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"Le Partage des mondes" d’Olivier Grenson : la couleur de l’espoir [VIDEO]

Par Didier Pasamonik - L’Agence BD le 20 avril 2024                      Lien  
Nous sommes en septembre 1940. Les Allemands ont perdu la Bataille d’Angleterre mais ils ne le savent pas encore. Alors qu’au début, leurs objectifs n’étaient que militaires, l’armée nazie se met à bombarder Londres. En réplique, les Anglais larguent leurs bombes sur Berlin. Hitler est ivre de rage, le « Blitz » commence et les principales villes d’Angleterre sont connaître les vagues d’assaut de l’aviation allemande, les nazis espérant démoraliser le peuple britannique. C’est dans ce contexte qu’un vieillard, Isaac, rencontre Mary, une gamine de dix ans évacuée qui a perdu le contact avec sa famille. L’un et l’autre vont découvrir à quel point l’imagination est la meilleure arme contre l’adversité.

Londres, comme d’autres grandes villes de Grande-Bretagne, ne vit plus qu’au rythme des attaques menées par la Lutwaffe. Les habitants ont vingt minutes entre le moment où les radars détectent les bombardiers ennemis sur la côte de la Manche et celui où ils déversent leurs bombes sur la ville. Le temps de se cacher dans le métro de Londres.

Pour Isaac, la vie s’est arrêtée. Il est aux premières loges pour assister à la tragédie du Blitz car une bombe a éventré la façade de son appartement, tuant au passage Eva, son épouse. C’est presque mécaniquement qu’il descend, au gré des alertes et du hurlement des sirènes, en direction des abris. Sur le chemin, il rencontre Mary, une petite enfant d’une dizaine d’années, curieuse et facétieuse, qui a perdu ses parents lors d’une de ces alertes.

Isaac décide de la prendre en charge et de retrouver ses parents. Entre eux, une complicité va se tisser autour d’un conte en couleurs que lui raconte Isaac pour l’extirper de la grisaille environnante.

Le Partage des mondes est sans aucun doute à date, le plus beau roman graphique d’Olivier Grenson. Il y documente la vie des Londoniens au quotidien, la résistance héroïque des Britanniques et des autres nations qui composaient la chasse britannique face à une barbarie qui rappelle cruellement celle que vit en ce moment l’Ukraine.

Dans de splendides pages à l’aquarelle, Grenson mêle des situations réelles avec l’imaginaire du conte qu’Isaac raconte à Mary et qui va les aider à sortir l’un et l’autre cette passe difficile. On pense au Blitz de Rivière & Floc’h (Dargaud) pour la thématique, au Songe d’une nuit d’hiver de Pratt pour le côté onirique (Corto Maltese : les Celtiques, Casterman), mais ni l’un ni l’autre n’avaient à ce point incarné les sentiments de ces milliers de gens vivant sous les bombes. Ce conte nous rappelle avec acuité que la résistance à l’adversité est aussi une question d’imagination.

Olivier Grenson nous raconte tout cela dans cette vidéo.

Production : ActuaBD SAS - Réalisation : Didier Pasamonik et Hippolyte Arzillier - Montage : Kelian Nguyen.

(par Didier Pasamonik - L’Agence BD)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Code EAN : 9782808211925

Le Partage des mondes – Par Olivier Grenson – Ed. du Lombard

Photo en médaillon : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Le Lombard ✏️ Olivier Grenson Histoire
 
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3 Messages :
  • Très belle interview.
    Olivier Grenson est un passeur.
    Il fut l’élève à 17 ans de Eddy Paape (lui-même initié par Jijé !), puis il est devenu auteur et professeur.
    Il enseigne depuis bientôt 35 ans et aide les nouvelles générations grâce à sa sensibilité et à la formation prestigieuse qu’il a reçue.
    C’est une chance pour la bande dessinée en Belgique (surréaliste !) et au-delà.
    C’est aussi une des raisons pour lesquelles ce récit de passage est touchant.

    Répondre à ce message

    • Répondu le 25 avril à  09:54 :

      Mais merci Monsieur Wurm pour ce gentil message ! Message que je pourrais vous retourner mot pour mot ; et bien plus encore. Tout au long du chemin, nous n’avons pas perdu patience pour garder le cap, travailler et réussir ce que nous n’osions à peine imaginer lorsque nous nous croisions au cours de Monsieur Paape ! Toujours apprendre et ré-apprendre, aller au bout de nos possibilités, surtout aller au bout de nos rêves.

      Répondre à ce message

      • Répondu par Philippe Wurm le 25 avril à  14:14 :

        Merci à vous Olivier Grenson.
        Il y a un effet de génération et j’aime cela !

        Répondre à ce message

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