Un amour simple - Par Bernard Grandjean - La boîte à bulles

5 avril 2011 0 commentaire
  • Ils s'aiment et tout va bien. Seul compte leur passion profondément partagée. Simple en effet. Simplissime même. Sauf que nos tourtereaux séjournent dans un centre pour personnes atteintes de troubles psychiatriques. Et que les sentiments, dans ce cadre, n'ont rien d'évident, notamment pour les encadrants. Une chronique poignante signée d'un auteur connaissant parfaitement ce sujet.

Dans un premier album autobiographique, Bernard Grandjean avait déjà évoqué ses années d’éducateur spécialisé. Gardant ce milieu en toile de fond et les mêmes choix graphiques, il signe ici une fiction, à la fois histoire d’amour tragique et plongée au cœur des années 1970 parmi les handicapés mentaux.

Lucy aime Nono, qui ne vit plus que pour elle. Leurs petits rendez-vous, dans la chambre de Lucy ou cachés dans un couloir, ont toujours un goût de paradis. À tel point qu’ils préparent une petite escapade en amoureux, rien que tous les deux. Un peu de stop, et la mer tendra ses bras. Il suffira de rester discret et ne rien dire aux éducateurs qui veillent sur eux. Les automobilistes, de leur côté, ne remarquent rien. Et voilà nos deux fragiles amants sur la route...

Un amour simple - Par Bernard Grandjean - La boîte à bulles

Dessin sans fioriture, bichromie bleu-pâle enrichie de hachures soignées, le style de Grandjean n’a pas changé depuis son premier album, paru en 2009. Mais cette fois le récit est plus long, et possède un souffle véritablement romanesque.

Au-delà de la justesse des personnages, qu’ils soient malades ou encadrants, l’auteur intègre des seconds rôles marquants, quelques bénévoles de SOS amitié qui en fin d’album, apporteront une conclusion superbe de finesse et d’humanité.

Jouant beaucoup sur les séquences narratives sans paroles, l’opposition entre différentes sociétés qui se croisent sans communiquer, Bernard Grandjean convainc encore avec Un amour simple.

Une BD qu’on ne peut s’empêcher de comparer au superbe film Yo, tambien, de Antonio Naharro, sorti en 2010.

(par David TAUGIS)

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