« Ces Jours qui disparaissent… » : La révélation Timothé Le Boucher

15 décembre 2017 1 commentaire
  • Ce pur produit de l’école d’Angoulême a un album nommé dans la sélection du Festival 2018 : « Ces Jours qui disparaissent… » (Editions Glénat). Tant par son propos que par son graphisme, ce jeune auteur né en 1988 fait partie des talents qu’il nous faut désormais surveiller du coin de l’œil.
« Ces Jours qui disparaissent… » : La révélation Timothé Le Boucher
Timothé Le Boucher
Photo ; DR. Ed. Glénat

Angoulême, il est tombé dedans quand il était petit : après le lycée, il s’inscrit à l’École Européenne Supérieure de l’Image et voit ses premiers travaux distingués par la sélection des Jeunes Talents de l’édition 2010. Il publie son premier livre dans la foulée chez Manolosanctis, éditeur aujourd’hui disparu, en 2011 : Skins Party où il décortique déjà avec brio les amours adolescentes. Et là, rebelote : nomination au FIBD.

Son premier album, chez Manolosanctis (Indisponible)

Paraît ensuite Les Vestiaires à la Boîte à Bulles en 2014 : « Dans une véritable trame dramatique traditionnelle, écrit David Taugis sur ActuaBD, le petit gros du vestiaire va réussir à passer du bon côté.

"Les Vestaires" (Ed. La Boîte à Bulles).

Et sa vengeance sera terrible. On pourra trouver le propos de l’auteur excessif ou trop stylisé, voire même considérer que ses dialogues manquent de langue "djeuns". Bémols minimes face à la tension qu’il soutient du début à la fin, au rythme des scènes et la précision de ses cadrages. Une sorte d’"Entre les murs" BD qui serait passée du cours de français à la séance d’EPS. »

Cette année, il publie chez Glénat Ces Jours qui disparaissent, ou l’histoire d’un jeune homme qui exerce ses talents dans une remarquable troupe d’acrobates et qui, un jour sur deux, change d’identité au grand dam de ses relations et de sa famille. C’est le même corps, mais ce n’est plus le même homme. Déjà, il faut s’en accommoder, mais quand ces deux identités qui cohabitent décident de faire de choix de vie radicalement différents, le premier se faisant artiste et cigale, le second entrepreneur et fourmi, les choses deviennent plus compliquées, surtout quand l’un et l’autre ne partagent pas les mêmes petites amies !


Sur cette trame intrigante, Timothé Le Boucher tisse une comédie profonde qui joue autant sur les effets de gémellité, que sur le questionnement de l’identité. Il a appris, depuis ses albums précédents, à creuser davantage la caractérisation de ses personnages, la pertinence de ses scènes et de ses dialogues. Résultat : une incroyable maîtrise de propos entre gravité et légèreté, entre séduction et réflexion. Le graphisme, en dépit d’un encrage qui doit s’affirmer davantage, affiche une belle rigueur dans la composition et du brio dans la narration, parfois franchement virtuose. Une révélation.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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