Jésus au pays des Soviets - Par Serge Caron - Glénat Québec

1er juin 2009 0
  • Dans l'Union Soviétique de la Seconde Guerre mondiale, un scientifique dévoué au communisme remet ses valeurs en cause en rencontrant le Saint-Esprit. Un album entre la parodie, et la critique des courants sociaux, qu'ils soient politiques ou religieux.

URSS, 1941. Le jeune biologiste Yvan Yvanovitch Bibine, organise une expédition visant à retrouver la patate originelle pour régler le problème de la lente dégénérescence du tubercule soviétique. À la suite des ses recherches, il conclut que cette pomme de terre spéciale provient du Mont Ararat.

Accompagné par la jeune et jolie agente de la police politique Pieta Mimine et du guide Illevivan (!), qui n’est nul autre que l’incarnation du Saint-Esprit, Yvan retrouve non seulement la patate originelle, mais aussi le corps de Jésus qui, lors de son ascension vers le ciel, s’est vu détourné de son but par des démons à la solde du diable. Attaqués par les démons qui veillaient sur le corps du Christ, l’expédition tourne mal et les membres du groupe doivent retourner en URSS.

Entre-temps, l’Allemagne a déclaré la guerre à l’URSS. À leur retour, Yvan devient officier médical, Pieta et Illevivan sont déportés en Ukraine, et Jésus, amnésique, est enrôlé dans l’armée rouge.

Jésus au pays des Soviets - Par Serge Caron - Glénat Québec

Vous l’aurez bien compris, il faut s’armer d’un solide second degré pour profiter pleinement de cette parodie qui s’attaque autant aux premiers grands récits de bande dessinée, Tintin chez les Soviets en tête, à la chrétienté qu’au communisme primaire et ses abus. Malgré un graphisme parfois approximatif, et quelques longs discours d’entrée de jeu, on rit de bon cœur devant les délires assumés de Serge Caron, qui ne recule devant aucune caricature pour divertir son lectorat.

Après un excellente première partie, le niveau baisse malheureusement, avec quelques pages dont l’encrage est approximatif, et une immersion dans le conflit germano-soviétique qui ralentit le rythme du récit. Heureusement, le délire reprend bientôt de plus belle avec un Jésus amnésique qui soigne les blessés de guerre pour les renvoyer au combat, contribuant ainsi à la victoire du Communisme ! Les jeu de mots avec les noms des protagonistes sont également de bonne facture.

Sur les 120 pages que compte ce récit déluré, on aurait préféré quelques raccourcis scénaristiques pour maintenir une franche rigolade globale, en éludant des passages explicatifs dénués d’intérêt. Si l’on n’est pas accro à un graphisme ébouriffant, on profitera avec humour de cette saga rocambolesque.

(par Charles-Louis Detournay)

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