Chelsea in love - David Chelsea - çà et là

10 juillet 2006 0
  • Si vous voulez savoir comment vivaient les jeunes adultes new-yorkais dans les années 80, ne cherchez pas plus loin: les labyrinthes de l'amour sont explorés en détail dans cet album autobiographique visuellement superbe.

Dans ce gros album de presque 200 pages regroupant des histoires parues entre 1991 et 1993, David Chelsea (léger pseudonyme de l’auteur) est un jeune homme qui partage sa vie entre Portland, sa ville de naissance, et New York, où ses études d’illustrateur l’ont amené.

En 1980, à 21 ans, il fait à Portland la rencontre de Minnie, une connaissance d’une de ses sœurs, plus âgée que lui de quelques années, et quelque peu instable. Commence alors une relation entre Portland et New York particulièrement tempêtueuse qui durera tout de même un bon moment, et que chronique cet album.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que tous ces jeunes adultes n’inspirent pas une sympathie franche : ils clament haut et fort leur envie de bâtir une relation exclusive, et couchent avec qui veut bien à la première occasion... Minnie a un comportement pire que celui de David, mais après tout, c’est celui-ci qui raconte l’histoire.
Il n’empêche que la vie de tous ces jeunes gens est intéressante, entre autres parce que, justement, l’auteur nous montre des gens qui font des erreurs, dans un environnement culturellement et historiquement marqué - on voit par exemple les prémices du SIDA. Et puis, Chelsea n’est pas un puritain : ça baise beaucoup dans cette BD.

Chelsea in love - David Chelsea - çà et là

L’un des aspects qui différencient ce portrait de l’artiste en jeune homme des albums, par exemple, de Joe Matt ou des autres auteurs qui se mettent en scène avec un dessin assez simple est le style graphique adopté par l’auteur : on ne pourra en effet pas s’empêcher d’y voir l’influence de Winsor McCay, le créateur de Little Nemo, que ce soit dans le détourage des personnages ou dans les séquences oniriques. Et on ne peut rester insensible à l’inventivité dont fait preuve Chelsea dans la narration, et à l’utilisation très pointue que fait celui-ci de la perspective.

L’album nous présente également une belle galerie de personnages parmi la famille ou les amis de l’auteur, qui peuplent ces histoires qui, pour être centrées sur les jeux d’amour et de désamour entre David et Minnie, n’en sont pas moins ouvertes aux vies de ceux qui les entourent.

Chelsea in love se révèle être une piquante tranche de vie remarquablement illustrée. La jolie idée d’ajouter des épilogues racontant ce que sont depuis devenus les personnages rend d’autant plus attachant tout ce beau monde.

(par François Peneaud)

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