Ferme 54 - Par Galit et Gilad Seliktar - Ca et Là

13 mai 2008 0
  • Confirmation de la curiosité bien placée des éditions ça et là : ce duo familial israélien nous plonge dans une réalité méconnue, depuis les années 70 en milieu rural, loin de Jérusalem ou de Tel-Aviv, jusqu'aux années 80. L'intimisme dans son aspect le plus littéraire.

Ces trois histoires inspirées de la vie de Galit Seliktar (la soeur) et illustrées par Gilad (le frère) montrent un petit monde retiré dans un coin non identifié d’Israël. Trois récits qui couvrent trois périodes de la jeunesse : enfance, adolescence, et entrée dans l’âge adulte.

Le premier récit est le plus universel, car il décrit un jeu de chassé-croisé amoureux autour d’une piscine, soudainement stoppé par un drame. Doublement marquant.
Les deux autres épisodes se rapportent à des faits connus de tous : l’intervention/invasion du Liban en 1982 et un quasi-reportage sur une "visite" d’un village dans les territoires occupés. Le ton est plus critique, l’auteure plus engagée.
L’inspiration reste identique tout au long de l’album : avec un fond narratif souvent très bien écrit (et donc traduit), Galit Seliktar évoque ses émotions et son ressenti avec simplicité et sensibilité.
Les traits particulièrement économes et fins de son frère Gilad, tout juste teintés d’ocre de façon très parcimonieuse, maintiennent le récit dans une atmosphère feutrée où, à l’intérieur des cases, les ombres sont sans cesse en lutte face aux lumières.

Ferme 54 est la première parution en langue française pour ces auteurs.

(par David TAUGIS)

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