Jamie Hewlett, le gorille a bonne mine

22 juillet 2010 4 commentaires
  • Né en Angleterre en 1968, le dessinateur Jamie Hewlett est connu mondialement depuis le succès colossal du groupe virtuel Gorillaz qu’il a créé avec le musicien Damon Albarn. Portrait d’un artiste multimédia.
Jamie Hewlett, le gorille a bonne mine
Tank Girl
© Hewlett - Martin - Ankama

À la fin des années 1980, deux jeunes blancs-becs nommés Jamie Hewlett et Alan Martin dynamitent la bande dessinée d’outre-Manche en créant Tank Girl, une future icône. Dans les pages de la revue Deadline, où se croisent BD et musique, le duo imagine une Australie post-apocalyptique et ultra-violente.

C’est dans ce paysage chaotique que vit Rebecca mieux connue sous le nom de « Tank Girl », en référence au blindé qu’elle conduit avec désinvolture. En une poignée d’épisodes, Tank Girl devient un comics culte.

En 1995, la série connaît même une adaptation à Hollywood. Faisant face au flop du film [1] et à une certaine lassitude, le duo explose et Hewlett se détourne de la bande dessinée.

Plastic Beach
© Gorillaz Partnership - EMI Records

À cette époque, Jamie Hewlett multiplie les expériences. Il conçoit des décors pour des boutiques, habille des émissions télévisées, réalise des campagnes de publicité, fait du design. En 1997, il partage un appartement avec le musicien Damon Albarn, chanteur du groupe de britpop Blur [2], qui se remet d’une difficile rupture. Les deux hommes vont mettre à profit ce retour à une vie d’étudiants pour imaginer un projet multimédia : Gorillaz.

Premier groupe virtuel de la musique pop, Gorillaz est incarné par 2D, Murdoch, Noodle & Russel, quatre personnages imaginés par Hewlett. En brassant de nombreuses influences (hip hop, dub, soul, pop,…), Gorillaz, dont le premier disque paraît en 2001, va connaître un succès planétaire. Au fil des disques et des tournées, le dessinateur britannique va enrichir cet univers visuel fort et très certainement partie prenante de la popularité du groupe.

"Les Dessous de Tank Girl"
© Hewlett - Martin - Ankama

En 2006, un long-métrage cinéma est envisagé. Le titre de travail est Carousel, et le troisième disque de Gorillaz en serait la bande originale. Albarn et Hewlett déclarent que Terry Gilliam devrait en être le réalisateur. Malheureusement, la "malédiction de la Mancha" continue pour Gilliam : le film tombe à l’eau. Les deux créateurs de Gorillaz se plongent alors dans un nouveau (et dernier) disque de leur super-groupe : Plastic Beach. L’album sort en mars 2010 avant une tournée mondiale qui utilise hologrammes, films d’animation et univers visuels de Jamie Hewlett.

Malgré plusieurs déconvenues dans l’univers du cinéma, il semble peu probable que Jamie Hewlett revienne un jour à la bande dessinée. On se contentera donc de replonger avec plaisir dans les rééditions de Tank Girl que proposent les éditions Ankama depuis quelques mois. Notamment le superbe artbook, Les Dessous de Tank Girl, qui fait mesurer à quel point Hewlett est un des dessinateurs les plus influents de ces dernières années.

Tank Girl, une certaine idée du féminisme...
© Hewlett - Martin - Ankama

(par Morgan Di Salvia)

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En médaillon : portrait de Jamie Hewlett. Courtesy of Hipart Gallery

Toutes les illustrations sont © Hewlett - Martin - Ankama, sauf mention contraire.

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[1Réalisé par Rachel Talalay, le film voyait outre la présence de Lori Petty, Malcolm McDowell et Iggy Pop, le premier grand rôle de Naomi Watts, future star hollywoodienne

[2Albarn avait décidément le nez fin en terme d’arts visuels puisque deux ans auparavant, il avait confié la réalisation de son clip Country House à Damien Hirst, aujourd’hui, un des artistes contemporains les plus chers du marché.

 
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