"Les Femmes en Blanc, T. 39 : Baby Boum - Editions Dupuis

18 avril 2017 0 commentaire
  • Peut être un peu moins drôle que les précédents, le 39e album des "Femmes en blanc" s’appuie sur des questions de société : il reste pertinent, sarcastique et toujours aussi divertissant.

Il serait regrettable d’attendre l’anniversaire du 40e album des Femmes en Blanc pour parler d’une série à la presque insolente constance depuis ses débuts ! Pour s’en convaincre, il suffit de lire le nouveau tome qui vient de paraître. Certes, le jeu de mots du titre n’a plus grand-chose à voir avec les récits de l’album, mais le tandem Bercovici-Cauvin n’a rien perdu de sa vigueur, ni de sa dextérité !

Cauvin reste un expert dans l’imagination de situations cocasses liées à nos petits bobos et nos grands maux. Car derrière Les Femmes en blanc, l’une des premières bandes dessinées dédiées à un corps professionnel, se cache une chronique générale de notre société à laquelle s’attaque le plus grand scénariste humoristique de la bande dessinée belge. Et ce Baby boum ne déroge pas à la règle : on y retrouve les hypocondriaques, les hyperactifs, et autres hyper-nerveux qui peuplent d’ordinaire ces métiers. Sans oublier les sujets mus par une irrépressible envie de voyager, ceux atteints du burnout (un sujet inscrit dans l’actuelle campagne présidentielle française, presque un méta-texte de la réalité vécue par l’un des candidats...), etc.

"Les Femmes en Blanc, T. 39 : Baby Boum - Editions Dupuis

Est-ce l’âge (notre homme va sur ses 79 ans) ? Raoul Cauvin se fait également un peu plus sérieux dans ses thématiques. Ainsi aborde-t-il le manque de valorisation salariale dans la profession des infirmières, les remplacements réalisés par des personnes moins qualifiées, mais également les infirmières étrangères qui viennent travailler chez nous pour pallier au déficit des compétences, ce qui s’accompagne parfois d’un certain racisme… Le scénariste traite également de la surpopulation et du vieillissement de la population, des blessés de guerre et des régimes de toutes sortes pour conserver la santé, etc.

Quant à Philippe Bercovici, nous sommes parfois tellement habitués à son style qu’on oublie d’en apprécier toute sa qualité. La gestuelle de ses personnages est vivante, dynamique, une qualité fondamentale lorsque l’on doit dessiner une multitude d’infirmières qui s’approche de patients alités. Ce mouvement perpétuel dans chaque case rythme l’album. Évitant les détails superflus, le dessinateur se consacre à servir le mieux possible l’histoire qu’il raconte : un modèle d’efficacité. Mention spéciale aux cases plus dramatiques qui se déroulent lors d’un affrontement militaire, un style plus sombre qui convient particulièrement bien au dessinateur.

Si ce 39e tome donc s’avère un peu plus grave que des précédents, ces sujets de réflexion ne l’empêche pas de constituer un vrai condensé d’humour, tout en s’appuyant sur des sujets plus légers comme la perpétuelle étudiante en infirmerie qui doit soigner ses parents, le choix des prénoms pour des enfants, les opérations en musique, ou encore la gestion délicate des animaux de compagnie. Le tout est relevé par une introduction et une conclusion qui prennent toute leur saveur lorsque se souvient l’hypocondriaque Monsieur Kox n’est autre… que le dessinateur de l’Agent 212, une autre série du prolifique Cauvin !

(par Charles-Louis Detournay)

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