Wotan - Par Éric Liberge - Dupuis

26 juin 2014 1 commentaire
  • Wotan rejoint l’imposante production BD consacrée à la Seconde Guerre mondiale, avec un point de vue différent : surtout par le focus autour des expérimentations médicales des nazis. Une véritable somme de travail, autant pour le dessin que pour la recherche historique. Après un premier volume paru en 2011, toute l’histoire est publiée en intégrale.

Wotan, ou le mal absolu. Appellation germanique du dieu nordique Odin, il évoque une puissance négative, destructrice. La saga d’Éric Liberge, calée sur les dates de la Seconde Guerre mondiale, évoque cette relation à la fois aux tentations de violence et aux quêtes personnelles de ses personnages.

Au centre de l’intrigue, au milieu de figures historiques réelles, nous suivons le destin du jeune Louison, recueilli en famille d’accueil, de Yin-Tsu, sino-japonaise exilée à Paris, et d’Étienne, étudiant en arts qui succombe à la fascination pour le fascisme.

Pour ces trois êtres perdus dans un brouillard psychologique presque aveuglant, la guerre aura la même conséquence : un passage entre les mains des autorités allemandes, et particulièrement au service de l’idéologie raciste.

Ils auront chacun, à des moments divers, une vision de l’épouvantable "Ahnenerbe", l’institut du renouveau de la race aryenne. Le jeune garçon, la jeune femme et l’artiste égaré auront aussi à faire des choix de courage et d’humanisme, participant finalement à une forme de résistance. Et durant toutes ces années, la guerre continue avec ses horreurs, ses morts et sa solution finale qui s’accélère en 1943, quand la défaite allemande devient probable.

Wotan - Par Éric Liberge - Dupuis
Wotan - L’intégrale par Liberge © Dupuis 2014

Avec cet hommage à la mémoire des victimes du nazisme, mais aussi évocation des années d’occupation vécues par ses parents, Liberge a visiblement fourni un travail colossal pour ce pavé impressionnant. Chaque image se charge d’un grain particulier, tous les détails sont travaillés avec précision, avec des décors parfois photographiques aux couleurs toujours minutieuses.

Si l’auteur s’inscrit dans une tradition réaliste à la Servais, il recourt régulièrement à des scènes oniriques pour explorer les émois de ses personnages. Il n’hésite pas à montrer la réalité la plus crue, dans les scènes de camp d’extermination, qui risquent de heurter les lecteurs les plus sensibles.

Au-delà du sérieux et de l’engagement de l’œuvre, Liberge permet de s’intéresser à cet aspect moins connu de l’idéologie nazie : l’obsession -ridicule, cela va sans dire- d’une pureté de la race aryenne et ses corollaires : expérimentations humaines, torture, barbarie...

Au sens le plus fort du terme, une BD qui mérite le respect.

(par David TAUGIS)

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1 Message :
  • Wotan - Par Éric Liberge - Dupuis
    28 juin 2014 10:41, par Bob

    J’ai un gros problème avec Eric Liberge. J’adore son dessin, mais j’ai un problème avec ses planches. Le premier Mardi Gras Descendres dans sa simplicité visuel est pour moi le meilleur.Si le deuxième passe encore, après les planches de Liberge ne cessent de se densifier de textes, de dessins petit à tout petit et surtout trop de visages. Le 4° mardi Gras Descendres est presque illisible, j’ai vraiment souffert sur la lecture. Je lis du Eric liberge que j’ai eu l’occasion de rencontrer il y a quelques années en dédicaces, mais ses planches sont vraiment trop chargé, presque illisibles.
    Je suis personne en bd, mais parce que j’aime les dessins de Liberge mais que je regrette ses mises en page, je dirais juste : Eric, fait plus simple, va à l’essentiel il en sortira que du meilleur.

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