régulièrement, au-delà du supplément d’âme, le Sens même dans lequel s’inscrit, ou pas, l’avenir de la bande dessinée. Dans ses œuvres, il nous réjouit, nous questionne, nous explique sa vision, autant qu’il nous terrorise et nous « force » à agir. C’est un Maître. Il m’aide à créer mes bandes dessinées et à dessiner. Son dessin est classique et d’un talent inouïe, même ‘il s’en défend. Si les récits, les « explorations », sont certes souvent d’une approche ardue (quoique ? Car le bougre est capable graphiquement et intellectuellement de se mettre à la portée de tous), ils nous livrent (livres !), un savoir-faire et une culture artistique considérables ainsi qu’une culture radicalement politique et engagée (à fortiori en cette période plus qu’à toutes autres, où les conservatismes bas de plafond tricotent un fascisme de bon aloi, dans la bédée comme ailleurs). Jean-Pierre Dionnet, ex grand éditeur et toujours découvreur de talents, et d’autres éclairés, ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, comme en témoigne cet extrait de l’excellente émission de Francecul « Mauvais genres » : https://www.facebook.com/La5eCouche/videos/vb.181086991904228/1127038567309061/?type=2&theater

    Ses deux dernières créations éditées en albums, « Sous les bombes sans la guerre » et « Le secret » (La Cinquième Couche), sont exemplaires à plus d’un titre. Le premier, car il exprime viscéralement, extraordinairement la perte d’une partie de soi-même, c’est-à-dire d’un proche en même temps qu’il magnifie la bande dessinée et son Histoire (regardez-don de près bon sang les magnifiques planches reproduites dans cet article !) : l’art, la BD, comme « Une réponse à la mort » ! Le second, « Le Secret » c’est à mon avis le plus abouti, lisible( ?), passionnant narrativement et sublime graphiquement comme toujours. Avec ces deux livres L.L. est au sommet de son art et je les conseille à tous, en sachant que leur lecture ne laissera pas indemne et au mieux surprendra et captivera. Sous les bombes, est de surcroit un très bel objet d’édition au façonnage et à l’impression magnifiques. On regrettera le papier indigent du Secret.. Car de Mars , avant d’être un artiste est avant un artisan qui prend un soin poussé dans la fabrication de ses livres et « fanzines » accompagné ou non par un éditeur proche.

    J’arrête là les quasi redites de ce bel article ainsi que les superlatifs, tellement la modestie et la réserve (trop) légendaires de l’artiste et ami vont une nouvelle fois en être boulversifiées , comme aurait dit Schlingo !
    KM

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