Vidocq, T1 : Le Suicidé de Notre-Dame - Par Nolane, Banovic & Vattani - Soleil

16 mars 2015 0 commentaire
  • Ce premier tome de Vidocq réserve son lot d'actions ainsi qu'une galerie de personnages bien typés et inaugure une nouvelle collection de Soleil intitulé "Les Détectives de légende" : cela ne pouvait pas mieux démarrer !

En cet automne 1813, l’Empire de Napoléon vacille, ce qui favorise le crime. À la Préfecture de Police de Paris, au Quai des Orfèvres, une petite révolution a pourtant eu lieu deux ans plus tôt lorsque l’ex-bagnard évadé Vidocq a été nommé à la tête de la toute nouvelle Sûreté, une brigade efficace exclusivement composée de criminels repentis.

La Sûreté, et surtout son chef, sont aussi devenus les bêtes noires de certains policiers de la Préfecture, qui, comme l’inspecteur Javert, ne supportent pas les méthodes hors-normes et surtout les résultats de Vidocq, célèbre pour sa mémoire photographique des visages et son spectaculaire talent pour les déguisements. Mais Vidocq, sa notoriété aidant, est vite appelé à démêler des mystères sanglants au-delà des sphères de la pègre, comme celui du suicide au pistolet en pleine messe à Notre-Dame de Paris d’un colonel baron d’Empire et qui dissimule bien autre chose que la douleur d’un père anéanti par la mort de son fils en Russie…

Vidocq, T1 : Le Suicidé de Notre-Dame - Par Nolane, Banovic & Vattani - Soleil

Le personnage a bie évolué depuis la version de Hans KresseFrançois Vidocq demeure une véritable légende dans le monde policier ! Forçat évadé du bagne, as du déguisement, il fut également chef de la police de sûreté, avant de fonder la première agence de détectives privés. C’est le père de la police judiciaire telle qu’on l’entend encore à notre époque.

Ce personnage ultra-charismatique a connu plusieurs vies à l’écran, mais également en bande dessinée : on se souvient peut-être moins des deux albums réalisés par Cheylard & Galland parus chez Prifo en 1977, mais le remarquable travail de récits complets de Hans Kresse, en revanche, est resté dans la mémoire de nombreux lecteurs.

Jonglant aussi bien avec l’Histoire qu’avec l’imaginaire qui en découle, Richard D. Nolane construit un excellent récit introductif où il replace, en quelques pages, le contexte de l’époque, rappellant qui était Vidocq, son passé, ses "astuces" policières, son réseau d’agents peu recommandables, son soutien de la préfecture, ainsi que ses inimitiés avec certains de ses collègues, dont Javert.

Puis la véritable enquête débute : un suicide qui n’en est pas un, le besoin de se travestir à nouveau pour passer de la "Haute" aux basses extractions afin de démêler le fin mot de l’affaire. Le fait de travailler en one-shot raccourcit sérieusement d’ailleurs cette première enquête. Si elle ne brille pas par son suspense, la personnalité de Vidocq prend légitimement toute sa place, surtout lorsqu’il tente de recruter une demi-mondaine pour compléter son équipe.

Avec son dessin expressif et solidement documenté, Sinisa Banovic parvient à transposer la vie grouillante de la capitale française. Les visages des protagonistes sont réussis, expressifs et reconnaissables malgré les postiches. On s’interroge pourtant sur la multiplication d’effets de cadrage dans certaines scènes qui ne le nécessitent pas, cela peut déstabiliser alors que son dessin est suffisamment maîtrisé sans avoir recours à tant d’artifices. Quant aux couleurs de Matteo Vattani, malgré quelques effets de lumière trop informatisés, elles restent sobres mais évocatrices.

Comme dans bon nombre de ses albums, Nolane livre un petit dossier de deux pages à la fin de celui-ci pour replacer le personnage de Vidocq dans son contexte. Ce premier tome se lit avec autant de plaisir que d’intérêt, même s’il n’évite pas les petits écueils d’introduction de série. On attend la suite avec intérêt, comme les prochains volumes de la collection Détectives de Légende.

(par Charles-Louis Detournay)

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