"Gagner la guerre", quand Frédéric Genêt imagine Benvenuto Gesufal : un régal

27 juin 2018 0 commentaire
  • Une brillante aventure de cape et d'épée mêlée de machinations politiques au scénario tendu et aux dessins éblouissants : chapeau bas pour l'adaptation par Frédéric Genêt du chef d’œuvre de Fantasy de Jean-Philippe Jaworski.

Benvenuto Gesufal est un soudard de la pire espèce. Ancien soldat, il a autrefois participé au tristement célèbre siège de Kaellsbruck, mais sévit à présent en tant qu’assassin au sein de la redoutable Guilde des Chuchoteurs dans la belle cité de Ciudalia.

Un contrat lui est proposé, simple liquidation d’un inconnu masqué au sortir de chez sa maîtresse. La routine, en somme. Sauf que ce soir-là, la cible est protégée d’une cotte de maille, de gardes en embuscade et même d’un maître sorcier. Assailli par les sbires de sa proie, menacé dans son corps et son esprit, Benvenuto n’a d’autre choix que de s’enfuir. Le voilà à présent traqué au cœur de son propre territoire, pris dans les fils d’une machination qui le dépasse.

Mais Benvenuto n’est pas qu’un banal spadassin. Doté d’une mémoire prodigieuse et d’un esprit d’analyse peu commun, il va remonter la piste de ses attaquants, ainsi que les traces de son passé qu’il pensait révolu.

"Gagner la guerre", quand Frédéric Genêt imagine Benvenuto Gesufal : un régal
Benvenuto Gesufal, un malandrin qu’il ne fait pas bon bousculer

La première page ouvre sur un paysage de neige, un château est assiégé. Page suivante, changement de décor, c’est Ciudalia qui occupe la double page. Parfum de Renaissance italienne sur cette cité maritime ensoleillée, le contraste est frappant dans l’ambiance comme dans les couleurs. Frédéric Genêt joue avec talent des flashbacks et des différentes séquences pour surprendre le lecteur et dynamiser la narration. Les décors sont superbes, en particulier les détails de l’architecture de la ville. Le style réaliste du dessinateur colle parfaitement au récit de Jean-Philippe Jaworski et son univers de cape et d’épée fondé sur de solides connaissances historiques.

La cité de Ciudalia

Après s’être frotté à la science-fiction et au Japon médiéval (Mygala et Samurai, avec Jean-François Di Giorgio au scénario) Frédéric Genêt met son dessin et ses talents de scénariste à l’épreuve d’un nouvel univers.

Gagner la guerre - J.-P. Jaworski - Les Moutons Electriques

Ambitieux projet qui est le sien : adapter en bande dessinée le best-seller de Fantasy de Jean-Philippe Jaworski, paru aux Moutons Électriques en 2009 et récompensé par le prestigieux prix Imaginales, premier prix consacré exclusivement à la Fantasy en France. Le défi est de taille, tant l’écrivain et surtout sa créature, le roublard Benvenuto, comptent de fans. D’abord héros parmi d’autres du recueil de nouvelles Janua Vera, Benvenuto, bénéficiant du soutien des lecteurs, s’est imposé à son créateur. Jean-Philippe Jaworski lui a ensuite consacré le roman Gagner la guerre, soit plus de sept cents pages pour narrer la suite des aventures du gredin.

Janua Vera et Gagner la guerre se déroulent tous deux dans l’univers du Vieux Royaume. Le recueil préfigure le roman, c’est tout naturellement que Frédéric Genêt a choisi de commencer l’histoire par le récit de la nouvelle originelle Mauvaise donne, qui introduit le personnage de Benvenuto Gesufal en action tout en révélant peu à peu son lourd passé. Une superbe porte d’entrée pour (re-)découvrir le Vieux Royaume et les univers de Jaworksi.

(par Lise LAMARCHE)

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