Le collectif Autrices Auteurs en Action 2020 s’engage sur la présence en festivals

15 mars 2020 4 commentaires

MOBILISATION. Le collectif Autrices Auteurs en Action 2020, fondé peu avant le Festival d’Angoulême, poursuit sa mobilisation par une série d’engagements approuvée et signée par plus d’un millier d’autrices et d’auteurs de bande dessinée. S’il faudra attendre, de fait, la fin de la crise sanitaire pour qu’elle devienne effective, elle n’en dessine pas moins les contours d’un nouveau mode de relation entre les artistes et les organisateurs de festivals.

Le collectif Autrices Auteurs en Action, créé en janvier dernier, s’était manifesté au moment du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême avec la publication d’une tribune puis une action sur la scène du Théâtre d’Angoulême lors de la cérémonie de remise des Fauves. Quelques manifestations avaient également eu lieu à travers la France et le collectif avait reçu le soutien du Syndicat des éditeurs alternatifs. Mais les annonces du Ministre français de la Culture et de la Communication ayant quelque peu douché les espoirs nés du « Rapport Racine », le mouvement s’était ensuite moins fait remarquer.

Le collectif Autrices Auteurs en Action 2020 s'engage sur la présence en festivals
© 2020 BANDEDECIMEE.FR

Pour autant, la réflexion n’a pas cessé. Les relations avec une partie des éditeurs paraissant mal engagées au vu des récentes déclarations de Vincent Montagne [1], PDG de Média Participation et président du Syndicat national des éditeurs, le choix du collectif de se focaliser, du moins dans un premier temps, sur la présence des autrices et auteurs en festival paraît logique. Ainsi, dans un communiqué rendu public le 9 mars [2], le collectif a annoncé que les signataires de cette déclaration ne se rendraient plus que dans des festivals définis par eux comme « éthiques ».

En attendant une charte plus détaillée, prévue initialement pour la fin mars, les signataires refusent donc de se déplacer si certaines conditions ne sont pas remplies. Ils estiment d’abord qu’une « juste rémunération de présence et d’activité » est indispensable, ainsi que le remboursement des frais. C’est donc un refus clair de participer gratuitement aux festivals. Ils appellent ensuite au « respect de la juste représentativité des genres », précisant que « la présence des autrices devra se situer a minima aux alentours de 30 % » afin d’être en cohérence avec la proportion de femmes parmi les créateurs de bandes dessinées. De même, cette représentativité doit concerner les principaux « métiers de la bande dessinée » (dessinateurs et dessinatrices, scénaristes, coloristes). Enfin, et cela semble bien un minimum, ils demandent « le respect des conditions sanitaires et de confort d’accueil corrects » (pour le logement, les repas ou les déplacements par exemple).

Ces revendications, pour logiques et légitimes qu’elles soient, risquent de poser quelques problèmes aux festivals et salons les moins solides financièrement. La rémunération en particulier risque d’être une pierre d’achoppement. Les organisateurs vont devoir redoubler d’activité pour chercher des sources de financement. Car ce sont plus de mille autrices et auteurs, belges et français principalement mais pas uniquement, qui ont signé le communiqué. Les acteurs privés - éditeurs, libraires, organisateurs, associations... - comme publics - de l’État aux collectivités territoriales - vont devoir repenser leurs budgets.

La situation actuelle repousse évidemment la mise en application du communiqué : le virus Covid-19 ne distingue pas les lecteurs de bande dessinée du reste de la population ! Tous les festivals et salons sont annulés, les rencontres sont suspendues et même les dédicaces en librairie ne peuvent avoir lieu. Il faudra donc plusieurs semaines voire plusieurs mois pour pouvoir constater les effets des engagements pris par le collectif Autrices Auteurs en Action.

FH

© Autrices Auteurs en Action - AAA 2020

Sur le même sujet, lire également sur ActuaBD :
- Le Collectif Artistes Auteurs en lutte à Angoulême et au-delà !
- Contre la mort des petits mickeys, le Collectif Artistes Auteurs se mobilise
- Angoulême 2020 : Macron et Riester attendus de pied ferme
- Protection des auteurs : les 23 recommandations du Rapport Racine
- Le Rapport Racine : une première déflagration
- "LBD 2020" : avec la Section Patachon, des artistes entrent dans la lutte
- Les 23 commandements de Frank Riester pour sauver les auteurs
- Le Syndicat des éditeurs alternatifs réagit au "Rapport Racine" et se positionne en soutien aux auteurs

[1Propos recueillis par Anne Douhaire pour franceinter.fr, 12 mars 2020.

[2Source : page Facebook du collectif.

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
Participez à la discussion
4 Messages :