Kogaratsu fête ses 30 ans au MOOF et à Japan Expo

26 octobre 2013 16 commentaires
  • Le premier des Samouraïs de la BD franco-belge entama ses aventures dans Spirou il y a trente ans. De quoi le fêter dignement via une exposition qui lui est dédiée au MOOF de Bruxelles, et à Japan Expo Bruxelles qui rend hommage au héros précurseur de l'engouement asiatique.

Kogaratsu fête ses 30 ans au MOOF et à Japan ExpoC’est le 3 février 1983, dans le n° 2238 du Journal de Spirou, que les lecteurs découvraient un héros d’un genre nouveau : Kogaratsu, l’histoire d’un samurai devenu rônin. Le dessin est signé Michetz (Marc Degroide) et le scénario, Bosse (Serge Bosmans). Sous le dessin de couverture, un titre évocateur : « Kogaratsu, une BD comme vous n’en avez jamais vue… »

En 1983, les mangas n’existent quasi pas en France. Bosse et Michetz font là œuvre de défricheurs, fascinés par la qualité du dessin japonais et par une civilisation au raffinement extrême. Leur démarche est exactement contemporaine au Rônin de Frank Miller. Mais qui s’en souvient ?

Kogaratsu, T12 : Le Protocole du mal – Par Michetz et Bosse – Ed. Dupuis

Attirés par une culture, ainsi que par des œuvres nippones dont ils se revendiquent tel Les Sept Samouraïs, le duo de jeunes auteurs prend son essor avec Le Mon au Lotus de Sang suivi du Trésor des Etats. D’emblée, le lecteur comprend qu’il a affaire à une autre bande dessinée : la caméra colle au personnage, se situant souvent à un mètre de haut comme aime à le faire Hermann, une des références de Michetz ; les séquences sont parfois d’un silence crispant ou d’une violence soudaine, très cinématographique ; et l’ensemble est ultra-documenté. L’aventure ouvre ses portes !

Si la collection Dupuis Aventures n’accoucha pas toujours de best-sellers (Blue Bird, Vincent Murat), ce diptyque ne pouvait être qu’une magnifique introduction à une série, qui allait devenir une référence pour tout le neuvième art. Les combats très réalistes de Michetz allaient participer à la légende. Il faut avouer que le dessinateur est lui-même un fan d’arts martiaux, en particulier le kendo. Les mouvements de ses personnages sont donc justes, et les plis des vêtements demeurent rigoureux pour respecter au mieux le caractère d’authenticité.

Kogaratsu, T12 : Le Protocole du mal – Par Michetz et Bosse – Ed. Dupuis

Après Dupuis Aventures et Repérages, Kogaratsu traverse les collections et les générations, d’abord avec la fougue de la jeunesse, puis atteint d’une maturité qu’il tente de préserver, malgré les personnages qu’il rencontrent en chemin.

L’exposition qui lui est dédiée, ainsi et qu’à ses auteurs, est donc l’occasion de découvrir d’autres façettes de son univers, une évidence pour un héros qui a toujours eu du mal de se satisfaire de ses 44 pages. Les amateurs ne manqueront d’ailleurs pas la conférence que Michetz & Bosse donneront au Japan Expo de Bruxelles ce dimanche 3 novembre : une rare occasion d’entendre et de mieux comprendre deux auteurs qui sont parvenus à saisir tout ce qu’une génération attendait !

Bosse & Michetz
Photo : Didier Pasamonik (l’Agence BD)

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Exposition Les 30 ans de Kograratsu. À découvrir du 31 octobre 2013 au 30 janvier 2014 au MOOF !

MOOF
Rue du marché-aux-Herbes 116

B – 1000 Bruxelles

TEL : +32 2 207 79 92

Le MOOF est ouvert du mardi au dimanche de 10 à 18h, fermé le lundi et les jours fériés.
Attention dernière entrée pour la visite du musée à 17h00.

Ouvert les 24 et 31 décembre jusqu’à 16h.

