La Princesse du sang : le dernier roman de Manchette achevé en bande dessinée.

2 octobre 2009 1 commentaire
  • Le dernier roman écrit par Jean-Patrick Manchette était resté inachevé. Son fils Doug Headline et le dessinateur Max Cabanes lui donnent une conclusion dans une bande dessinée en deux volumes, dont le premier tome paraît aujourd’hui.

Lorsque l’information a été révélée dans nos colonnes au début du mois de juin, les amateurs de roman noir ont frémi. La Princesse du sang, dernier roman inachevé de JP Manchette allait connaître une adaptation et donc une conclusion en bande dessinée. Aux manettes de ce diptyque : Doug Headline, éditeur, cinéaste et fils de Manchette, et Max Cabanes, l’auteur culte de la série Dans les villages. Les albums seront édités dans la collection Aire Libre par José-Louis Bocquet, lui-même auteur de polar. De la légitimité donc, pour un projet chargé d’une aura particulière.

La Princesse du sang : le dernier roman de Manchette achevé en bande dessinée.
Le manuscrit de "La Princesse du sang"
paru chez Rivages en 1996

Au début des années 1980, Manchette publie en feuilleton La Position du tireur couché dans les pages d’Hara-Kiri. A sa parution en 1982 en Série Noire, on ignore qu’il s’agira du dernier roman qu’il mènera à son terme. En effet, lassé d’être de son propre aveu « momifié vivant » [1] par ses pairs et par les médias, Manchette souffre de son statut de figure tutélaire du roman noir français. Il décide de prendre du recul par rapport à l’écriture telle qu’il l’a pratiquée dans les années 1970. Il va consacrer la décennie suivante à la préparation d’un projet d’envergure. Ce sera le cycle des Gens du mauvais temps, avec La Princesse du sang comme roman inaugural. Il décide de mêler dans ce grand projet le roman noir, l’espionnage et l’histoire politique, en traitant une période plus vaste, remontant le temps depuis les années cinquante. Il s’évade aussi de la France post-soixante-huitarde pour situer son premier récit à Cuba, à l’avènement de Fidel Castro. En 1989, il entame la rédaction de La Princesse du sang et on lui diagnostique un cancer. Il décède en 1995, laissant le premier roman de ce cycle inachevé. Toutefois, la densité de ses notes de travail et le perfectionnisme dont il faisait preuve dans la préparation de ses romans, ont permis l’édition d’un manuscrit aux éditions Rivages en 1996.

Depuis la disparition de son père, Doug Headline s’emploie à faire perdurer son œuvre. On lui doit notamment l’édition du passionnant premier tome du Journal de Manchette chez Gallimard l’an dernier. Il travaille depuis plus de dix ans à une adaptation cinématographique de La Princesse du sang. Scénario et storyboard étaient prêts, le passage vers la bande dessinée n’attendait plus que la rencontre entre l’ancien directeur éditorial de Zenda et Max Cabanes. Le premier tome est en librairie aujourd’hui. C’est un événement.

(par Morgan Di Salvia)

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Lire les 11 premières pages de La Princesse du sang

[1Propos rapporté par Doug Headline dans la préface de La Princesse du sang, Rivages /Noir, 1999.

 
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