Fragile - T3 : Tu n’es que poussière - Par Stefano Raffaele - Les Humanoïdes Associés

20 janvier 2005 0 commentaire
  • Avec ce troisième tome se termine la belle histoire d'amour chez les morts-vivants réalisée par Stefano Raffaele. Alan retrouvera-t-il Lynn avant que le corps de celle-ci ne la lâche pour de bon?

Dans les deux premiers tomes, les lecteurs découvraient un monde où, à cause d’un virus lâché par erreur dans l’atmosphère, les morts revenaient à la vie... et les vivants allaient rapidement se trouver débordés. Rien que de très classique pour une histoire de zombies. Ce qui l’est moins, c’est la personnalité des deux principaux protagonistes, un jeune homme fraîchement décédé et une jeune femme en fuite de son père, dont le corps zombie menace de lui faire subir bientôt une seconde et définitive mort. En effet, les zombies ne "tiennent" que peu de temps, bien que diverses recherches en cours (par des zombies, évidemment) leur laissent l’espoir de durer un jour un peu plus que neige au soleil.
L’auteur se démarque donc des innombrables histoires de zombies - qu’il affectionne d’ailleurs - par ses personnages encore doués de conscience... et de capacité à aimer.

Fragile - T3 : Tu n'es que poussière - Par Stefano Raffaele - Les Humanoïdes Associés

Raffaele a réussi là un étonnant final à son étrange conte de la fin des temps. Il balance entre le tragique inhérent aux histoires d’amour qui se passent mal et le grotesque - entre autres dans les batailles entre les derniers soldats humains menés par un général cyborg plus dangereux que les zombies eux-mêmes et les morts-vivants avec à leur tête un géant qui se sert de ses alliés comme de membres de rechange. L’humour, très noir comme de bien entendu, n’est pas non plus absent, et l’auteur réussit à faire souvent rire le lecteur, pour mieux le prendre à la gorge à la case suivante.
Sa narration très ouverte et son dessin évocateur ancrent le récit dans une réalité crédible, où les canons de la beauté sont finalement remis en question à travers le regard que se portent les deux amoureux aux corps mutilés.
La thématique développée depuis le premier tome est aussi pour beaucoup dans le charme vénéneux de cette BD : le droit à aimer, le droit à vivre, aussi fragile et éphémère que soient cette vie et cet amour, sont au cœur de l’ouvrage, et l’inclusion d’un beau personnage secondaire transexuel ne fait que confirmer les intentions humanistes de l’auteur, qui le distinguent encore un peu plus du tout-venant de la production horrifique contemporaine.

(par François Peneaud)

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