Dimanche 3 novembre, à Japan Expo, Tours et Taxis, Bruxelles :
- 12:00 - 13:00 : 30 ans de Kogaratsu, conférence - Scène culturelle
- 15:15 - 16:15 : séance de dédicace (premier arrivé, premier servi) - Salle de dédicaces

 
Participez à la discussion
16 Messages :
  • Kogaratsu fête ses 30 ans au MOOF et à Japan Expo
    26 octobre 2013 16:43, par la plume oculte

    Comment la consécration a t-elle pu passer à côté d’un phénomène du dessin et de l’image ,artiste de classe mondiale,comme Marc Michetz ?

    Mais il parait qu’il a son caractère.

    Répondre à ce message

    • Répondu par Fred Férey le 26 octobre 2013 à  21:10 :

      Mais il parait qu’il a son caractère.

      À chaque fois on lit ce genre de remarque quand un auteur de talent n’a pas la carrière que son talent mérite, et c’est absolument scandaleux, car ça veut dire que les éditeurs ne font pas leur travail. Leur travail n’est pas de faire copain-copain avec des auteurs, d’aller bouffer au resto avec eux ou même de partir en vacances ensemble, mais bien d’éditer des œuvres qui en valent la peine. Surtout que les auteurs travaillent seuls chez eux ou en atelier, et ils ne voient que très peu leur éditeur, alors en quoi leur supposé mauvais caractère devrait avoir une incidence sur le fait de les éditer ou pas, ce n’est pas comme si c’était un collègue de bureau qu’on doit se farcir tous les jours. De plus quand on creuse un peu, ce "mauvais" caractère est bien plus souvent une rigueur que ces auteurs ont pour leur travail, rigueur qu’ils attendent en retour de ceux qui doivent imprimer et commercialiser leurs œuvres, alors ils n’ont pas leur langue dans la poche, ils peuvent être rudes, inflexibles, chieurs, mais que ce professionnalisme pas toujours partagé dans la profession les déserve, les black-liste est profondemment injuste. Quand on voit des auteurs extrêmement médiocres et très moyennement vendeurs qui alignent des dizaines d’albums alors que des artistes de grand talent n’en ont que 3 ou 4 à leur actif, on se dit que quelque chose est dérèglé et que les éditeurs ne font définitivement pas le travail qu’ils devraient faire.

      Répondre à ce message

      • Répondu le 27 octobre 2013 à  01:55 :

        alors en quoi leur supposé mauvais caractère devrait avoir une incidence sur le fait de les éditer ou pas

        C’est maintenant clair, le dessinateur est un être isolé du monde. Il dessine des oeuvres maudites, en tirant la langue. Quand il sort de son trou c’est pour présenter un chef-d’oeuvre total à une espèce de buvard que l’on appelle "éditeur" (pff, éditeur..!) qui se casse les reins en génuflexions devant le nouveau chef-d’oeuvre qui vient d’arriver sur son bureau. "Merci, merci, grand Artiste !" Mais ce dernier est insensible aux sirènes de ce monde : une grande tâche l’attend, quasi-alchimique. Le pauvre éditeur est condamné à manger tout seul son homard, à sa petite table de restaurant. Il en est tout marri du coup.

        Répondre à ce message

      • Répondu le 27 octobre 2013 à  18:47 :

        C’est le copinage, ça existe partout, pas que dans la BD.

        Répondre à ce message

      • Répondu par la plume oculte le 27 octobre 2013 à  22:06 :

        C’est surtout dans son rapport avec la gent médiatique que son caractère spontané lui aurait joué des tours.Il parait. Pas besoin d’accabler les éditeurs sur ce coup.Il ne peuvent pas avoir tout les torts.

