Abaddon (volume 2/2) – Par Koren Shadmi – Ici-Même éditions

26 octobre 2013 0
  • Le deuxième tome de la série s'inscrit dans la lignée d'un premier volet haletant.

En achevant, il y a quelques mois, la lecture du premier tome de Abaddon, on se disait que Koren Shadmi avait su nous tenir en haleine : le héros, Ter, était certes parvenu à quitter l’appartement duquel il semblait impossible de s’extraire, et, par la même occasion, à quitter ses colocataires et leurs imprévisibles accès de folie ; mais on sentait bien que cet épilogue provisoire marquait le début d’une toute autre aventure. Autant dire que l’impatience a dominé en attendant ce deuxième volet. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on n’est pas déçus, tant se retrouvent les mêmes ressorts palpitants vus dans la premier tome, notamment cette tension permanente qui rend cette dilogie si prenante.

Abaddon (volume 2/2) – Par Koren Shadmi – Ici-Même éditions

Les qualités que l’on a trouvées dans le premier volume se retrouvent ici. Sur la forme, un bel album, format à l’italienne, aux mêmes tonalités rouges et vertes qui s’adaptent parfaitement à l’ambiance du récit. Le découpage est toujours aussi remarquablement fait ; on trouve même assez régulièrement des « chutes de page », qui incitent d’autant plus à s’engouffrer dans l’aventure.

Au niveau de l’intrigue, le huis-clos, réduit à un appartement dans le premier tome, s’atténue et s’étend désormais à tout l’immeuble... ce qui ne le rend pas moins oppressant. Ter, trimbalé d’un recoin à l’autre du bâtiment, rencontre des locataires tout aussi déments et inquiétants que ceux qu’il a quittés. La réalité (?) de ce qu’il vit est entrecoupée par les réminiscences d’une vie antérieure de soldat, par l’apparition de corps féminins désirables, les images d’un vieux porno, et par la quête d’une mère dont il ignore tout : est-elle cette femme qu’il voit dans les couloirs ? Entre réalité, souvenirs et mémoire partielle et défaillante, la quête de Ter le transforme en un pantin perdu dans un labyrinthe sans issue. Le propriétaire de l’immeuble a-t-il la clé pour sortir de cet engrenage ?

Le récit de Koren Shadmi s’apparente à une boucle dans laquelle ceux qui sont pris sont enfermés à la fois dans un lieu, mais aussi enfermés spirituellement, tant les souvenirs vagues et confus qui semblent être la clé de l’intrigue ne suffisent pas pour proposer une porte de sortie.

(par Damien Boone)

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