DoggyBags T3 - Collectif - Ankama Editions

8 novembre 2012 0 commentaire
  • Ciudad Juarez au Mexique : ses tueurs, ses flics ripoux, ses gangs, ses meurtres, ses vengeances à l'arme blanche, sa fête des morts, ses femmes fatales, sa violence caliente...

La nouvelle livraison de trois histoires courtes est cette fois-ci consacrée au Mexique, et plus particulièrement Ciudad Juarez, capitale internationale du narcotrafic et du kidnapping.

Comme pour les deux précédents numéros, le label 619 d’Ankama propose trois segments : Room 213, scénarisé par RUN et dessiné par Neyef, propose une plongée dans la chambre d’hôtel d’un caïd impitoyable, pourchassé par une malédiction.

Le deuxième segment, La Danza de los 13 velos, de Florent Maudoux, se déroule autour d’une scène de danse torride, mettant en scène trois caïds en pleine discussion sur les femmes.

La troisième histoire, Dia de Muertos, scénarisée par Francesco Giugiaro et dessinée par Jérémie Gasparutto, met en scène un raid meurtrier d’hommes masqués, à l’assaut d’un cartel très puissant.

DoggyBags T3 - Collectif - Ankama Editions
Un extrait de "Room 213"
©Neyef/Ankama Editions

C’est avec toujours le même plaisir pour la violence gratuite, le sanguinolent, et la culture latino et nord-américaine, que nous retrouvons l’esprit DoggyBags. Mais entre des histoires courtes empreintes d’une décontraction assumée, RUN et ses compañeros délaissent ici l’humour second degré intégral au profit de pages bourrées d’informations sur le monde des cartels mexicains, l’histoire de la lutte anti-drogue du gouvernement local, et même un topo sur l’affaire Florence Cassez, preuve que les auteurs n’oublient pas que le monde réel ayant inspiré ces bandes dessinées existe bel et bien, et ne fait pas du tout rire, lui.

Un extrait de "La Danza de los 13 velos"
©Maudoux/Ankama Editions

Entre la plongée dans l’univers mental et maudit du caïd du premier segment, faisant écho aux propres obsessions graphiques et narratives de Neyef (auteur de l’album One Shot Ce Goût qui traitait d’un univers similaire), et l’action dense et nocturne du troisième épisode des nouveaux venus de la bande, Florent Maudoux, le papa de la série Freaks’ Squeele, se fait plaisir et nous offre des magnifiques planches érotiques, mettant en scène cette vieille connaissance de Masiko, déjà vue dans le tome 1. Véritable régal sur le plan du découpage, son segment constitue le meilleur passage de cet album, et confirme Maudoux comme un excellent dessinateur de bande dessinée sexy.

Un extrait de "Dia de Muertos"
©Gasparutto/Ankama Editions

Destinés à des lecteurs avertis en raison du caractère violent de certaines planches, les DoggyBags continuent leur hommage impeccable aux pulps et aux comics d’horreur des années 50 tout en se parant, le temps d’un numéro, de couleurs latines. Jubilatoire et sexy, pourvu que cette série dure !

(par Thomas Berthelon)

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