"Yo-kai Watch" au ciné, "Pokemon" au piquet !

8 août 2017 0 commentaire
  • Digimon? Personne ne sait plus ce que c'est. Beyblade? Les hand-spinners trustent désormais tout le secteur des toupies. Et Pokemon? Complètement dépassé. Non, si vous voulez être à la page, dans les cours de récré, c'est de "Yo-kai Watch" dont vous devez parler. Ça ne vous dit rien? Vous avez réussi à échapper au phénomène qui depuis un an abreuve nos chères têtes blondes avec ses jeux vidéos, son dessin animé, ses goodies divers et bien sûr son manga? Pas de souci, vous allez pouvoir vous rattraper: un long-métrage sort en salles cet été!

Car c’est l’un des événements vidéoludiques de ces dernières années, mais qui a dans les faits débuté sous la forme d’un manga, même s’il s’agit là davantage d’un concours de circonstances et d’un plan marketing global.

Un phénomène qui concurrence Pokemon

"Yo-kai Watch" au ciné, "Pokemon" au piquet !
Désormais, vous reconnaitrez ce qu’il y a sur tous ces cartables, à la sortie de l’école

En effet, la franchise Yo-kai Watch, annoncée fin 2011, voit le jour en décembre 2012 via la prépublication du manga dédié. Mais c’est bien un jeu vidéo, développé par le studio Level-5, qui occupe le cœur du projet. Le premier opus sort alors sur Nintendo 3DS en juillet 2013 au Japon, bientôt épaulé par un animé dès janvier 2014.

Le succès est immédiat, et la licence continue à se développer, vers l’international, et à se décliner, à travers diverses gammes de jouets. Il est déjà temps de songer à la suite du jeu, pensée à la manière de Pokemon dans les pas duquel Yo-kai Watch s’inscrit très clairement, à travers deux versions parallèles et complémentaires. Après avoir maturé trois ans ans au Japon, Yo-kai Watch s’est implanté en France façon Blitzkrieg. Premières apparitions sur des chaînes spécialisées au printemps 2016, avant rediffusion il y a moins d’un an sur Gulli, sésame d’entrée massif dans l’imaginaire des têtes blondes.

L’une des deux versions du deuxième jeu vidéo

Et ce sont les deux jeux de 2014, sortis en France le 7 avril 2017 sous les titres Yo-kai Watch 2 : Esprits Farceurs et Yo-kai Watch 2 : Fantômes Bouffis, que viennent directement soutenir le long-métrage qui constitue l’actualité du moment : Yo-kai Watch : le film, sur nos écrans le 9 août 2017, mais lui-même sorti en décembre 2014 sur son ile natale sous le titre Yōkai Watch : Tanjō no Himitsu da Nyan !.

En l’espace d’un an seulement, la franchise transmédia Yo-kai Watch s’est imposée comme un incontournable du divertissement jeunesse en France. Car il faut compter largement au-delà des jeux-vidéos : peluches, figurines, et surtout les fameux médaillons à collectionner, à l’effigie des différents Yo-kai de l’univers. Sans oublier tous les produits dérivés classiques, comme les sets d’anniversaires ou les cartables que l’on voit déjà dans les supermarchés préparant la rentrée scolaire, arborant les héros de la série et thématisant celle-ci. Nous voilà ainsi en présence d’un phénomène qui concurrence directement Pokemon chez les enfants.

Des gâteaux Jibanyan et Hovernyan, réclamés par les fans maison pour leurs anniversaires

De quoi s’agit-il ?

Nathan et Whisper, en couverture du tome 1 du manga

Yo-kai Watch - qu’il s’agisse du jeu vidéo, du dessin animé ou du manga - raconte l’histoire de Nathan, un jeune garçon qui, à l’aide d’un objet presque magique, la fameuse montre qui donne son titre à la série, peut voir les "yôkai" [1], créatures merveilleuses du folklore japonais auxquelles Shigeru Mizuki consacra différents ouvrages, dictionnaire ou recueil d’illustrations. Grâce à cet instrument, notre héros peut résoudre les problèmes causés par ces êtres invisibles au commun des mortels. Communiquant avec les Yo-kai, il tente de les amadouer, de satisfaire leurs besoins ou, lorsque c’est nécessaires, les affronte avec les Yo-kai devenus entretemps ses compagnons.

Dès les premières pages, Nathan reçoit la Yo-kai Watch de Whisper
© 2012 Noriyuki Konishi / SHOGAKUKAN

Tout commence par la rencontre avec Whisper, un fantôme tout ce qu’il y a de plus... ectoplasmique par son design ! Sans s’embarrasser de fioritures, le Yo-kai, qui évoque surtout nos spectres occidentaux, confie une montre à Nathan qui lui permet de voir les Yo-kai hantant les rues de sa ville.

Un pact scellé entre Nathan et Jibanyan, grâce au pouvoir de la Yo-kai Watch !
© 2012 Noriyuki Konishi / SHOGAKUKAN

S’ensuit sa rencontre avec le fantôme chat Jibanyan, icône de la licence à la manière de Pikachu pour Pokemon et disputant à ce dernier le titre de la bestiole la plus kawai venue de l’Archipel ; et voilà la fine équipe partie pour une série d’aventures ancrées dans l’environnement immédiat de Nathan : son quartier, sa ville et ses proches.

