La Baronne du jazz - Par Stéphane Tamaillon & Priscilla Horviller - Steinkis

3 août 2020 0 commentaire
  • Échappant à un destin de Rothschild, une amoureuse du jazz consacre sa vie à le défendre, contre vents et marées. Un portrait inédit, touchant, d'une mélomane en rupture de milieu au courage indéfectible.

La vie s’annonçait sous un soleil radieux pour Pannonica, issue de la branche anglaise des Rothschild. Jusqu’aux premiers accords de jazz joués par son frère. Une passion qui ne la lâchera plus. Pourtant, son union avec un bourgeois français semblait combler tous ses vœux, l’époux paraissant aux premiers abords plein de fantaisie. Mais quand il devient diplomate et que sa femme rejette les us de la haute société, c’est la rupture. Et pour celle que les jazzmen appellent désormais Nica, une deuxième vie totalement vouée à la musique commence à New York.

Quelle femme.... Quel destin. Même si les auteurs ne disent pas clairement que Pannonica a été déshérité par les Rothschild, ils montrent avec une belle empathie le courage de la "Baronne". Car supporter les caprices de Monk, voir Charlie Parker mourir sur son canapé, ce n’était pas au programme protocolaire d’une quasi-noble britannique. Sans oublier ses luttes contre le racisme, épouvantablement présent dans le monde anglo-saxon, (et bien moins en France comme l’on montré des œuvres telles que le formidable Bird de Clint Eastwood [1].

La Baronne du jazz - Par Stéphane Tamaillon & Priscilla Horviller - Steinkis

Stylistiquement, l’album mêle harmonieusement ambiances à la Blutch et élasticité façon Will Eisner. Le choix hardi de privilégier le noir et blanc pour les décors et les couleurs sobres pour les personnages peut surprendre, il crée un effet de contraste plein de nostalgie. Mais le récit baigne aussi dans la violence, sous-jacente ou plus directe, à différentes périodes de la vie de Pannonica : sa révolte contre son milieu, la seconde guerre mondiale et l’antisémitisme, et le sort des afro-américains ensuite...

Si cet album est sorti en janvier 2020, la parenthèse du confinement a jeté une ombre sur sa pertinence, son panache, la force du portrait. Voilà pourquoi plus de six mois après il nous paru essentiel de vous le présenter, même sans le swing d’Art Blakey en fond sonore...

(par David TAUGIS)

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[11988, avec Forest Whitaker dans le rôle de Parker

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