"L’Avenir en commun ?" : Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise rentrent dans des cases !

11 avril 2017 4 commentaires
  • L'Avenir en commun, le programme politique de la France Insoumise, porté par Jean-Luc Mélenchon, candidat à l'élection présidentielle française, se décline aussi en bande dessinée. Grâce au travail de deux dessinateurs qui se sont lancés, en citoyens concernés davantage qu'en purs militants, dans ce projet didactique d'explication de plusieurs points du programme.
"L'Avenir en commun ?" : Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise rentrent dans des cases !
Les auteurs décrivent comment ils en sont venus à ce projet
&copy Melaka/Reno/Olivier Tonneau

Il a le vent en poupe en cette fin de campagne électorale, et c’est une voile gonflée, frappée du symbole de la France Insoumise, qui ouvre la version bande dessinée de L’Avenir en commun, "son" programme, d’ailleurs plus collaboratif que personnel. Jean-Luc Mélenchon pratique tous les médias, nouveaux ou alternatifs, comme Youtube par exemple - il avait d’ailleurs parlé BD à l’occasion d’Angoulême.

Et son mouvement coagule nombre de forces et de bonnes volontés qui dépassent le militantisme au service de sa personne mais témoignent d’un engagement citoyen, à gauche, renouvelé, hors des structures existantes. Pas étonnant du coup de découvrir, proposés par des sympathisants ou militants, un jeu vidéo ou encore une bande dessinée.

Un avenir d’anticipation !
&copy Melaka/Reno/Olivier Tonneau

C’est dans ce cadre que s’inscrit donc la BD, hébergée sur le site de l’Avenir en commun, proposée par Melaka et Reno (Aquablue), un couple d’auteurs, sensibles aux propositions contenues dans le programme L’Avenir en Commun qu’ils déclinent en une série de planches. En lui ajoutant toutefois un point d’interrogation qui dit l’incertitude qui plane sur la rencontre entre ce projet et la population française à l’occasion de ces élections.

Démarche spontanée et bénévole, il s’agit d’une entreprise didactique avant tout : les deux dessinateurs se sont associés à Olivier Tonneau, enseignant-chercheur à l’Université de Cambridge, pour synthétiser de manière pédagogique les propositions du programme (plus de détails sur l’élaboration du projet sur le site jlm2017).

Caricature de la pratique politique actuelle
© Melaka/Reno/Olivier Tonneau
Rapidement, le chapitre écologique
© Melaka/Reno/Olivier Tonneau
Une des spécificités du programme
© Melaka/Reno/Olivier Tonneau

Au strict niveau de la bande dessinée le projet ne manquera pas de diviser : on se situe dans le registre de la note de blog, genre dans lequel Melaka fut une pionnière et continue d’exercer. Les amateurs y trouveront leur compte et les autres pesteront à leur habitude contre ce qu’ils jugent une facilité, voire une pauvreté graphique et narrative. On retrouvera là peut-être une fracture générationnelle dans la réception.

De nouvelles institutions pour de nouvelles générations ?
© Melaka/Reno/Olivier Tonneau

Mais du côté du but visé, cette pédagogie de L’Avenir en commun, le travail fait mouche et devrait susciter un large consensus. Avec humour, usant des ressorts de la caricature, de la schématisation et des références, L’Avenir en commun ? offre une vulgarisation intelligente et efficace du programme dont il détaille certains aspects afin d’un donner des illustrations concrètes et parlantes.

On notera l’intérêt porté bien évidemment au renouvellement des institutions, au premier plan des propositions de la France Insoumise, mais aussi la place réservée au volet écologique du programme, entre choix en matière énergétique, modèles en termes d’agriculture et de consommation ou encore tout ce qui touche à l’économie de la mer. C’est sans doute là, dans ce choix des points du programme abordés, que l’on sent la patte des auteurs, les enjeux qui leur ont initialement parlé et le parcours personnel qui les a conduits à s’investir dans ce projet.

Porte d’entrée inattendue et réussie vers un programme politique précis, cette œuvre offerte au public via la diffusion en ligne constitue une véritable curiosité particulièrement intéressante par la démarche qui la sous-tend.

Les Schtroumpfs appelés à la rescousse !
© Melaka/Reno/Olivier Tonneau

(par Aurélien Pigeat)

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4 Messages :
  • Bon écho, mais je ne trouve pas la réalisation "pauvre graphiquement". De même, il est égal qu’on ne puisse lui attribuer une étiquette bien précise : BD, note de blog, quelle importance ? Grande qualité de ce travail spontané et sincère qui s’adresse à tous, comme devrait l’être l’Écologie et l’Humanisme, sans parti ni classe ni frontière.

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    • Répondu par Aurélien Pigeat le 15 avril à  18:22 :

      Bonjour Pic,

      Merci pour votre commentaire. Une précision cependant parce que je crois comprendre que ma formulation devait manquer de clarté au vu du sens que vous lui attribuez.

      Je ne trouve pas non plus, à titre personnel, le titre pauvre graphiquement. Mais il s’inscrit dans un genre, ou registre - je maintiens cela car c’est éclairant du point de vue du format et du cadre de travail - qui divise, on le constate assez souvent dans les forums d’actuabd.

      D’où la tournure qui tente de dessiner deux types de réception de l’œuvre quant à la forme, graphique mais aussi narrative : les "amateurs" et les "autres", "qui pesteront à leur habitude" (les arguments qui suivent étant donc la reformulation de ce point de vue). La désignation "les autres" et cette dernière formule, "à leur habitude", me semblait assez clairement poser de quel côté je me situais personnellement, mais manifestement il fallait être plus limpide. C’est chose faite à présent, j’espère.

      Cordialement
      AP

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      • Répondu le 25 avril à  08:47 :

        "L’avenir en commun ?" ou "Le communisme autoritaire de Mélenchon". Mélenchon n’est ni un libertaire, ni un pacifiste mais un anti-européen, un nationaliste qui trouve que quand même, Castro et Chavez étaient des mecs sympas. Sympas comme lui. Ni des Proudhon, ni des Bakounine ! Des mecs qui veulent être aux commandes d’un capitalisme d’État. Foutage de gueule ce Mélenchon !

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        • Répondu le 25 avril à  11:33 :

          "Et moi d’une famille parisienne vaguement pauvre et carrément de gauche, tendance anar."

          "vaguement pauvre". On est pauvre où on ne l’est pas. Le vaguement est bien trop flou. C’est bobo, ça fait chic !

          "Tendance anar". On est anarchiste ou on ne l’est pas. L’Anarchisme n’est pas compatible avec le socialisme autoritaire de Mélenchon. Mélenchon n’est pas tendance anar du tout, au contraire, il est contre !

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