Le manga, publié chez Kazé depuis moins d’un an sur un rythme soutenu - 6 volumes parus entre novembre 2016 et juillet 2017 - se présente comme un titre jeunesse qui décline le principe de base de la série, à savoir une succession de petites aventures décrochées les unes des autres et chacune consacrée à un nouveau Yo-kai. Avec une action qui passe par la découverte des tracas causés, l’identification du fautif et la résolution apportée, qui varie selon les cas. Peu de fil rouge, mais un univers qui s’étoffe peu à peu, et un objectif global très vaste : rencontrer tous les Yo-kai des environs, comme l’amateur de Pokemon cherchait à remplir son pokedex.

Quelques-uns des Yo-kai que l’on pourra découvrir dans le film

Et le film dans tout ça ?

Jibanyan, qui truste toutes les couvertures du manga depuis le tome 2

Yo-kai Watch : le film, premier long-métrage d’une série dont le quatrième opus sort au Japon en décembre prochain, se propose de raconter les origines de la mystérieuse montre qui confère à Nathan son pouvoir. Pour cela, Nathan entreprend un voyage dans le temps au cours duquel il rencontre le créateur de la montre pour l’aider à résoudre les difficultés auxquelles il se trouve confronté. C’est qu’un terrible Yo-kai, Lady Perpetua, qui s’oppose à tout rapprochement entre humains et esprits, compte bien empêcher l’invention même de la Yo-kai Watch !

Le film apparaît rapidement, comme souvent dans ces franchises transmédia à succès, comme une extension renforcée de l’animé dont il dérive. La plus-value n’apparaît donc pas immédiatement évidente, d’autant que l’intrigue met un peu de temps à démarrer. Passée la rencontre entre Nathan et Hovernyan, une autre "star" de la franchise, on reste sur notre faim en matière de Yo-kai issus de l’univers, jusqu’au final, qui lui tient toutes ses promesses. Heureusement, les (jeunes) fans peuvent se rassurer, Jibanyan assure lui le spectacle tout au long du film ! Ils devraient donc être ravis. L’adulte traîné en salle par une progéniture déjà acquise à la cause Yo-kai trouvera quant à lui (un peu) son compte par l’évocation du Japon des années 50 que visite le personnages. Époque bénie où les canons de la culture populaire japonaise restaient encore au stade d’une fraiche innocence.

Le jouet majeur issu de la franchise : la montre, avec les médaillons que l’on peut y insérer

Car, rappelons-le, la grande force de la franchise réside avant tout dans la formidable ribambelle de créatures, toutes plus drôles, mignonnes et loufoques les unes que les autres, qu’elle propose. Si le jeune public s’enthousiasme pour Yo-kai Watch, c’est avant tout pour cette raison, pour la richesse d’un bestiaire dont l’inventivité n’a rien à envier à celui de Pokemon. On comprend mieux pourquoi les enfants se passionnent pour ces médaillons, qu’ils collectionnent et que l’on peut ensuite insérer dans un jouet Yo-kai Watch pour mimer le processus d’invocation des esprits employé par Nathan.

Avec une sortie coincée au milieu de l’été, Yo-kai Watch : le film se trouve toutefois confronté à de sérieux concurrents en matière de longs-métrages d’animation à destination des enfants. En effet, le film doit faire face aux sorties de Moi, moche et méchant 3 et de Cars 3, alors même qu’en général les films d’animation japonais dérivés de franchises peinent à rencontrer leur public en France - nous vous en parlions déjà lors de la sortie de One Piece Z à l’été 2013. Pourtant, au Japon, le premier opus de la licence réalisa une vraie performance au moment de sa sortie : meilleur lancement d’un film japonais depuis le début des années 2000 avec plus d’un milliard et demi de yens de recettes pour son premier week-end, détrônant Le Chateau ambulant d’Hayao Miyazaki ! La frénésie qui accompagne le phénomène fera-t-elle enfin mentir la tendance ?

La fine équipe de héros du film

(par Aurélien Pigeat)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Yo-kai Watch : le film, sort en salles le 9 août 2017. Article réalisé avec la collaboration de Laurent Melikian.

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Yo-kai Watch est une licence transmédia notamment déclinée à travers :
• Les jeux vidéo Nintendo 3DS
7 Avril : sortie du nouveau jeu Nintendo 3DS « YO-KAI WATCH 2 », dans deux versions
“YO-KAI WATCH 2 : Esprits farceurs” et “YO-KAI WATCH 2 : Fantômes bouffis”
• La série animée diffusée sur les chaînes TV Gulli et Boing (produite conjointement par LEVEL-5, Inc., Dentsu Inc. et TV TOKYO Corporation)
Avril 2017 : début de la diffusion des 50 épisodes de la deuxième saison du dessin animé sur Gulli
• La gamme de jouets Hasbro
Printemps 2017 : sortie d’un nouveau modèle de montre, la Yo-kai Watch Modèle Zéro,
accompagnée d’une nouvelle collection de médaillons
• Les mangas édités par Kazé (SHOGAKUKAN Inc. au Japon)
Juillet 2017 : sortie du tome 6
• Les romans publiés chez Hachette, dans la Bibliothèque Verte
Juin 2017 : sortie du tome 8
Juillet 2017 : sortie du tome 9
• Les albums chez Les Livres du Dragon d’Or
• Le jeu mobile free-to-play Wibble Wobble (développé par LEVEL-5) disponible sur Android et iOS depuis mars 2017
• et bien d’autres licenciés (textile, confiserie, papeterie, accessoires, bagagerie,…)

[1Habituellement, nous écrivons "yôkai" en un seul mot. La franchise Yo-kai Watch utilise une autre graphie, "Yo-kai", soulignant le mot composé avec un trait d’union. Dans notre article, nous utiliserons cette seconde graphie pour nous référer à l’univers du jeu et à ses créatures, et la première pour évoquer les yôkai en général.

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