        Je ne sais plus où j’ai lu que d’ailleurs ,à ce sujet,la reconnaissance médiatique et une certaine forme de consécration qui va de pair ;un attelage d’auteurs belges, qui ont trouvé leur épanouissement artistique dans les années 80,principalement chez Dupuis alors suivez mon regard,se sentaient spolié de la légitimation des médias qui leur était dû.Quand ,au détour des années 90,ces mêmes médias,subjugués par le chant des sirènes associatives et l’underground de papa,se sont mis à détourner le regard vers des horizons qu’ils estimaient plus chatoyant.

        Marc Michetz , qui a avec talent ,fait parti de ces auteurs belges qui ont à l’époque, renouvelé avec talent les canons établis superbement par la génération de l’age d’or,peut se sentir floué.Il suffit de regarder la qualité de son travail pour en prendre conscience.

        Répondre à ce message

        • Répondu par Oncle Francois le 28 octobre 2013 à  12:58 :

          ah oui, c’est vrai, ami occulte. Il y a eu un effet de mode passagère entre 1985 et 1992 environ, je crois, cela ne nous rajeunit pas.... Beaucoup d’auteurs Dupuis ou Glénat ont été mis sous les feux de la rampe....il faut dire qu’ils publiaient alors des livres de qualité, conciliant modernité et tradition. Mais cette vague n’a pas duré, les journalistes-critiks aquatiques (comme dirait Fred) sont passés à autre chose, la BD indé d’auteurs par exemple. On comprend que certains aient besoin de renouveler leurs guides de lecture, mais ils pourraient parfois remercier ceux qui leur ont permis de crouter pendant des années... l’amnésie et l’ingratitude semblent aller de mise dans cette profession, où l’on encense systématiquement la dernière tendance à la modeuh !

          Répondre à ce message

      • Répondu le 29 octobre 2013 à  19:53 :

        C’est une légende. De bons auteurs qui ne sont pas édités ça n’existe pas.

        Répondre à ce message

        • Répondu par Arf le 29 octobre 2013 à  22:09 :

          En revanche les mauvais auteurs qui sont édités ça existe, j’ai plein de noms.

          Répondre à ce message

  • Le premier Samouraï de la BD franco-belge

    Ugaki par Robert Gigi fut créé quelques années avant, en 1980.

    Répondre à ce message

    • Répondu par Charles-Louis Detournay le 26 octobre 2013 à  19:35 :

      Entièrement d accord, Ugaki était une belle bande dessinée portée par le regretté Gigi. Et peut être qu’en fouillant un peu, on pourrait retrouver d autres samouraïs antérieurs au sein du paysage de la bande dessinée franco-belge.

      Pourtant, je ne voulais pas utiliser le mot ’premier’ au sens chronologique, mais pour évoquer le statut qu’il continue de détenir auprès de la moyenne des lecteurs de BD, même si la concurrence est rude depuis quelques années.

      Répondre à ce message

      • Répondu par joel le 26 octobre 2013 à  21:01 :

        y a il des planches du prochain album présentés dans cette expo ?

        Répondre à ce message

    • Répondu par joel le 26 octobre 2013 à  21:00 :

      il me semble en plus que gigi travaillait sur le 3 avant son décès :( une petite intégrale serait la bienvenue)

      Répondre à ce message

  • Les amateurs ne manqueront d’ailleurs pas la conférence que Michetz & Bosse donneront au Japan Expo de Bruxelles ce dimanche 3 octobre

    Ca serait pas 3 NOVEMBRE plutôt ?

    Répondre à ce message

    • Répondu par Charles-Louis Detournay le 27 octobre 2013 à  05:43 :

      Bien entendu !

      C’est corrigé.

      Répondre à ce message

  • Mitchez était un des membres du Gang Mazda, avec Yslaire et Darasse, un peu l’ancêtre de l’Atelier Mastodonte.

    Répondre à ce message

    • Répondu par jempi le 3 janvier 2014 à  11:02 :

      je prends connaissance de cette info, relative à cette conférence du 03 novembre, avec exactement ... 2 mois de retard !!! Quelqu’un ayant eu la chance d’y assister pourrait-il nous faire un petit compte-rendu ?? merci d’avance ... :o)))

      Répondre à ce message